Le Gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Claude Kassi Brou, a présidé ce mercredi la deuxième réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) au titre de l’année 2026. À l’issue des travaux, le Comité a décidé de maintenir l’ensemble de ses taux directeurs à leurs niveaux actuels : le taux directeur à 3 %, le taux sur le prêt marginal à 5 % et le taux sur les réserves obligatoires également à 3 %. Une décision de stabilité, adoptée après une analyse approfondie de la conjoncture aussi bien internationale que régionale.
Au plan international, la situation est largement dominée par le conflit au Moyen-Orient, déclenché fin février dernier. Ce qui devait, selon certains observateurs, n’être qu’un épisode de quelques semaines s’est transformé en une crise durable dont l’issue demeure incertaine. Cette persistance a des répercussions directes sur l’économie mondiale. Le Fonds Monétaire International (FMI) a d’ores et déjà revu à la baisse ses projections de croissance pour 2026, désormais estimée à 3,1 %, contre des prévisions initiales plus optimistes. Parallèlement, l’inflation mondiale devrait dépasser le seuil de 4 %, au-delà des anticipations formulées en début d’année. Face à ces évolutions, plusieurs banques centrales à travers le monde suivent la situation avec une vigilance accrue.
Ces turbulences internationales ne sont pas sans conséquences pour les pays membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). L’indicateur le plus parlant reste l’envolée des prix du pétrole : entre le déclenchement du conflit fin février et la fin du mois de mai, les cours ont bondi de plus de 90 %, un choc énergétique d’une ampleur significative pour des économies largement dépendantes des importations d’hydrocarbures. Conséquence directe, cinq pays membres de l’Union ont déjà procédé, depuis avril-mai, à des ajustements à la hausse des prix à la pompe, aussi bien pour l’essence que pour le gasoil, traduisant la transmission progressive des tensions mondiales vers les économies de la zone.
C’est dans ce contexte de double pression « inflation importée et ralentissement de la croissance mondiale », que le Comité de Politique Monétaire a choisi la voie de la stabilité. Le maintien des taux directeurs reflète une posture de prudence face à une situation dont les contours restent flous. L’incertitude quant à l’évolution et à la durée du conflit au Moyen-Orient constitue, selon le Gouverneur Kassi Brou, le principal facteur d’attention pour les mois à venir. La BCEAO, à l’instar des grandes institutions monétaires internationales, entend ainsi préserver les équilibres macroéconomiques de la zone, tout en restant prête à ajuster sa politique si l’évolution de la conjoncture l’exigeait.
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