Réponse au député : le mandat du maire appartient au peuple, pas aux partis politiques( Samba Sall, Maire).


Je ne partage absolument pas cette proposition de loi. Elle traduit, à mon sens, une mauvaise compréhension du rôle du maire, de la démocratie locale et du principe même du suffrage universel.
 
Un maire n’est pas la propriété d’un parti politique. Dès son élection, il devient le représentant de toute la population de sa commune, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour lui. Sa première responsabilité est de défendre l’intérêt général, de développer son territoire, de mobiliser des partenaires, d’améliorer les services publics et de créer des perspectives pour les jeunes et les femmes.
 
Le mandat d’un maire vient d’abord de la confiance des populations. Il ne peut donc pas être considéré comme un simple mandat appartenant définitivement à un parti politique.
 
Un élu peut avoir été choisi sous une bannière et constater, au cours de son mandat, que cette formation ne répond plus aux aspirations de sa commune, à ses convictions ou aux engagements pris devant les citoyens. Changer d’orientation politique ne signifie pas automatiquement trahir les électeurs.
 
La véritable trahison consiste plutôt à abandonner sa population, à mal gérer les ressources publiques, à détourner les moyens de la commune, à ne pas respecter ses promesses ou à sacrifier les intérêts des citoyens au profit d’intérêts partisans.
 
La démocratie repose également sur la liberté de conscience, la liberté d’opinion et la possibilité de faire évoluer ses choix politiques. Moraliser la vie publique est nécessaire, mais cela ne doit pas servir de prétexte pour emprisonner les élus dans des partis politiques.
 
Une telle loi risquerait de transformer les maires en otages des états-majors politiques. Elle renforcerait le pouvoir des partis au détriment de celui des populations. Pourtant, un maire doit rester libre de défendre sa commune, de rechercher des partenariats et de prendre les décisions qu’il estime conformes à l’intérêt général.
 
Le maire doit être jugé sur son bilan, sa gestion, son intégrité, sa proximité avec les citoyens et les résultats obtenus sur le terrain.
 
À la fin de son mandat, seuls les électeurs doivent avoir le pouvoir de le sanctionner ou de renouveler leur confiance. C’est cela, le véritable respect du suffrage universel.
 
Une loi ne doit pas remplacer le peuple ni lui retirer son droit souverain d’évaluer ses représentants. La politique a besoin de responsabilité, de fidélité aux engagements et d’éthique, mais elle ne doit pas devenir une police de la pensée politique.
 
Le mandat du maire appartient d’abord aux populations. Il ne peut pas être confisqué par un parti politique.
 
Samba SALL
Maire de la Commune de Dabaly
Chargé de la Communication de la Coordination nationale des élus du Parti KIIRAAY
Président de l’Alliance Internationale pour l’Espoir et le Développement — AIED
Expert en coopération internationale et développement territorial
Ambassadeur de la Paix. 
 
Mercredi 29 Juillet 2026
Dakaractu



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