Recomposition politique : Vers un regroupement du Peuple du 23 juin, à l’instigation de Bathily


L’historien prend date ! Il est comme son ancien maître Lénine qui sait se demander « Que faire ? », à chaque fois qu’une situation nouvelle exige de lui une solution nouvelle. 

En effet, le champ lexical utilisé ce dimanche par Abdoulaye Bathily, qui était l’invité du Grand Jury sur Rfm, est le signe prémonitoire qu’on est à la veille d’un tournant décisif dans la vie de la majorité issue de la présidentielle de 2012.

A cet égard, l’emprisonnement de Khalifa Sall risque de priver Benno Bokk Yakaar d’une bonne partie du « Peuple du 23 juin » et, partant, de créer les conditions de l’émergence d’un nouveau pôle de l’opposition, qui va exister parallèlement au Pds, à Rewmi de Idrissa Seck et à d’autres forces qui combattent le régime de Macky Sall. 

Le Pr. Bathily est au centre de tous les regroupements politiques qui ont conduit à des changements depuis le règne des socialistes. 

« J’ai été témoin de tous les évènements majeurs des 40 dernières années, au titre de mon parti en tant que responsable, à la formation de toutes les coalitions, à la mise en œuvre des plateformes de lutte… la première, la deuxième alternance », résume-t-il, face à Mamadou Ibra Kane.

Pour mémoire, après les législatives de 1998, c’est l’ex-leader de la Ld / Mpt qui a influencé Landing Savané (opposé à Wade depuis que celui-ci est entré dans le gouvernement socialiste en 1995) et Amath Dansokho (qui ne s’entendait plus avec le pape du Sopi depuis 1989) pour former le Pôle de Gauche.  C’est ce pôle qui portera la candidature unique de cette opposition-là autour de Me Abdoulaye Wade avec la coalition CA 2000. 

Malheureusement, une fois le Pds au pouvoir, le patron de la Ld théorise une Direction politique unifiée (Dpu) qui n’emporte pas l’adhésion de Wade et de Idy. En 2005, l’alors parti marxiste-léniniste se fissure et Bathily, concurrencé par Mbaye Diack, rejoint Niasse et Cie dans l’opposition.

Au sortir de la présidentielle de 2007, le professeur d’histoire jouera un rôle déterminant pour la tenue des Assises nationales, un véritable faux-nez masquant une vaste entreprise de regroupement des organisations politiques et de la société civile hostiles au régime libéral. C’est toujours l’historien qui était au centre des manœuvres entre Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse pour la désignation d’un candidat unique de Benno Siggil Senegaal.

A l’époque, les relations entre Macky (qui militait pour une candidature plurielle) et Bathily (théoricien d’une candidature unique) n’étaient pas au beau fixe. Macky tient à son schéma et se fait écarter de la course. 

Quand le Peuple du 23 juin décide de boycotter la présidentielle de 2012 devant la volonté de Wade de se présenter pour un 3e mandat, le président de l’Apr rame à contre-courant. Ce dernier se fait traiter de tous les noms d’oiseaux par le reste de l’opposition et il a fallu lui faire signer « sans réserve » le rapport portant recommandations des Assises nationales pour que Moustapha Niasse, dont Abdoulaye Bathily était le directeur de campagne, lui apportât son soutien au second tour.  


En outre, il a été, en un moment donné, envisagé de faire de Khalifa Sall le candidat unique face à Wade. C’est donc une ironie de l’histoire si c’est la condamnation du maire de Dakar qui déclenche un regroupement des forces précitées.      
Lundi 2 Avril 2018
Dakaractu



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