« Vendredis de SUP de CO » : Aminata Touré expose sur le Traite des Etres humains, l’Immigration et les Droits de l’Homme

Les très courus « Vendredis de SUP de Co » avaient, hier, pour invité Dr Aminata Touré. L’ex-Premier ministre et envoyée spéciale du président de la République a un délivré un cours magistral sur les corrélations entre la traite des êtres humains, l’immigration et les droits de l’homme. Voici l’intégralité de son exposé, où elle dégage des solutions pour le continent africain.


D’après les Nations Unies, en 2013, le monde comptait 232 millions de migrants internationaux. Les migrants sont définis comme des personnes installées dans un pays différent de celui où elles sont nées. Ils ne représentent qu’une faible part de la population mondiale : environ 3,2 %. 

Les réfugiés, estimés à 15,7 millions en 2013, représentent seulement 7 % des migrants internationaux. La plupart vivent dans des pays en développement.

L’image du migrant comme un homme jeune, célibataire et peu qualifié venu chercher du travail dans les pays du Nord ne correspond plus à la réalité́.

En 2013, la moitié des migrants internationaux ont plus de 38,4 ans (dans la population mondiale une personne sur deux a moins de 29,2 ans).

 48 % des migrants sont des femmes. Aujourd’hui, les femmes migrent moins pour rejoindre leur conjoint mais davantage pour aller travailler ou faire leurs études supérieures.

Le sujet de la migration attire ces derniers temps, une attention médiatique considérable, en particulier après la récente vague de migrants en provenance de différents continents vers l’Europe mais ces images sont loin de la réalité des chiffres.

La réalité, c’est que la migration intra-africaine, c’est à dire d’un pays africain à une autre, domine les mouvements migratoires sur le continent africain avec une infime proportion d’Africains qui migre vers l’Europe.

En réalité, les migrants subsahariens se tournent peu vers l’Europe. Ainsi 70 % des émigrés ouest-africains restent en Afrique. 61 % d’entre eux privilégient les pays de la sous-région alors que 15 % seulement se dirigent vers l’Europe et 6 % vers l’Amérique du Nord.

 

Les Subsahariens restent donc très minoritaires parmi les communautés immigrées en Europe. Selon l’Istituto Nazionale di Statistica (ISTAT), en 2006, en Italie, les personnes nées en Afrique subsaharienne représentaient environ 8 % de la population immigrée ; elles étaient devancées de très loin par les ressortissants de pays d’Europe (47 %), d’Afrique du Nord (18 %) et d’Asie (17 %).

La même année, selon l’Instituto Nacional de Estadística (INE), en Espagne, la proportion des Subsahariens était de moins de 4 %, les Latino-américains (35 %) représentant le principal groupe d’immigration après les Européens (41 %). Il faut souligner que ces données ne sont pas, ou peu, faussées par le statut légal des migrants. En Espagne, les migrants irréguliers sont enregistrés dans les registres municipaux (Padron).

 

Donc parmi les 232 millions de migrants internationaux recensés dans le monde en 2013, à peine 21 millions, soit moins d’1 sur 10, sont originaires d’Afrique subsaharienne.

 

Sur les 113 millions de migrants présents dans les pays de l’OCDE, une infime minorité est originaire d’Afrique subsaharienne. Et cette migration subsaharienne dans les pays de l’OCDE est également de plus en plus qualifiée. En 2010, plus d’un tiers des émigrés subsahariens dans les pays de l’OCDE avait fait des études dans l’enseignement supérieur.

 

Néanmoins, depuis quelques années, l’immigration subsaharienne en Europe “revêt une dimension politicienne sans rapport avec son importance numérique ».  Les chiffres que je viens d’évoquer montrent bien qu’on est loin d’une invasion africaine de l’Europe. Les discours publics de nombreux politiciens en Europe jouant sur les peurs et les préjugés sont en déphasage avec la réalité mesurée d’un phénomène finalement marginal. Ce paradoxe, malheureusement a suscité la stigmatisation des migrants subsahariens dans de nombreux pays européens et nourrit la discrimination dans de nombreux domaines de la vie sociale et économique.

 

Et pourtant, il est démontré que les migrations sont potentiellement un facteur de croissance et de développement pour toutes les parties concernées, c’est à dire pour les pays d’accueil, les pays d’origine et migrants eux-mêmes.

 

Dans les pays de destination, les migrants ont permis un rajeunissement de la main-d’œuvre, la viabilité́ économique de secteurs traditionnels tels que l’agriculture et les services, un apport aux systèmes de sécurité́ et de protection sociale, et une réponse à la demande de compétences émanant des industries de haute technologie.

En ce qui concerne les pays d’origine des migrants, leur contribution positive est facilitée par des transferts de capitaux sur place (à la fois transferts de fonds et investissements), par des transferts de technologies et de compétences majeures, ainsi que par un accroissement des exportations et des échanges commerciaux internationaux.  Les transferts de fonds vers l’Afrique ont quadruplé depuis 1990, atteignant près de 40 milliards de dollars, soit 2,6 pour cent du PIB en 2010, devenant la source d’entrées de capitaux étrangers nets la plus importante après les Investissements directs étrangers (IDE) du continent.

 

Hélas de nos jours, les migrations sont de plus en plus risquées, des millions de personnes fuyant les conflits, les situations de crise ou tout simplement cherchant une vie meilleure connaissent une vulnérabilité grandissante et peuvent facilement être la proie des trafiquants et devenir victimes de la traite des êtres humains.

Bien que les chiffres varient, une estimation de l'Organisation internationale du Travail (OIT) réalisée en 2005 indique qu'environ 2,4 millions de personnes seraient victimes de la traite et que les profits engrangés par les trafiquants s'élèveraient à quelque 32 milliards de dollars des États-Unis. Toutefois, d'après des estimations récentes plus précises de l'OIT sur les tendances générales du travail forcé, le problème aurait une ampleur beaucoup plus vaste encore. En Europe, la traite des êtres humains est l'une des activités illicites les plus lucratives et l'exploitation sexuelle à elle seule rapporterait annuellement aux groupes criminels quelque 3 milliards de dollars des Etats-Unis.
Il existe pourtant un dispositif de droit international important pour lutter contre ces crimes odieux.

 

Dans le combat contre la traite des êtres humains, en particulier la traite des femmes et des petites filles, quatre conventions ont été négociées au début du XXème siècle: l’Arrangement international du 18 mai 1904 pour la répression de la traite des blanches, la Convention internationale du 4 mai 1910 relative à la répression de la traite des blanches, la Convention internationale du 30 septembre 1921 pour la répression de la traite des femmes et des enfants et la Convention internationale du 11 octobre 1933. Après la deuxième guerre mondiale, la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui, esclavage, travail forcé, trafic de personnes du 2 décembre 1949 a été élaborée et est entrée en vigueur le 25 juillet 1951.

Plus récemment, les pays membres des Nations Unies ont adopté en décembre 2000 la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée. Dite Convention de Palerme  en hommage au juge Giovanni Falcone, elle constitue le premier instrument de droit pénal destiné à lutter contre les phénomènes de criminalité transnationale organisée. Elle établit un cadre universel pour la mise en œuvre d’une coopération policière et judiciaire internationale permettant d’améliorer la prévention et la répression des phénomènes de criminalité organisée.

La convention de Palerme est complétée par trois protocoles additionnels relatifs à la traite des personnes : au trafic illicite de migrants, au blanchiment d'argent et à la fabrication et au trafic illicites d’arme

Comme l’indique l’article 3 du Protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer, additionnel à la Convention de Palerme, la traite des êtres humains suppose, par définition, une forme de coercition physique ou psychologique aux fins de d’exploitation des victimes, y compris l’exploitation de la prostitution d’autrui ou d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage, la servitude ou le prélèvement d’organes. 

La traite des êtres humains est clairement une violation flagrante des droits et de la dignité humaine. 

Le Protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer a donc pour objet de prévenir et de combattre le trafic illicite de migrants, ainsi que de promouvoir la coopération entre les Etat-Parties à cette fin, tout en protégeant les droits des migrants objets d'un tel trafic. De nombreuses dispositions ont pour objet de veiller à ce que les mesures prises par les Etats Parties en vertu de leur droit interne et de leur régime de répression soient aussi coordonnées que possible aux fins d'une action internationale collective à la fois efficace et effective.

Le Protocole s'applique à la prévention, aux enquêtes et aux poursuites liées au trafic illicite de migrants ainsi qu'à la protection des droits des personnes qui ont été l'objet de telles infractions. Les Etats- Parties au Protocole sont tenues d'ériger en infraction le trafic illicite de migrants et toute autre activité facilitant ce trafic. Le Protocole précise que les migrants ne deviennent pas passibles de poursuites pénales pour avoir été l'objet d'un trafic illicite.

Malheureusement, le Protocole contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer fait face au défi de la mise en œuvre efficace.  Selon des données publiées récemment par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), sur plus de 3 600 femmes nigérianes arrivées par bateau en Italie durant les six premiers mois de 2016 (soit le double du nombre enregistré pour 2015), plus de 80 % seront victimes de la traite à des fins de prostitution en Italie et en Europe. Il est regrettable de constater de plus en plus fréquemment que beaucoup de femmes qui ont survécu à un voyage souvent périlleux disparaissent des centres d’asile et d’accueil car elles sont tombées dans les griffes de trafiquants qui cherchent à les exploiter.

M. Salvatore Vella, Procureur général adjoint à Agrigente, en Sicile, a récemment déploré le fait que plusieurs centres d’asile et de réception étaient en réalité je cite « une sorte d’entrepôt où ces jeunes filles sont stockées temporairement... avant d’être ramassées par des gangsters » fin de citation.

 

Le Centre européen pour la lutte contre le trafic de migrants estimait en janvier 2016 que plus de 10 000 enfants migrants étaient portés disparus. Selon Mme Věra Jourová, Commissaire européenne à la justice, ces enfants couraient un risque élevé d’être exploités par des bandes criminelles aux fins de traite des êtres humains, de prostitution ou d’esclavage.

Et évidemment il y’a le cas de la Libye qui a scandalisé le monde entier.

Selon l’organisme des Nations Unies chargé des migrations (OIM), il y a plus de 380.000 migrants en Libye. Le chiffre officiel se base sur le dernier recensement effectué entre décembre 2016 et mars 2017. Mais le nombre réel de migrants présents dans le pays est estimé entre 700.000 et un million. 
 

Depuis la chute de Kadhafi en 2011, la Libye est devenue la principale porte d’accès à l’Europe. En 2016, plus de 180.000 migrants étaient arrivés sur les côtes italiennes.

Les migrants qui transitent par la Libye viennent essentiellement d'Afrique sub-saharienne. Ils payent entre 1000 et 5000 dollars pour faire le voyage et ignorent souvent les dangers qui les guettent. Je cite le porte- parole de l’OIM, Leonard Doyle «Les migrants qui se rendent en Libye pour tenter d’atteindre l’Europe n’ont aucune idée de la torture qui les attend juste de l’autre côté de la frontière» fin de citation.

 

 l’OIM a révélé dans un rapport publié dès avril 2017 l’existence d’un véritable trafic d’êtres humains.  Je cite un passage du rapport « Plusieurs migrants ont confirmé le risque d’être vendus comme esclaves sur des places ou dans des garages, soit par leur chauffeur, soit par des locaux, qui recrutent les migrants pour des travaux journaliers en ville…et puis au lieu de les payer, ils vendent leurs victimes à de nouveaux acheteurs », fin de citation. Pour être libérés des maisons dans lesquelles ils étaient détenus et battus, les migrants devaient payer entre 400 et 900 dollars qu’ils réclamaient à leurs familles au pays. Certains migrants qui ne pouvaient pas payer auraient été tués ou abandonnés à leur sort, comme le précise l'OIM.   

 

Ces crimes barbares ne sauraient rester impunis.

Le gouvernement d’Union nationale de Libye, soutenu par la communauté internationale est tenu d’amener les auteurs de ces crimes graves à rendre des comptes. La communauté internationale doit soutenir la Cour pénale internationale, pour lui permettre d’enquêter sur ces crimes contre l’humanité. Et toutes les parties au conflit doivent coopérer dans le cadre de l’enquête de la Cour Pénale Internationale.

 

Il n’y a pas de débat sur le fait que les pays de l’Union Européen ont l’entière souveraineté d’accueillir ou de ne pas accueillir qui ils veulent sur leur sol. Aucune loi internationale n’impose aux États de gérer leurs flux migratoires ou de formuler leurs politiques migratoires de quelque façon que ce soit. Cependant, les pays de l’Union Européenne, à l’instar des autres pays de destination ont tous obligation de respecter les conventions et traités dont ils sont signataires, relatifs aux droits de l’homme et à la préservation de la vie et de la dignité humaine.

Dans le cas de la migration qui nous intéresse aujourd’hui, les pays destinataires, les pays européens notamment se doivent de respecter leurs obligations relatives à la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et les membres de leur famille du 18 décembre 1990, entrée en vigueur le 1er juillet 2003. La Convention reconnait que tous les travailleurs migrants ont droit à une protection juridictionnelle dans le cadre du régime international des droits de l’homme. La Convention accorde aux migrants en situation régulière et irrégulière les droits civils et sociaux et le droit du travail. La Convention propose parallèlement de prendre des mesures pour éradiquer les mouvements migratoires clandestins, notamment en luttant contre la circulation d’informations erronées incitant les migrants potentiels à tenter leur chance illégalement, et en punissant les trafiquants de même que les employeurs de migrants en situation irrégulière.

 

Il est donc obligatoire que les États-signataires protègent ces victimes de l’exploitation et les aident à se réintégrer en leur fournissant un logement convenable, des conseils et une assistance psychologique et matérielle.

Encore une fois, ceci ne constitue pas un défi à la souveraineté des États destinataires et n’empiète pas sur leur droit de protéger leurs  frontières et tous ceux qui vivent à l’intérieur de celles-ci, c’est une obligation légale dérivée de leurs ratifications des conventions internationales que j’ai évoquées tout à l’heure.  C’est aussi cela le respect de l’Etat de Droit.

 

C’est pourquoi, pour l’Union Européenne qui renforce son dispositif migratoire, il est important qu’elle accomplisse ses obligations dérivant du droit public international en apportant l’assistance, la protection des nombreux migrants pris au piège en Libye. Cette obligation bien entendue s’impose à tous les Etats Parties y compris les pays de départs des migrants.

 

L’enquête mondiale Gallup 2013 montre ainsi qu’il s’agit de la région du monde où le souhait d’émigrer est le plus fort : 32 % de la population, 42 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans et 32 % des diplômés du supérieur, expriment le désir de quitter leur pays.

 

 

Et pourtant, et pourtant Mesdames, Messieurs, l’Afrique est aujourd’hui porteuse d’excellentes nouvelles.

Il est temps de changer fondamentalement le narratif sur l’Afrique.

 

Selon le Fonds Monétaire International, l’Afrique Subsaharienne est la seconde région du monde en matière de croissance juste derrière l’Asie. Selon la revue financière internationale « The Emerging MarketsPrivate Equity Association » qui a effectué une enquête internationale auprès d’investisseurs, l’Afrique Subsaharienne est en passe de devenir la destination la plus attractive des capitaux privés d’investissement, bientôt devant le Brésil, l’Inde ou même la Chine. Cela veut tout simplement dire que c’est en Afrique que le loyer de l’argent va être bientôt le plus rentable. 

L’image galvaudé d’une Afrique miséreuse ne correspond pas à la réalité : selon la Banque de Développement Africaine, un tiers des africains soit environ 350 millions appartiennent à la classe moyenne et dépensent entre 4 et 20 dollars par jour, c’est à dire 2320FCFA  et 11.600 FCFA par jour. Faites le calcul. En prenant une moyenne de 6960 FRCFA dépensés par 350 millions d’africains tous les jours. L’Afrique est un marché énorme pour faire des affaires florissantes.

L’Afrique possède 600 millions d’hectares non cultivés soit 60% des terres arables du monde. Le futur de l’alimentation du monde va se décider ici en Afrique.

 

L’Afrique possède 90% de la production de Platinium et 75% de la production de Coltan minerai nécessaire à la production de téléphone portable. La moitié de la production d’or, les 3 /4 du manganèse et 35% de la production d’uranium proviennent de notre continent.

ET nous sénégalais, me direz-vous ? Dieu ne nous a pas oublié, les perspectives sont très bonnes, deux gisements de gaz sont à exploiter en 2022, celui de Grand Tortue Aymeyim à 120km de la frontière maritime avec une capacité de 30 TCF c’est à dire 30 ans de production pour extraire 4,6 millions de tonne de gaz par an et celui de Sangomar dans le département de Fatick à 100 km au large avec une durée de production de 15 ans pour 100.000 baril de pétrole.  Ceci en attendant les résultats d’autres prospections prometteuses. Le gouvernement prévoit de présenter le mois prochain un projet de loi pour définir la gestion future et la gouvernance des revenus tirés de l’exploitation pour clairement établir quel part ira au budget de l’Etat du Sénégal, quel part ira aux investisseurs et quel part ira aux générations futures. Il est également prévu de réviser le Code pétrolier et de voter une loi sur la participation des nationaux à ces projets avec par exemple obligation de recourir aux services des entreprises locales, d’embaucher la main d’œuvre locale, etc.  Cette démarche qui est à saluer s’inscrit dans le cadre d’une gestion transparente de ces ressources afin d’éviter la malédiction des ressources que connaissent certains pays africains. 

 

L’Afrique est jeune, 70% de la population ont moins de 35 ans, c’est aussi le cas au Sénégal. Il y’a 200 millions de jeunes en Afrique, ce qui veut aussi dire qu’il y’a plus de personne par famille capable de travailler, plus de payeurs d’impôts. Pour cela, il est important d’investir sur la frange la plus jeune de nos citoyens. C’est pourquoi l’un des trois axes fondamentaux du Plan Sénégal Emergent met l’accent sur l’amélioration du capital humain.   Depuis 2012, l’Etat a lancé de nombreux nouveau chantiers dans le domaine des établissements d’enseignement supérieur à l’instar de l’Université Amadou Makhtar Mbow, de l’Université du Savoir à Diamniadio et de l’Université du Sine Saloum et aussi des centres universitaires délocalisés, des instituts supérieurs d’enseignement professionnel et des espaces numériques ouverts.  Il est utile de signaler :

-         La signature en 2016 d’une convention entre l’AFD et l’Etat du Sénégal dans le cadre du projet ISEP de 20 millions d’Euros soit 13,1 milliards de FCFA,

-         La signature d’une convention avec le secteur privé (UBA et AMSA Assurance) pour la réalisation de complexes universitaires d’excellence d’un coût global de 52 milliards à l’horizon 2018

-           La signature d’une convention de 250 milliards de FCFA avec l’Afrique du Sud pour la Promotion des Sciences et Technologies.

Il reste évidemment de nombreux défis à relever. Malgré l’accroissement rapide des classes moyennes, il reste encore de nombreux africains vivant dans la pauvreté absolue et qui doivent être ramené au 21ème siècle. C’est l’objectif fondamental des programmes sociaux novateurs mis en œuvre par le Président Macky Sall depuis son arrivée au pouvoir tels que les bourses familiales qui touchent plus de 300.000 familles, le Programme d’Urgence de Développement Communautaire, le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires Frontaliers, l’Assurance-Maladie Universelle, la Carte de l’Egalité des Chances ciblant nos concitoyens handicapés et aussi les fonds d’appui au financement des femmes qui constituent plus de la moitié de la population du Sénégal. 

 

Pour financer ces programmes qui pour l’essentiel dépendent de nos propres ressources nationales, il faut, bien entendu, créer de la richesse, une richesse inclusive. Notre taux de croissance de 6,5% en 2017 est une bonne nouvelle, ce n’est pas un coup de chance mais plutôt une croissance qui se consolide d’année en année suite à une restructuration de notre économie, ce qui est le premier axe du PSE, un meilleur soutien au secteur primaire et une meilleure maitrise des comptes publics. 

 

Pour conclure, chers étudiants, laissez-moi vous dire que d’ici 2050, 50% de la croissance démographique mondiale devrait venir d’Afrique, tandis que sa classe moyenne sera celle qui augmentera le plus rapidement. Comme je l’ai dit, on dénombre déjà quelque 350 millions d’Africains qui forment aujourd’hui la classe moyenne. Bénéficiant d’une main d’œuvre de plus en plus nombreuse, le continent africain est appelé à devenir le 1er producteur industriel mondial d’ici 2050.

 

Cependant, cet objectif ne pourra être atteint que si les ressources générées sont bien gérées, si la corruption est activement combattue et la paix préservée, c’est le 3ème pilier du PSE.

C’est pourquoi le dispositif de bonne gouvernance mis en place depuis 2102 par le Président Macky Sall est à soutenir notamment par vous les jeunes qui êtes les premiers bénéficiaires des effets positifs de la bonne gouvernance. La consolidation de la paix en Afrique est également une condition sine qua none pour que les fruits tiennent la promesse des fleurs. C’est l’occasion de lancer un appel pour la paix définitive en Casamance après les tueries horribles d’il y’a quelques jours qui ont fait saigner le cœur de tous les sénégalais.

Pour revenir à notre sujet, la traite des êtres humains, l’immigration et les droits l’immigration, si je vous ai rappelé les avancées importantes qui se passent sur notre continent et notre pays le Sénégal, c’est pour vous dire que l’avenir de notre jeunesse est bien ici sur le continent, au Sénégal. Les chiffres le montrent, l’affût massif d’investisseur en est un indicateur clair. Les opportunités sont bien là pour vous les jeunes et pas ailleurs. Vous devez porter votre africanité en bandoulière avec fierté. Il vous faudra sacraliser le travail, cultiver la persévérance et l’esprit de gagneur. C’est l’espoir placé en vous et vous en êtes capables.   

 

Pour vraiment finir, je voudrais féliciter les dirigeants et le corps enseignant du Groupe Sup de Co de Dakar pour votre contribution depuis 25 ans au renforcement de notre capital humain par la formation de qualité de très nombreux cadres sénégalais et africains. Je vous souhaite un joyeux anniversaire et prie pour que nous soyons tous là pour fêter votre 50eme anniversaire.

 

Je vous remercie de votre attention. 
Samedi 20 Janvier 2018
Dakaractu



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