La Coalition de la société civile pour l’application des conclusions des Assises nationales, des recommandations de la CNRI et du Pacte national de bonne gouvernance démocratique a tenu, ce samedi, une rencontre d’échanges consacrée à la révision constitutionnelle et aux moyens de mobilisation citoyenne. Elle a réuni une quarantaine d’organisations autour du collectif « Sursaut Citoyen ».
Plusieurs intervenants ont appelé la société civile à retrouver sa capacité de mobilisation populaire. Pape Mademba a insisté sur la crédibilité de ses membres comme principal atout, tandis que Hawa Bocar Ly a plaidé pour une éducation citoyenne renforcée, afin que les populations s’approprient les enjeux et les moyens d’action de la société civile. Félix a pour sa part estimé que celle-ci devait construire son propre discours pour se faire entendre, sans exclure les personnes engagées en politique, rappelant que des compétences existent aussi au sein des partis.
Sur le débat constitutionnel, Maodo Wane a dénoncé un processus verrouillé et la volonté de certains de tailler une constitution sur mesure, appelant à renforcer les capacités des citoyens sur ces questions. Le syndicaliste Cheikh Seck a déploré l’instrumentalisation des citoyens par les acteurs politiques et le non-respect, selon lui, de la parole donnée par le régime actuel, plaidant pour une implication réelle des citoyens et une formation accrue des militants associatifs. Safiétou Diop, du Réseau Siggil Jigeen, a mis en garde contre le risque d’une crise sans précédent, appelant à des propositions concrètes plutôt qu’à une réinvention des mécanismes existants, tout en rappelant que la révision constitutionnelle ne devait pas servir des fins politiciennes.
Le Dr Selly Bâ, membre du Mouvement citoyen au sein de Sursaut, est revenue sur les conclusions des concertations menées avec les quarantaine d’organisations. Elle a confirmé l’existence d’un plan d’action de mobilisation communautaire, précisant que cette tâche reviendra aux organisations locales plutôt qu’à Sursaut lui-même. Elle a évoqué la mise en place de plusieurs groupes de travail: opérationnalisation, finalisation des points de consensus, mobilisation des ressources financières, tout en insistant sur le refus de voir le débat constitutionnel rester l’apanage d’une élite. Elle a également dénoncé des intérêts « crypto-politiques » éloignés des enjeux de développement, tout en assumant la pluralité des positions au sein du collectif. Un consensus a toutefois été trouvé, selon elle, sur la nécessité d’une révision « en profondeur », la proposition de l’Assemblée nationale étant jugée insuffisante face à une Constitution conçue, selon elle, pour concentrer le pouvoir entre les mains du président.
L’ancien ministre Mamadou Ndoye pour sa part, a d’abord défendu la légitimité des citoyens à s’exprimer sur les politiques publiques, avant et après la décision, rappelant que la légitimité électorale du président de la République comme de l’Assemblée nationale n’est pas absolue et n’exonère pas l’exécutif du contrôle parlementaire. Il est revenu sur le contexte né de l’annonce d’une révision constitutionnelle par le président Bassirou Diomaye Faye lors de son message de décembre dernier, rappelant que Sursaut avait alors proposé quatre points essentiels inspirés des Assises nationales. Il a relevé la divergence actuelle entre un chef de l’État prônant la concertation et un président de l’Assemblée nationale souhaitant accélérer le processus, appelant à un dialogue entre les parties pour aboutir à une révision fondée sur l’exécution des conclusions des Assises. Il a enfin annoncé la convocation de 43 organisations citoyennes et appelé à la mise en place d’une task force pour transformer ce potentiel en instrument de transformation citoyenne, soulignant l’enjeu des capacités et des ressources.
-
Réformes fiscales et décentralisation : Le Trésor public face aux défis de la viabilité des collectivités territoriales
-
Nigeria: l’armée libère 44 élèves et professeurs, après 56 jours de captivité, dans l’État d’Oyo
-
Mort du Sud-Africain Jayden Adams, milieu de terrain des Bafana Bafana qui a participé au Mondial 2026
-
Trump refuse de voler à bord de son nouvel Air Force One: le cadeau du Qatar inquiète les services secrets
-
FASEG : la 3eme randonnée pédestre du PATS, un engagement pour le bien être de toute la communauté universitaire





