Invitée de l’émission « Pleure Sainte Marie », l’écrivaine franco-sénégalaise Fatou Diome a choisi la franchise là où beaucoup auraient opté pour la prudence.
Avec la liberté de ton qui la caractérise, l’auteure de "Le Ventre de l’Atlantique" a livré une prise de position assumée sur l’homosexualité au Sénégal, consciente des réactions que ses mots allaient susciter.
« On va me lyncher, mais je n’écris pas pour plaire », a-t-elle prévenu d’emblée, avant de s’attaquer à ce qu’elle qualifie de « formidable fumisterie » : l’idée répandue dans certains pays africains selon laquelle l’homosexualité serait une importation étrangère, étrangère à la culture du continent. Pour Fatou Diome, cette affirmation revient à exclure ces sociétés de l’humanité commune. Elle rappelle l’existence, dans la société sénégalaise traditionnelle, des « goorjigeen » littéralement (hommes-femmes) et des cérémonies de danse traditionnelle, animées par des hommes à l’identité de genre singulier, parfaitement intégrés dans leurs communautés et dont la réalité était connue de tous. « Si le terme existe, c’est que cette réalité existe », estime-t-elle.
Se définissant elle-même comme « définitivement hétéro », l’écrivaine a tenu à distinguer ce qui relève de la sphère intime de ce qui ressort du droit commun. Elle condamne sans ambiguïté les cas de contamination volontaire de maladie, qui constituent selon elle une infraction pénale devant être poursuivie comme telle. Mais elle rejette avec vigueur l’instrumentalisation de la religion à des fins de « chasse à l’homme ». « C’est qui le pervers ? Celui qui vit sa vie comme il l’entend et ne l’exhibe pas, ou celui qui a la curiosité malsaine de se demander ce qui se passe dans le lit des autres ? »
Sur la nature même de l’orientation sexuelle, Fatou Diome balaie l’argument du choix : « c’est comme si j’avais choisi d’être noire. Je n’ai pas peint ma peau. J’ai débarqué avec. » Elle plaide en définitive pour que l’intimité des personnes bénéficie du même respect que la liberté de conscience religieuse, une laïcité de la sphère privée, en quelque sorte. Une sortie qui ne manquera pas de faire débat, mais que l’auteure a manifestement pesée, et qu’elle revendique au nom de son intégrité morale et de sa liberté intérieure.
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