Migrants de retour, jeunes handicapés : le Sénégal leur ouvre une nouvelle porte pour l’inclusion et la formation des masses vulnérables


Migrants de retour, jeunes en situation de handicap, candidats à l’émigration irrégulière… Ces jeunes que la société peine souvent à atteindre sont désormais placés au centre d’une initiative nouvelle. Le projet « Formation, Dignité, Inclusion et Innovation » vient officiellement d’être lancé au Sénégal, avec pour ambition de ne laisser aucun jeune au bord du chemin. Derrière les statistiques de croissance et les discours sur l’émergence, il y a des visages. 

 

Celui du jeune migrant rentré au pays sans qualification reconnue. Celui de la jeune femme handicapée privée d’accès à une formation décente. Celui du jeune tenté par la traversée vers l’Europe faute de perspectives économiques. C’est précisément à ces profils que s’adresse ce projet, porté conjointement par le gouvernement sénégalais, l’Agence Italienne de Coopération au Développement et l’ONG VIS. « La dignité n’est pas un concept abstrait. Elle se construit par l’accès à la compétence, à l’emploi et à l’autonomie économique », a rappelé avec force le représentant du Ministre de l’Emploi lors de la cérémonie de lancement.

 

Le projet intervient dans quatre régions ciblées : Dakar, Thiès, Kaolack et Tambacounda. Un choix qui ne doit rien au hasard. Ces territoires concentrent à la fois une forte densité de jeunes vulnérables et des dynamiques économiques locales à soutenir. En sortant de la seule capitale, le projet envoie un signal politique clair : l’inclusion ne peut pas être sélective géographiquement.

 

Fini la formation déconnectée des réalités du marché du travail. Le projet repose sur une approche résolument pragmatique : actualisation des curricula selon l’Approche par Compétences, introduction de modules en entrepreneuriat et en numérique, renforcement des capacités des formateurs et modernisation des dispositifs d’insertion professionnelle. L’objectif affiché est de réduire le fossé entre l’offre de formation et les besoins réels de l’économie sénégalaise, pour que chaque jeune formé puisse trouver sa place, que ce soit dans l’emploi formel, l’entrepreneuriat structuré ou les chaînes de valeur porteuses de croissance.

 

Ce qui distingue ce projet des initiatives classiques, c’est la place centrale accordée à la notion de dignité. Chaque jeune sénégalais, quelle que soit sa situation sociale, territoriale ou physique, doit pouvoir accéder à une formation de qualité et à une opportunité économique digne. C’est l’affirmation d’un droit, pas d’une faveur. Pour les jeunes migrants de retour notamment, souvent stigmatisés et démunis, ce projet représente une véritable bouée de sauvetage : une chance de reconstruire un projet de vie ancré sur le sol sénégalais, avec des compétences reconnues et des débouchés concrets.

 

« Vous êtes la génération de l’innovation, de la transition numérique et de la transformation structurelle. Le Gouvernement investit en vous », a déclaré le représentant du Ministre, s’adressant directement aux jeunes bénéficiaires.

Vendredi 27 Février 2026
Dakaractu



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