La candidature de l’ancien président du Sénégal, Macky Sall, au poste de Secrétaire général des Nations unies, portée par l’Union africaine, suscite aujourd’hui débats et interrogations au sein de l’opinion publique sénégalaise.
Sur le principe, il faut le dire avec honnêteté : voir un Sénégalais aspirer à diriger l’Organisation des Nations unies est une ambition légitime. Le Sénégal doit prendre toute sa place dans la gouvernance mondiale, et il a toujours été un pays de diplomatie et de dialogue.
Mais cette question ne peut être abordée sans regarder avec lucidité le passé récent de notre pays.
Le dernier mandat du président Macky Sall a été marqué par de fortes tensions politiques. Entre 2021 et 2024, des manifestations ont secoué le Sénégal et plusieurs jeunes Sénégalais ont perdu la vie. Ces drames restent profondément ancrés dans la mémoire nationale. Beaucoup de familles attendent encore que toute la lumière soit faite sur ces événements tragiques. La loi d’amnistie adoptée à la fin de cette période a certes permis d’apaiser momentanément le climat politique, mais elle a aussi laissé chez une partie des Sénégalais un sentiment d’inachevé, notamment sur la question de la vérité et des responsabilités.
Sur le plan économique, l’héritage laissé par l’ancien régime fait également l’objet de débats. La dette publique élevée et les difficultés budgétaires auxquelles l’État fait face aujourd’hui alimentent les interrogations sur certaines orientations économiques du passé.
Dire cela n’est ni une attaque personnelle ni un procès politique. C’est simplement reconnaître qu’un pays ne peut avancer durablement que lorsqu’il accepte de regarder son histoire avec sincérité.
Le Sénégal traverse aujourd’hui une nouvelle étape de son histoire politique. Les nouvelles autorités travaillent à redresser la situation économique, à restaurer la confiance avec les partenaires internationaux et à répondre aux attentes sociales des populations.
Dans ce contexte, la candidature de Macky Sall sur la scène internationale pose une question simple : celle du rapport entre responsabilité nationale et ambition internationale.
Pour l’URV, Union pour une République Vertueuse, la réponse doit rester guidée par un principe fondamental : la vertu en politique. Cela signifie que les responsabilités publiques, qu’elles soient nationales ou internationales, doivent toujours être associées à l’exigence de transparence, de vérité et de redevabilité.
Le Sénégal doit continuer à défendre sa place dans le monde. Mais il doit aussi rester fidèle à ses propres valeurs : la justice, la mémoire et la dignité des citoyens. Car aucune ambition internationale ne peut durablement s’épanouir si elle ne s’appuie pas d’abord sur une conscience nationale apaisée et sur la confiance du peuple.
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