Le Sénégal est mal noté en matière d’ouverture budgétaire. C’est le constat que dresse l’ONG International Budget Partnership (IBP) dans son Enquête sur le Budget Ouvert (EBO) de 2023 : 42 sur 100 en transparence budgétaire, et surtout un cinglant zéro sur cent sur le volet participation du public. Des scores qui ont poussé la Direction générale du budget à engager un partenariat formel avec l’organisation internationale pour redresser la barre.
Menée tous les deux ans depuis 2006, l’EBO évalue le niveau de transparence, de participation citoyenne et de redevabilité dans la gestion des finances publiques des États. Pour le Sénégal, si la transparence affiche un score moyen, la participation du public accuse un retard abyssal. Djibril Badiane, directeur des programmes pour l’Afrique francophone de l’IBP, a rappelé à l’occasion d’un atelier de formation destiné aux cadres de la Direction générale du budget que cette participation ne peut reposer sur de bonnes pratiques informelles. Elle doit être codifiée par arrêté, circulaire ou note de service pour ouvrir des fenêtres officielles de contribution aux organisations de la société civile, syndicats, associations de jeunes et de femmes, à toutes les phases du cycle budgétaire : élaboration, adoption, exécution et évaluation. Badiane a également plaidé pour la création d’un pôle de coordination du budget ouvert, réunissant représentants de la Cour des comptes, du ministère des Finances et de l’Assemblée nationale, afin de lever les obstacles à la production et à la publication dans les délais des documents budgétaires.
La DGB reconnaît les lacunes et défend les progrès accomplis
Du côté de l’administration, le ton est à la fois à la lucidité et à la défense des avancées récentes. Cheikh Tidiane Diaw, coordonnateur à la Direction générale du budget, reconnaît que des difficultés persistaient depuis plusieurs années pour améliorer concrètement les scores du Sénégal. C’est précisément ce qui a conduit à la signature de la convention avec l’IBP.
Il souligne néanmoins les réformes engagées depuis 2024 : refonte du contenu de la loi de finances, révision des modalités de répartition des crédits sur des rubriques reflétant la destination réelle des dépenses et non plus des lignes fourre-tout, ainsi qu’une plus grande exhaustivité des rapports trimestriels d’exécution budgétaire, qui couvrent désormais les opérations budgétaires, les opérations de trésorerie et le plan de financement. Ce dernier élément intéresse tout particulièrement les partenaires techniques et financiers dans un contexte de pression sur la dette. Le sieur Diaw reconnaît que cette densification des rapports trimestriels explique en partie leur publication tardive, mais la justifie par le souci d’exhaustivité et de cohérence de l’information diffusée.
Des documents qui restent peu accessibles
Malgré ces efforts, un problème de fond demeure : les documents budgétaires sont produits par des techniciens, dans un langage et un format peu adaptés au grand public. L’accessibilité tant dans la forme rédactionnelle que dans les canaux de diffusion, constitue un chantier majeur si le Sénégal veut se rapprocher des standards internationaux lors de la prochaine édition de l’EBO, attendue dans les deux prochaines années.
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