Pollution de la Falémé : Une solution unilatérale nécessaire face à un problème régional


Dix-huit mois après l’adoption du décret présidentiel suspendant les opérations minières le long de la Falémé, Boubacar Tamba, spécialisé en gouvernance des ressources minières, soulève des questions sur l’efficacité et les impacts réels de cette mesure.

 

Comme le documente Tamba dans une enquête de terrain dont nous disposons un exemplaire, la suspension unilatérale montre ses failles : les activités se poursuivent intensément sur la rive droite (côté malien), avec des incursions documentées côté sénégalais. La saisie récente de quinze dragues par le 34ᵉ bataillon d’infanterie de Kédougou en apporte la preuve irréfutable. « La Falémé subit toujours une forte pression venant de la rive droite et des déversements s’y font », constate le journaliste.

 

Le reportage de Tamba met en lumière une réalité complexe souvent ignorée dans le débat public. Dans les villages de Saensoutou, Khassaguéri, Bagué et Douguiba qu’il a visités, les populations témoignent d’une perte économique significative. Certaines entreprises semi-mécanisées contribuaient au développement local : tracteurs agricoles, infrastructures scolaires (25 millions de francs à Bagué), sanitaires (poste de santé à Faranding), réhabilitation de pistes, aide alimentaire (20 millions pour les villages impactés). « Ces populations mettent en relief les cinq petits tracteurs offerts par une entreprise semi-mécanisée, qui d’ailleurs, en collaboration avec une autre entreprise, s’apprête à acheter deux autres gros tracteurs », rapporte Tamba, qui illustre cette contribution au développement agricole.

 

Boubacar Tamba souligne une question que nous sommes en droit de nous poser est de savoir s’il n’était pas préférable de faire « précéder cette mesure par de larges concertations entre le Sénégal et le Mali d’une part, et par des échanges avec les communautés directement impactées et des acteurs de la société civile. » Les habitants déplorent d’ailleurs que la vingtaine de députés de la commission « Énergie et ressources minérales » ne soient pas venus sur le terrain « voir ce qu’ils vivent et les écouter ». 

 

Recommandations pour une approche plus efficace

 

Une concertation transfrontalière urgente selon Tamba plaide pour une coordination Sénégal-Mali-Guinée et insiste sur la nécessité d’associer même les autorités de la république de Guinée où les affluents que sont le Bafing et le Bakoye subissent la même pression. Sans accord régional, la pollution continuera.

 

Évaluation participative : À mi-parcours des trois ans prévus, une évaluation associant communautés, société civile et experts s’impose. Formalisation du secteur : Le journaliste recommande de dépoussiérer et de mettre à jour l’étude réalisée sur les exploitations minières artisanales et à petite échelle pour organiser le secteur plutôt que de simplement suspendre.



Lundi 26 Janvier 2026
Dakaractu



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