Sénégal Connect : Paris devient la vitrine du savoir-faire sénégalais… une plateforme stratégique pour conquérir les marchés globaux

Du 7 au 10 mai 2026, la ville de Paris va accueillir le salon «Sénégal Connect», une plateforme de valorisation du label sénégalais à l’international. Fondée par Midadi Diakhaté, Rokhy Ndiaye, Aminata Tall et Oulèye Ba, ‘’Sénégal Connect’’ est un salon professionnel dédié à la promotion du Made in Sénégal. Il crée un espace structuré de visibilité et d'opportunités pour les marques et entrepreneurs, favorisant des échanges qualitatifs. Avec ses 6 années d’expérience, l’édition de cette année verra la participation d’une trentaine d’exposants pour soixante marques. Près de 150 visiteurs sont ainsi attendus chaque jour à la Galerie Joseph Paris.


Les Échos : « Sénégal Connect» fait référence à quoi exactement ?
 
Midadi Diakhaté : Sénégal Connect est une plateforme qui incarne une vision contemporaine du Sénégal. C’est une manière digne de raconter notre identité. Elle est dédiée à la valorisation des talents et entrepreneurs sénégalais, mettant en lumière toute la richesse du savoir-faire local : mode, textile, maroquinerie, accessoires, coiffure, produits naturels, gastronomie et artisanat. À travers ses différentes initiatives, l’événement crée un pont entre le Sénégal et l’international, en offrant une vitrine stratégique aux créateurs et en facilitant leur accès à de nouveaux marchés. C’est un concept que nous avons nous-mêmes créé, conceptualisé et porté dès le départ.
 
Comment est née l’idée du projet Sénégal Connect ?
Ce projet est né d’une dynamique collective autour de quatre personnes : Rokhy Ndiaye, Aminata Tall, Oulèye Ba et moi-même, Midadi Diakhaté. L’idée remonte à 2020, dans un contexte très particulier, marqué par la pandémie de Covid-19. Toutes les activités étaient à l’arrêt, les commerces physiques au ralenti et beaucoup d’entrepreneurs se tournaient vers le digital pour essayer de survivre. C’est dans ce cadre que j’ai été sollicitée en tant que consultante en communication pour accompagner un groupe sur un projet tel quel. Il s’agissait simplement d’organiser une vente privée pour soutenir et redynamiser les entrepreneurs. Cette première initiative a rencontré un succès immédiat qui nous a poussés à réfléchir à un format plus structuré et plus ambitieux. Nous nous sommes posé une question simple : pourquoi limiter ce type d’initiative au Sénégal, alors même que nos produits et notre savoir-faire ont toute leur place à l’international. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer un événement à la fois éphémère pour son format de quatre jours, mais durable dans la vision.
Nous avons naturellement choisi Paris pour une première édition, en 2022. Depuis lors, le projet a évolué. Nous sommes passés d’une logique purement commerciale à une approche plus  globale. Aujourd’hui, Sénégal Connect ne se limite plus à exposer et à vendre, nous intégrons des panels de discussions, de partage d’expertise afin de permettre aux entrepreneurs de monter en compétence, notamment sur des enjeux clés comme le digital, le marketing ou le développement de marque. L’objectif est clair : créer un écosystème de croissance et de transmission.
 
Quelles sont les objectifs visés par «Sénégal Connect» ?
 
Sénégal Connect poursuit une ambition forte : créer des passerelles concrètes entre le Sénégal et le reste du monde. L’événement vise à promouvoir les talents, valoriser les produits locaux, mais aussi et surtout faciliter les opportunités d’affaires et renforcer l’attractivité du Sénégal à l’international. Il s’agit de structurer un réseau d’acteurs engagés, capables de transformer le potentiel en collaboration durable.
 
Cette année, c’est Paris qui accueille l’événement, vous en êtes à combien d’éditions ?
 
Cette édition à Paris marque une étape très stratégique dans le développement du Sénégal Connect. Elle s’inscrit dans une dynamique de croissance et d’ouverture internationale. Nous en sommes à notre troisième édition qui confirme totalement la maturité du projet, son positionnement en tant que plateforme de référence pour la promotion du made in Senegal à l’étranger.
 
Vous devez certainement recevoir beaucoup de postulants, comment vous sélectionnez les participants ?
 
Nous recevons de nombreuses candidatures, ce qui témoigne de l’intérêt croissant pour Sénégal Connect. La sélection se fait à partir de plusieurs critères basés sur la qualité et l’originalité des produits, mais surtout la cohérence de la marque, le potentiel de développement à l’international, ainsi que l’alignement avec les valeurs que nous portons. Nous privilégions les profils engagés, structurés et surtout porteurs d’une grande vision.
 
 Vous parlez de sélection rigoureuse, quelles sont donc les conditions requises pour ceux qui souhaitent y participer ?
 
La sélection se fait soit à notre initiative soit à travers des candidatures spontanées. Il ne s’agit pas de popularité ou de visibilité sur les réseaux sociaux, mais de sérieux et de capacité à se projeter dans un environnement professionnel et à l’international. Une participation financière est demandée pour l’attribution des stands, mais ils restent accessibles. Ladite participation, bien que symbolique, permet de couvrir les coûts liés à la logistique et à l’organisation globale de l’événement.
 
On peut s’attendre à combien d’exposants pour cette édition ? Est-ce qu’il y a eu une évolution par rapport aux années passées ?
 
Il y a une très grande évolution par rapport à l’année passée. Nous avons prévu un nombre d’exposants soigneusement sélectionnés, une trentaine, pour garantir une expérience qualitative et impactante. Cette année, on note une montée en grade des profils, une plus grande diversité des secteurs représentés, un intérêt accru pour le marché international.
L’objectif n’est pas seulement quantitatif mais aussi qualitatif. Nous ne nous limitons pas à faire une exposition vente, il y a des panels qui sont organisés autour, à l’ouverture, pour permettre à ces exposants, dont je parlais tout à l’heure, de partager leur expérience avec nous. Ils vont montrer aux autres comment avoir de l’impact sans faire trop de bruit, sans faire recours aux méthodes de communication anciennes.
 
L’organisation d’un tel événement doit certainement nécessiter beaucoup de ressources, comment y parvenez-vous ?
 
Jusqu’à présent, le projet s’est construit essentiellement sur fonds propres, ce qui représente un véritable engagement pour sa réussite. Néanmoins, nous sommes en discussion avec des institutions, agences ainsi que des structures publiques et privées afin de renforcer et de structurer davantage l’initiative, car au-delà de l’événement, il s’agit d’un projet ambitieux. Cela nécessite non seulement des moyens, mais aussi un accompagnement solide en lien avec des secteurs clés comme l’artisanat, le tourisme, la couture. Nous espérons fédérer un écosystème capable de soutenir cette dynamique.
 
Quels sont les défis auxquels vous faites face pour une réussite du programme ?
 
Nous faisons face à beaucoup de défis, mais le plagiat reste le principal problème. Il y a beaucoup de plagiat au Sénégal, certains reprennent le concept des gens sans les citer, ou vont plus loin même en se disant membres de l’organisation d’un projet dans lequel ils n’ont jamais été organisateurs. Nous le vivons au quotidien. ‘’Sénégal Connect’’ est le nom que nous lui avons donné cette année, mais cela s’appelait ‘’Le Sénégal à Paris’’.
 
Ndèye Khady Diouf FALL
Mercredi 1 Avril 2026
Dakaractu



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