Vives tensions à Agnam (Matam) : Une société minière débarque et s’impose avec l’appui de la gendarmerie lourdement armée et face à une population en colère


La société Ama Afrique, associée à l’homme d’affaires Mansour Bousso, a lancé des opérations d’exploration minière sur une superficie de 5 km² dans la zone de Dandé Mayo, à Agnam, sans en informer les autorités locales ni les populations concernées. L’affaire prend une tournure tendue après le déploiement de gendarmes pour sécuriser le chantier.



Tout a commencé ce jeudi lorsque des agents d’Ama Afrique ont fait leur première apparition sur le terrain. Aucune autorité administrative, ni le maire Farba Ngom n’avait été mise au courant de l’opération, nous apprend une source proche de l’affaire. C’est finalement la population elle-même qui a alerté l’édile, lequel s’est rendu sur place pour interpeller les agents et savoir qui les avait mandatés. Réponse était claire : c’est l’opérateur Mansour Bousso, qui dit détenir un permis de recherche minière en bonne et due forme.



Mais la situation a pris une autre dimension le lendemain. L’entreprise est revenue sur les lieux, cette fois escortée par plusieurs centaines de gendarmes placés sous le commandement d’un officier. Le motif invoqué était que Ama Afrique aurait signé une convention avec la gendarmerie nationale pour assurer la sécurisation de la zone et de ses agents. Un épisode d’autant plus alarmant qu’un agent de la société a sorti une arme devant une foule composée en grande partie de jeunes, faisant craindre une escalade.



Une zone à fort potentiel, des populations inquiètes pour leur avenir



La zone concernée, le Dandé Mayo, n’est pas n’importe quel territoire. Elle concentre les principales activités économiques des populations locales notamment l’élevage, l’agriculture et est pressentie pour accueillir plusieurs projets de développement communautaire. La présence supposée de phosphate dans le sous-sol renforce l’enjeu stratégique du site et attise d’autant plus les craintes des habitants.



Ces derniers redoutent d’être spoliés de leurs terres et de leurs ressources sans compensation ni consultation. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une procédure opaque, menée dans la précipitation et sans le moindre dialogue avec les collectivités territoriales ou les services déconcentrés de l’État.



Le spectre du Fanay plane sur la région



Face à cette situation, les populations lancent un appel pressant aux autorités centrales. Si l’État n’intervient pas rapidement pour clarifier les conditions dans lesquelles ce permis a été accordé et pour exiger une concertation inclusive, c’est le scénario du Fanay, ce scandale minier qui avait empoisonné le régime Wade, qui risque de se rejouer dans la région de Matam.

Samedi 16 Mai 2026
Dakaractu



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