Face aux enjeux climatiques et aux interrogations croissantes sur l’empreinte carbone du secteur aérien, Air France place l’environnement au cœur de ses priorités stratégiques. Anne Rigail, Directrice Générale de la compagnie, a présenté ce vendredi, lors de l’inauguration de sa nouvelle agence à Dakar, un plan d’action articulé autour de plusieurs leviers majeurs.
Le premier axe de cette stratégie repose sur le renouvellement accéléré de la flotte. « Chaque avion de nouvelle génération, c’est 20 à 25 % de CO2 en moins en termes d’émissions par passager-kilomètre », souligne Anne Rigail. Les chiffres témoignent de cette transformation rapide. Avant la pandémie de Covid-19, seulement 7 % des appareils étaient de nouvelle génération. Aujourd’hui, ce taux atteint 45 %, avec l’objectif ambitieux de dépasser 70 % d’ici 2030. Cet investissement massif représente un pari audacieux, d’autant plus que la crise sanitaire a lourdement impacté les finances de la compagnie. « L’endettement était fort à ce moment-là, dont on sort progressivement », reconnaît la dirigeante, qui assume néanmoins ce choix stratégique comme le moyen le plus rapide de réduire les émissions.
Conformément aux réglementations environnementales européennes, Air France intègre désormais 2 % de carburant d’aviation durable (SAF) sur tous les vols au départ de l’Europe. La compagnie va plus loin en proposant à ses clients un achat volontaire de SAF via son application mobile, permettant à chacun de contribuer davantage à la décarbonation de son voyage.
L’innovation passe également par les pratiques opérationnelles. Les pilotes d’Air France développent des techniques d'éco pilotage qui visent à réduire de 4 à 5 % les émissions d’ici 2030. Roulage sur un seul moteur, optimisation de la montée au décollage, calculs sophistiqués de trajectoire de vol pour minimiser la consommation : autant de gestes qui, cumulés, font la différence. « C’est un peu ce qu’on fait quand on conduit si on veut minimiser au maximum sa consommation », illustre Anne Rigail qui, dans la foulée, rappelle que ces pratiques sont désormais quotidiennes pour les équipages.
La compagnie franchit également un cap technologique en s’appuyant sur l’intelligence artificielle pour optimiser ses trajectoires de vol et réduire son empreinte environnementale. Cette approche innovante permet même de s’attaquer à un problème moins connu : les traînées de condensation, qui ont un effet réchauffant sur le climat à certaines heures de la journée. Air France repense parallèlement, l’ensemble du parcours de ses passagers. Grâce à la gare TGV intégrée à l’aéroport Charles de Gaulle, la compagnie développe activement la combinabilité avion-train pour les trajets en amont et en aval des vols long-courriers. Cette stratégie concerne particulièrement les passagers africains, notamment sénégalais, qui se rendent dans les villes françaises comme Strasbourg, Bruxelles ou Lille. « On a 10 trains par jour sur Charles de Gaulle et ça marche bien », se réjouit Anne Rigail. Sur certaines liaisons comme Strasbourg-Charles de Gaulle, l’avion a même totalement disparu au profit du train. Les agences de voyage peuvent désormais proposer des billets combinant Dakar-Bruxelles ou Dakar-Lille et intégrant avion et train, avec un enregistrement de bout en bout et des tarifs adaptés.
Cette politique environnementale globale s’applique à l’ensemble du réseau, y compris sur les lignes africaines et vers Dakar en particulier. L’inauguration de nouveaux locaux au Sénégal témoigne d’ailleurs de la volonté d’Air France de renforcer sa présence commerciale tout en portant ses valeurs environnementales. « C’est un signe de confiance dans l’avenir », conclut Anne Rigail, qui voit dans ces investissements la preuve de l’engagement durable de la compagnie auprès de sa clientèle sénégalaise, « pour être là quand ça va bien comme quand il y a un problème ». Avec ce plan d’action multidimensionnel, Air France entend démontrer qu’aviation et responsabilité environnementale peuvent se conjuguer, à condition d’investir massivement et d’innover sur tous les fronts.
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