Réuni en première session de l’année 2026, ce 16 avril 2026 à Diamniadio, le Comité de pilotage interministériel de l’Unité de gestion du projet de développement de l’industrie pharmaceutique locale (UGP/Pharma) a réaffirmé l’ambition du Sénégal de bâtir une véritable souveraineté pharmaceutique, fondée sur la production locale de médicaments et de vaccins.
Présidée dans un contexte de forte mobilisation institutionnelle, cette rencontre a permis de faire le point sur l’état d’avancement des projets structurants du secteur, en présence des différents départements ministériels, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du privé.
Pour le secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Serigne Mbaye, cette dynamique s’inscrit dans une orientation claire des plus hautes autorités. « Nous sommes devant une exigence de rester alignés sur les orientations du chef de l’État qui appellent à une souveraineté pharmaceutique. Il s’agit de mettre en synergie tous les acteurs pour accompagner efficacement le secteur », a-t-il souligné.
Au-delà du renforcement du système de santé, les autorités mettent en avant une vision plus globale. La souveraineté sanitaire ne se limite pas aux infrastructures ou à l’offre de soins, mais repose également sur une capacité industrielle solide. « Produire des médicaments et des vaccins de qualité, accessibles à tous les Sénégalais, constitue un levier essentiel, mais aussi une opportunité économique majeure pour le pays et la sous-région », a insisté Serigne Mbaye.
Sur le plan technique, des avancées notables ont été enregistrées. Le Sénégal dispose déjà d’une agence de régulation ayant atteint le niveau de maturité 3 pour les médicaments, et ambitionne d’atteindre ce même standard dans le domaine des vaccins. Une étape cruciale pour renforcer la crédibilité du pays sur la scène internationale.
La visite de terrain effectuée à Diamniadio par les membres du comité a permis de constater les progrès réalisés, notamment au niveau de l’Institut Pasteur de Dakar. Les premiers lots de vaccins ont été libérés au stade de l’évaluation, confirmant une évolution jugée « normale » du processus de production.
« Après avoir vu de leurs propres yeux les installations et les avancées, les membres du comité ont pu obtenir des réponses précises. Oui, la production de vaccins suit son cours », a affirmé le secrétaire général, saluant la transparence du processus.
Cependant, des défis subsistent, notamment en matière de financement. Des lenteurs dans les procédures de décaissement et des gaps budgétaires ont été identifiés. Pour y remédier, les autorités envisagent de renforcer le recours aux partenariats public-privé (PPP) et aux mécanismes de financement innovants, en collaboration avec le ministère de l’Économie et les partenaires.
De son côté, l’administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar, le Dr Ibrahima Socé Fall, a réaffirmé l’option stratégique du Sénégal : développer une chaîne complète de production vaccinale. « C’est un investissement de long terme qui vise à rendre le Sénégal et l’Afrique plus résilients et indépendants », a-t-il déclaré.
Il a également annoncé la relance de la production au site de la Ferme Jaune, ainsi qu’un transfert de technologie prévu à Diamniadio dès l’année prochaine. Le projet Madiba, pilier de cette stratégie, ambitionne de produire des vaccins contre la rougeole et certaines fièvres à l’horizon 2030, en coordination avec les instances continentales.
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