Au lendemain du décès d’Abdoulaye Ba, étudiant à l’Université de Dakar, le député Thierno Alassane Sall a pris la parole devant l’Assemblée nationale pour dénoncer ce qu’il « une dérive sécuritaire au sein du campus universitaire. » Lors d’une séance consacrée à l’examen d’un projet de loi sur l’observatoire national des lieux de privation de liberté, le parlementaire a profité de la tribune pour élargir le débat aux questions de libertés et de justice au Sénégal devant le ministre Yassine Fall.
TAS a établi un lien direct entre la présence des forces de l’ordre et le drame : « sans la présence massive et violente de la police dans l’université, il n’y aurait pas eu la mort d’Abdoulaye. Ça, c’est certain. Pour Thierno Alassane Sall, le campus universitaire, « qui a pour vocation d’être un champ d’études », est devenu le théâtre d’une « intifada » entretenue depuis le mois de décembre par les autorités malgré de nombreuses alertes.
Le député affirme avoir lui-même lancé plusieurs mises en garde avant le drame. « Nous avons alerté que la situation était grosse de risques. Et ce faisant, nous jouions notre rôle de Sénégalais et d’alerte en disant : attention, il y a risque de mort d’homme. » Ces alertes, formulées aussi bien à l’Assemblée nationale que sur les réseaux sociaux, auraient été ignorées par le gouvernement durant tout le mois de décembre, selon le parlementaire.
Suite à la mort d'Abdoulaye Bâ, le député dit avoir été « extrêmement surpris et peiné » par la stratégie de communication adoptée par les autorités, qu’il résume en ces termes : « ce n’est pas nous, c’est les autres. C’est la faute aux étudiants. » Thierno Alassane Sall dénonce également ce qu’il qualifie de « chasse implacable » contre les responsables étudiants, arrêtés alors que, selon lui, « rien ne peut être à ce stade rattaché à leurs activités ».
Le parlementaire s’est interrogé sur le communiqué du procureur publié samedi matin, qui selon lui « semble vouloir dédouaner la responsabilité de la police ». « À ce stade, nous n’incriminons personne, mais nous disons : sans la présence massive et violente de la police dans l’université, il n’y aurait pas eu la mort d’Abdoulaye », a-t-il martelé.
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