Aminata Touré sur le trafic de faux médicaments : « (…) Nous devons renforcer notre législation et la coopération entre les États pour lutter contre le trafic transfrontalier »


La présidente du Conseil économique, social et environnemental Aminata Touré, modératrice du Sommet pour la lutte contre les faux médicaments qui s'est déroulé ce samedi 18 janvier 2020 à Lomé, a laissé entendre dans un entretien avec « jeune Afrique » qu’il faudrait dans le cadre de cette lutte contre « l’activité criminelle la plus rentable », « renforcer notre législation et la coopération entre les États pour lutter contre le trafic transfrontalier », d’autant plus que « dans ce trafic mondial, l’Afrique est la plus touchée, en raison de la difficulté d’accès aux médicaments », a-t-elle renseigné. Selon l’ancienne garde des sceaux qui cite l’American Institute of tropical medicine, 120 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année à cause d’antipaludéens falsifiés. Et l’OMS considère que les faux médicaments causent environ un million de morts dans le monde chaque année et que 10 à 15 % des produits pharmaceutiques vendus dans le monde sont falsifiés. Pour rappel, les Présidents Macky Sall, Yoweri Museveni et Faure Gnassingbé qui ont pris part à ce sommet et les représentants des quatre autres états participants ont élaboré et signé un avant-projet de protocole d’accord pour une meilleure collaboration et la criminalisation du trafic de faux médicament. Un document qui devrait être entériné dans les mois à venir. Selon Aminata Touré, cette initiative est un défi à relever. « C’est une initiative africaine et il faut le relever. En prenant le leadership sur cette question dramatique, ces hommes politiques s’impliquent personnellement. C’est un premier pas. L’initiative de Lomé, soutenue par la fondation de Brazzaville, doit remonter jusqu’à l’Union africaine. C’est une initiative endogène qui appelle à la modification des cadres législatifs des pays eux-mêmes et de renforcement de leur coopération, a-t-elle soutenu. Pour Aminata Touré aussi, la lutte contre ce fléau passe par l’amélioration des systèmes de santé. « L’accès aux services de santé s’est amélioré, même s’il reste beaucoup à faire. Mais ce qui est justement scandaleux, c’est que des entreprises criminelles s’appuient sur ce besoin de santé pour engranger des milliards de dollars. Nous devons travailler à rendre les médicaments accessibles dans les structures de santé à travers la production de génériques. C’est pour cela que dans le cadre de la coopération intergouvernementale, les pays doivent travailler à la création d’industries africaines de médicaments de qualité et à moindre coût », a-t-elle dit à nos confrères. « Il existe déjà des structures de ce type dans certains pays, mais je pense qu’il faut une plus grande coopération, par exemple au niveau régional, afin que nous ayons nos propres compagnies pharmaceutiques. Mais cela ne règle pas nécessairement le problème. Ces mêmes produits peuvent être falsifiés. L’entreprise criminelle doit donc être d’abord arrêtée. Il faut également des missions de contrôle de la qualité des médicaments mis sur le marché au niveau des États », conclura t-elle.
Samedi 18 Janvier 2020
Dakaractu



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