Le regrettable sinistre survenu à la Médina a été le prétexte de cette interview avec le porte parole du Pds. Sans faux-fuyant, Babacar Gaye, n'a pas fait dans la langue de bois, il exprime cru sa pensée.
Dakaractu : M. Gaye, que vous inspire la déclaration de l'adjoint au maire de la Médina, lequel soutient que le ballet incessant des politiques après l'incendie de la Médina a été un show. A l'en croire, seul Idrissa Seck a mis la main à la poche pour aider, financièrement parlant, les sinistrés de la Médina?
Babacar Gaye : Je ne pense vraiment pas que les personnalités politiques qui se sont déplacées à la Medina pour apporter leur solidarité aux sinistrés, suite à l'incendie qui a causé la mort tragique d'une dizaine de jeunes talibés, avaient des motivations autres qu'humanitaires. C'est vrai qu'en de pareilles occasions, nos usages et coutumes recommandent de faire un geste de solidarité qui peut revêtir la forme d'un don en nature ou en espèces. Si Idrissa Seck l'a fait, certainement ce n'était pas pour poser un acte de communication. Sinon ce serait regrettable.
Dakarctu : Où situez-vous les responsabilités de cette tragédie regrettable? Que préconisez-vous concrètement, afin que pareil sinistre ne se produise plus sous nos cieux?
Babacar Gaye : Nous sommes tous responsables. Il est manifeste que ce drame traduit un laxisme d'État et une indiscipline citoyenne. Mais au delà des incantations, des déclarations mal à propos et des décisions de circonstance, hâtives, opportunistes et mal inspirées, il urge d'entamer une réflexion introspective, inclusive sous l'égide de l'Etat et impliquant les partis politiques, la société civile, les universitaires et les relais sociaux capables d'influer sur l'éducation et la formation civique des populations.
Dakaractu : Le régime vient de prendre des décisions et, selon le Premier Ministre on va vers l’interdiction totale de la mendicité des enfants dans les rues. Car, a laissé entendre Abdoul Mbaye, je cite: "le Coran s’apprend dans un Daara (école coranique) et non dans la rue". Mais, il a précisé : "il n’est pas question d’interdire la charité, mais organisons-la". Ce qui n’est pas sans rappeler l’engagement puis la volte-face du régime précédent sur la question. Quelle est votre appréciation?
Babacar Gaye : Les mesures et décisions annoncées ici ou là ne reflètent que l'étroitesse d'une vision très réductrice du gouvernement en la matière. Le drame survenu à la Medina ne devrait pas se résumer à un problème de Daraa, de Talibés et de mendicité. Réduire le drame de la Medina à un problème de Talibés et de Mendicité, c'est se voiler la face et faire dans le faux fuyant. Le mal est plus profond. Je pense sincèrement que c'est l'arbre qui cache la forêt. En réalité c'est plutôt un problème de discipline, de respect des normes de construction, d'aménagement urbain et de gestion du cadre de vie. Les jeunes Talibés ne sont que les victimes d'une hypocrisie collective. Pour juguler les avatars de l'enseignement coranique et éradiquer la mendicité qui, il faut le reconnaître est une plaie sociale, toute décision doit procéder d'une réflexion approfondie sur les maux qui gangrènent notre société malade de certaines contre-valeurs comme le "Masla". Il faut organiser un Ndëpp national pour un changement profond de paradigmes. Le vocabulaire à la fois violent et va-t-en guerre du Président de la République et du Premier Ministre ne traduit pas une sérénité dans la Gouvernance actuelle. Les mots « traque », « châtiment » reviennent souvent dans le discours des tenants du pouvoir actuel.
Dakarctu : Depuis quelques jours, on a remarqué une cacophonie au sommet de l'Etat relative à cette fameuse traque des biens mal acquis. Votre lecture?
Babacar Gaye : C'est l'incompétence caractérisée qui est la marque déposée de ce régime qui peine à apporter des réponses concrètes aux préoccupations de populations et qui peine à respecter ses engagements électoraux. La traque des biens mal acquis érigée en programme de gouvernement, cache mal l'absence d'une vision claire et d'une feuille de route bien élaborée. Qui plus est, le Président de la République est entouré par une pléthore de collaborateurs qui n'ont aucune culture de l'Etat. Si l'on y ajoute les rivalités et le choc des ambitions qui minent la cohésion de la coalition électorale Benno Bokk Yakaar, bonjour les dégâts!
Dakaractu : De manière ramassée, quel bilan faites-vous du magistère de Macky Sall, lequel soufflera sur l'An 1 de son accession au pouvoir le 25 mars prochain?
Babacar Gaye : C'est très risqué de dresser un bilan pour un Président qui a juste fait un an de mandat. Au demeurant, je retiens que le régime actuel est en train de surfer sur les programmes structurants du président sortant. Tant mieux si le principe de la continuité de l'Etat est sauvegardé. Par contre, je note une absence manifeste de feuille de route avec un échéancier bien maîtrisé. Pour l'instant, je préfère laisser apprécier le bilan par les sénégalais qui regrettent d'avoir voté pour Macky Sall le 25 mars 2012. C'est du "Rethiou" à la place du "Yakaar".
Dakaractu : M. Gaye, que vous inspire la déclaration de l'adjoint au maire de la Médina, lequel soutient que le ballet incessant des politiques après l'incendie de la Médina a été un show. A l'en croire, seul Idrissa Seck a mis la main à la poche pour aider, financièrement parlant, les sinistrés de la Médina?
Babacar Gaye : Je ne pense vraiment pas que les personnalités politiques qui se sont déplacées à la Medina pour apporter leur solidarité aux sinistrés, suite à l'incendie qui a causé la mort tragique d'une dizaine de jeunes talibés, avaient des motivations autres qu'humanitaires. C'est vrai qu'en de pareilles occasions, nos usages et coutumes recommandent de faire un geste de solidarité qui peut revêtir la forme d'un don en nature ou en espèces. Si Idrissa Seck l'a fait, certainement ce n'était pas pour poser un acte de communication. Sinon ce serait regrettable.
Dakarctu : Où situez-vous les responsabilités de cette tragédie regrettable? Que préconisez-vous concrètement, afin que pareil sinistre ne se produise plus sous nos cieux?
Babacar Gaye : Nous sommes tous responsables. Il est manifeste que ce drame traduit un laxisme d'État et une indiscipline citoyenne. Mais au delà des incantations, des déclarations mal à propos et des décisions de circonstance, hâtives, opportunistes et mal inspirées, il urge d'entamer une réflexion introspective, inclusive sous l'égide de l'Etat et impliquant les partis politiques, la société civile, les universitaires et les relais sociaux capables d'influer sur l'éducation et la formation civique des populations.
Dakaractu : Le régime vient de prendre des décisions et, selon le Premier Ministre on va vers l’interdiction totale de la mendicité des enfants dans les rues. Car, a laissé entendre Abdoul Mbaye, je cite: "le Coran s’apprend dans un Daara (école coranique) et non dans la rue". Mais, il a précisé : "il n’est pas question d’interdire la charité, mais organisons-la". Ce qui n’est pas sans rappeler l’engagement puis la volte-face du régime précédent sur la question. Quelle est votre appréciation?
Babacar Gaye : Les mesures et décisions annoncées ici ou là ne reflètent que l'étroitesse d'une vision très réductrice du gouvernement en la matière. Le drame survenu à la Medina ne devrait pas se résumer à un problème de Daraa, de Talibés et de mendicité. Réduire le drame de la Medina à un problème de Talibés et de Mendicité, c'est se voiler la face et faire dans le faux fuyant. Le mal est plus profond. Je pense sincèrement que c'est l'arbre qui cache la forêt. En réalité c'est plutôt un problème de discipline, de respect des normes de construction, d'aménagement urbain et de gestion du cadre de vie. Les jeunes Talibés ne sont que les victimes d'une hypocrisie collective. Pour juguler les avatars de l'enseignement coranique et éradiquer la mendicité qui, il faut le reconnaître est une plaie sociale, toute décision doit procéder d'une réflexion approfondie sur les maux qui gangrènent notre société malade de certaines contre-valeurs comme le "Masla". Il faut organiser un Ndëpp national pour un changement profond de paradigmes. Le vocabulaire à la fois violent et va-t-en guerre du Président de la République et du Premier Ministre ne traduit pas une sérénité dans la Gouvernance actuelle. Les mots « traque », « châtiment » reviennent souvent dans le discours des tenants du pouvoir actuel.
Dakarctu : Depuis quelques jours, on a remarqué une cacophonie au sommet de l'Etat relative à cette fameuse traque des biens mal acquis. Votre lecture?
Babacar Gaye : C'est l'incompétence caractérisée qui est la marque déposée de ce régime qui peine à apporter des réponses concrètes aux préoccupations de populations et qui peine à respecter ses engagements électoraux. La traque des biens mal acquis érigée en programme de gouvernement, cache mal l'absence d'une vision claire et d'une feuille de route bien élaborée. Qui plus est, le Président de la République est entouré par une pléthore de collaborateurs qui n'ont aucune culture de l'Etat. Si l'on y ajoute les rivalités et le choc des ambitions qui minent la cohésion de la coalition électorale Benno Bokk Yakaar, bonjour les dégâts!
Dakaractu : De manière ramassée, quel bilan faites-vous du magistère de Macky Sall, lequel soufflera sur l'An 1 de son accession au pouvoir le 25 mars prochain?
Babacar Gaye : C'est très risqué de dresser un bilan pour un Président qui a juste fait un an de mandat. Au demeurant, je retiens que le régime actuel est en train de surfer sur les programmes structurants du président sortant. Tant mieux si le principe de la continuité de l'Etat est sauvegardé. Par contre, je note une absence manifeste de feuille de route avec un échéancier bien maîtrisé. Pour l'instant, je préfère laisser apprécier le bilan par les sénégalais qui regrettent d'avoir voté pour Macky Sall le 25 mars 2012. C'est du "Rethiou" à la place du "Yakaar".
Autres articles
-
Bigamie présumée à Mbour : deux mois après ses noces, elle épouse un autre homme…le premier époux réclame dot et dommages
-
Préparatifs des JOJ Dakar 2026 : le Centre équestre de Diamniadio homologué et opérationnel
-
Vacances scolaires à Ziguinchor : le préfet met fin aux sorties nocturnes du Kankourang et du Diambadong
-
Entre humour et diplomatie, Mouhamadou Makhtar Cissé salue l’amitié historique entre le Sénégal et les États-Unis
-
Accès universel à l’électricité : Comment Senelec éclaire les iles




