Nord-est du Nigeria : nouvelles frappes des Etats-Unis et du Nigeria contre le groupe Etat islamique


Les Etats-Unis et le Nigeria ont mené de nouvelles frappes conjointes dans le nord du pays africain en proie à une insurrection jihadiste, au lendemain de la mort d'un responsable du groupe Etat islamique lors d'une opération similaire, a annoncé lundi le Commandement américain pour l'Afrique (Africom).

"En coordination avec le gouvernement nigérian", l'Africom "a mené de nouvelles frappes militaires contre l'État islamique dans le nord-est du Nigeria" dimanche, a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Les renseignements ont confirmé que les cibles étaient des militants de l'État islamique. L'évaluation complète de la situation est en cours", a-t-il ajouté, en précisant qu'"aucun membre des forces américaines ou nigérianes n'a été blessé".

L'armée nigériane a confirmé lundi ces frappes, affirmant dans un communiqué avoir tué "plus de 20 combattants de l'EI/ISWAP".

La veille, le chef jihadiste Abou Bilal al-Minuki, présenté comme le numéro deux du groupe Etat islamique (EI) dans le monde par les Etats-Unis et le Nigeria, avait été tué dans un village isolé du nord-est lors d'une opération conjointe des deux pays.

Après l'annonce de sa mort, le président nigérian Bola Tinubu avait remercié son homologue américain Donald Trump pour son "soutien indéfectible", disant attendre "avec impatience des frappes plus décisives contre toutes les enclaves terroristes à travers le pays".

Depuis 2009, une insurrection jihadiste a mené par Boko Haram puis par son rival, le groupe État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), à fait plus de 40.000 morts et deux millions de déplacés dans le nord-est du pays le plus peuplé d'Afrique, selon l'ONU.

Le nord du Nigeria est également confronté à la violence de bandes criminelles, qui procèdent fréquemment à des attaques contre des villages et à des enlèvements massifs contre rançons.

 

- Attaques en hausse -

 

Boko Haram et l'Iswap ont intensifié ces derniers temps leurs attaques contre des villages, des postes de police, des groupes de travailleurs comme des bûcherons ou des pêcheurs, ainsi que des bases militaires, causant la mort de plusieurs civils et haut gradés de l'armée.

Parmi les attaques les plus récentes figure l'enlèvement vendredi d'une quarantaine d'enfants du village de Mussa, dans l'État de Borno, par de présumées jihadistes.

Et samedi, la police nigériane a annoncé la mort de 17 de ses hommes, tués le 8 mai lors d'un raid jihadiste perpétré contre un centre d'entraînement dans l'Etat de Yobe.

Depuis 2019, l'armée a fermé plusieurs petites bases pour regrouper ses troupes dans des garnisons plus grandes et fortifiées, appelées « super camps », censées mieux résister aux attaques.

Mais cette stratégie, selon certains experts, a facilité la circulation des groupes armés dans les zones rurales.

 

- Coopération avec les Etats-Unis -

 

Cette recrudescence d'attaques meurtrières et des enlèvements a conduit le président nigérian Bola Tinubu à décréter en 2025 un état d'urgence sécuritaire à l'échelle nationale et le président américain Donald Trump à menacer le pays d'une intervention militaire.

Ce dernier avait affirmé que les chrétiens du Nigeria étaient "persécutés" et victimes d'un "génocide" perpétré par des "terroristes", ce qu'Abuja et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans.

L'armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, avait déjà mené le jour de Noël des frappes dans l'État de Sokoto (nord-ouest) visant, selon Washington, des jihadistes de l'EI.

Washington a depuis déployé environ 200 soldats au Nigeria pour soutenir et anciennes ses forces armées.

L'Africom est également engagé contre l'EI et le groupe jihadiste Shebab en Somalie où il a intensifié ses frappes aériennes depuis le début de l'année.

Lundi 18 Mai 2026
Dakaractu



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