Femmes et industrie verte : Le Bureau de Mise à Niveau (BMN) ausculte les angles morts de sa transformation agroalimentaire


Le Bureau de mise à niveau des entreprises du Sénégal a présenté, à l’occasion d’un atelier de restitution, les conclusions d’une étude consacrée à l’industrialisation verte et à l’autonomisation des femmes dans le secteur de l’industrie agroalimentaire. Menée sur plusieurs mois avec l’accompagnement financier de l’African Climate Foundation et l’appui technique du cabinet Global Consult, l’étude a permis d’auditionner plus d’une centaine d’entreprises réparties dans douze régions du pays.
 
Face à la presse, la directrice du Bureau de mise à niveau, Fatou Dayna Bâ, a détaillé les principaux enseignements de ce travail, qui met en exergue les difficultés rencontrées par les entreprises du secteur, en particulier celles dirigées par des femmes. Le secteur agroalimentaire, a-t-elle rappelé, est fortement exposé aux effets du changement climatique. L’étude relève notamment des difficultés d’approvisionnement en matières premières, des charges élevées, en particulier sur le plan énergétique, ainsi que des contraintes persistantes d’accès au financement pour ces entreprises. Mais au-delà des obstacles identifiés, l’étude met également en avant plusieurs opportunités à saisir. Fatou Dayna Bâ a évoqué la finance verte, à travers des lignes de crédit à taux d’intérêt réduits déjà disponibles, ainsi que l’économie circulaire, qui permettrait de valoriser les déchets et résidus issus de la transformation agroalimentaire pour développer de nouveaux produits. Elle a rappelé que ces axes s’inscrivent dans l’Agenda national de transformation, qui met conjointement l’accent sur la transition écologique et la compétitivité économique.
 
La directrice du Bureau de mise à niveau a par ailleurs insisté sur le poids des femmes dans ce secteur d’activité, où près des trois quarts des porteurs de projets sont des entreprises dirigées par des femmes ou à forte composante féminine. Elle a indiqué que son institution entendait développer des produits et des programmes spécifiques pour mieux accompagner cette dimension féminine, notamment face aux nuisances sonores, olfactives et auditives auxquelles les travailleuses de ce secteur peuvent être exposées.
 
Interrogée sur l’articulation de cette étude avec les projets d’agropoles et de zones économiques spéciales portés par le gouvernement, Fatou Dayna Bâ a assuré que ces futures zones industrielles intégreraient dès leur conception les exigences de la transition écologique, à travers l’accès à de nouvelles sources d’énergie comme le solaire, ainsi que des systèmes de gestion des déchets et de traitement des eaux usées. Elle a conclu en rappelant que le Sénégal, à l’image de l’ensemble des pays engagés dans la transition écologique, avait le devoir de se conformer aux normes environnementales internationales.
Mardi 7 Juillet 2026
Dakaractu



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