Situé dans la commune de Léona, le quai de pêche de Niayam, inauguré le 17 mars 2017, traverse aujourd’hui une zone de fortes turbulences. Pensé comme une infrastructure structurante pour la modernisation de la pêche artisanale sur la Grande Côte, le site peine désormais à remplir pleinement ses fonctions.
Financé par l’Union européenne dans le cadre d’un programme agréé, le projet s’inscrivait dans un ensemble de trois quais construits à Soumbédioune, Bargny et Niayam. L’objectif était de moderniser la chaîne de valeur halieutique et de renforcer la conservation ainsi que la commercialisation des produits de la pêche.
Financé par l’Union européenne dans le cadre d’un programme agréé, le projet s’inscrivait dans un ensemble de trois quais construits à Soumbédioune, Bargny et Niayam. L’objectif était de moderniser la chaîne de valeur halieutique et de renforcer la conservation ainsi que la commercialisation des produits de la pêche.
Selon Ousmane Sow, coordinateur du CLPA (Conseil local de pêche artisanale) de Potou et responsable du quai, le choix de Niayam reposait sur sa position stratégique entre Yoff et Saint-Louis. À l’époque, la zone de Potou constituait un important centre de débarquement, avec près de 103 pirogues actives et une activité halieutique soutenue. Des camions frigorifiques y assuraient quotidiennement l’acheminement des produits vers Dakar, notamment le thiof, la sardinelle et le capitaine.
Mais près de dix ans après son inauguration, les difficultés sont devenues structurelles. Le principal obstacle reste la dégradation avancée de la route reliant Niayam à Potou. Jadis praticable, cet axe est aujourd’hui fortement dégradé, rendant difficile, voire impossible, la circulation des camions frigorifiques et des véhicules de transport.
« Les camions ont énormément de mal à accéder au quai. Certains véhicules s’embourbent même en pleine livraison », alerte Ousmane Sow, décrivant une situation qui perturbe toute la chaîne logistique.
Cette dégradation a des conséquences directes sur l’activité économique du site. Les rotations des camions sont ralenties, les coûts de transport augmentent et les produits halieutiques risquent parfois de perdre en qualité avant d’atteindre les marchés de la capitale.
Au-delà de la route, plusieurs engagements initiaux du projet n’auraient pas été respectés. Il s’agit notamment de la mise à disposition d’un camion frigorifique isotherme, de la réhabilitation de la route Niayam-Potou, ainsi que de la construction d’une maison des pêcheurs et d’une usine de glace. Le projet de « village des pêcheurs », prévu pour accueillir environ 300 parcelles, n’a également pas vu le jour.
Dans la zone, même certaines infrastructures économiques fonctionnent au ralenti, faute d’accessibilité. Les stations-service et activités logistiques subissent une baisse significative du trafic, notamment des camions-citernes.
Face à cette situation jugée préoccupante, les acteurs locaux multiplient les interpellations. Des correspondances auraient été adressées aux autorités départementales et aux services compétents, sans réponse concrète, selon les responsables locaux.
« Nous avons saisi les autorités, la mairie de Léona, le ministère de la Pêche, ainsi que les services concernés comme L’AGEROUTE, mais rien ne bouge. Nous sommes fatigués », déplore le responsable du quai.
Malgré son rôle stratégique pour l’économie locale et la pêche artisanale, le quai de Niayam reste aujourd’hui fortement handicapé par l’état de ses infrastructures, en particulier la route d’accès, considérée comme le principal frein à son développement.
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