IMAM KANTÉ : « Une économie de la mendicité infantile au nom du Coran ? »


On a laissé s'installer une économie inhumaine de la mendicité infantile au cœur de laquelle se trouve un petit garçon qui erre dans les rues du MATIN au SOIR et parfois, très loin du lieu où se trouve son "Daara" Et on l'appelle "Talibé", ce qui veut dire "apprenant" du Coran! 

Eh oui, le parent et le serignou Daara sont pauvres et l'État ne fait rien, voire veut supprimer les Daaras ! Donc, c'est le petit garçon qui a la solution...non, c'est lui qui doit payer pour les échecs de ses aînés !

Ainsi, on ouvre un boulevard à toutes sortes d'individus sans scrupule qui s'y engoufrent pour tirer un maximum de profits de cette filière de "l'économie informelle" bâtie sur le trafic, l'exploitation et la maltraitance des jeunes garçons.

Ces derniers ne sont pas originaires que du Sénégal. Mais, étant donné que le pays est devenu un "HUB" de la mendicité sous-régionale infantile mais pas seulement, des individus louches et lugubres récupèrent des jeunes garçons, où et de qui ils le peuvent, pour alimenter cette économie sus-mentionnée qui n'honore ni le Sénégal comme État, ni les musulmans de ce pays. 

Le visage et les mots de ces ENFANTS DANS LA RUE, nous en dit beaucoup sur la faillite d'un État quant à ses obligations relatives à la protection et à l'éducation des enfants et de TOUS LES ENFANTS DE LA NATION.

De même que sur cette communauté musulmane qui peine à aller de l'avant au prétexte de la fidélité non pas aux prescriptions de l'islam bien comprises, mais  aux formes traditionnelle et locale qu'ont pu prendre leur mise en œuvre. 

En tout état de cause, c'est une économie de la mendicité infantile qu'il ne faut associer ni à l'islam et ni au Daara dans sa double vocation d'apprentissage du Coran et d'éducation islamique.

Chaque fois que je vois un petit garçon compter DANS LA RUE  l'argent récolté par la mendicité alors qu'il est pied nu, en haillon, grelottant en temps de froid et en sueur en temps chaleur, la crasse sur le corps, le regard hagard, le sourire forcé, je me dis que ça ne va pas ! Nous sommes en situation de péché communautaire et de faute morale eu égard à la dignité de l'enfant.

Nous devons corriger dans les meilleurs délais par une concertation sincère entre l'Etat et toutes les autres parties prenantes pour éradiquer cette économie inhumaine et mettre en place les conditions requises pour un enseignent coranique public ou privé satisfaisant pour la demande des parents. La loi sur le statut des Daaras qui est dans le circuit est une avancée à saluer en la matière. 

Imam Ahmad Kanté 
Mercredi 3 Février 2021
Dakaractu




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