Populisme, institutions, État de droit / Babacar Lo Ndiaye recadre Ousmane Sonko : « Sauver la République impose d’avoir le courage de se départir de l’illusion messianique »


Le président du parti Fass-Jom, Babacar Lo Ndiaye, a rendu public un message adressé au peuple sénégalais dans lequel il dresse un réquisitoire sévère contre Ousmane Sonko et le PASTEF, qu’il accuse de faire courir un risque de « dérive autoritaire » à la République.
 
Dans un communiqué abordant l’actualité politique nationale, Lo Ndiaye affirme que le Sénégal se trouve « à la croisée des chemins » et que l’exception démocratique sénégalaise, bâtie depuis l’indépendance sur la tolérance et le respect des institutions, serait aujourd’hui menacée par ce qu’il qualifie de « populisme de rupture radicalisé » incarné par le leader de PASTEF. Il établit un parallèle avec les trajectoires de Jair Bolsonaro au Brésil et de Donald Trump aux États-Unis, estimant que la stratégie politique de M. Sonko reposerait sur des ressorts similaires : polarisation de la société, diabolisation des contre-pouvoirs et remise en cause de la légalité républicaine.
 
Le président de Fass-Jom reproche notamment au discours du PASTEF de désigner les corps constitués de magistrats, de forces de sécurité, presse indépendante, de hauts fonctionnaires comme les agents d’un système à « nettoyer », une rhétorique qu’il juge porteuse d’anarchie. Selon lui, ce positionnement s’accompagne d’un appel récurrent à la mobilisation populaire lorsque les décisions de justice ne satisfont pas les attentes du parti.
 
M. Lo Ndiaye reconnaît par ailleurs la légitimité des aspirations de la jeunesse sénégalaise en matière d’emploi, de justice sociale et de lutte contre la corruption. Mais il met en garde contre l’idée que le « déboulonnement violent » des institutions républicaines puisse être porteur de prospérité, évoquant un risque d’instabilité chronique et de fragilisation du modèle d’intégration religieuse et confrérique du pays.
 
Pour contrer ce qu’il appelle « l’aventure aventuriste », le président de Fass-Jom appelle à une mobilisation citoyenne autour de cinq axes : la protection du « sacre républicain » face aux discours de haine, le renforcement de l’indépendance de la justice via le Conseil supérieur de la magistrature, le refus du « messianisme individuel » au profit d’un débat programmatique, la promotion d’un « souverainisme économique réaliste », et la sauvegarde du modèle confrérique de tolérance. Il invoque à cet égard l’héritage des pères fondateurs de la République comme Léopold Sédar Senghor, Lamine Guèye et Mamadou Dia ainsi qu’une citation de Montesquieu sur la liberté et la loi.
 
Babacar Lo Ndiaye exhorte les Sénégalais à « se départir » d’Ousmane Sonko et des « dérives liberticides » qu’il attribue au PASTEF, présentant cette démarche non comme un renoncement à la justice ou au changement, mais comme un choix de la raison et de la continuité républicaine.
Jeudi 30 Juillet 2026
Dakaractu



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