10.000 FCFA pour une nouvelle identité : les révélations choc de l’affaire du registre fantôme impliquant Bébé Diéne


Une vaste affaire de fraude à l’état civil éclabousse actuellement la mairie de Wakhinane Nimzatt. Derrière des extraits de naissance présumés frauduleux, les enquêteurs ont mis au jour un inquiétant système parallèle fondé sur un “registre fantôme”, inconnu des autorités judiciaires et administratives. Selon les révélations du quotidien Libération, le procureur de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, s’oriente désormais vers l’ouverture d’une information judiciaire afin de démanteler l’ensemble du réseau.
 
L’affaire, révélée après des investigations menées par la Direction de l’automatisation du fichier (Daf), a déjà conduit au déferrement de plusieurs personnes devant le parquet. Parmi elles figurent l’officier d’état civil Hamady Diallo, surnommé « Nini », présenté comme l’un des principaux acteurs du dossier, mais également l’intermédiaire présumé Boubacar Thiam ainsi que le lutteur connu sous le nom de « Bébé Diène », identifié par les enquêteurs comme étant Amadou Cheikhou Diallo, de nationalité guinéenne.
 
À leurs côtés, plusieurs bénéficiaires supposés des documents litigieux ont également été arrêtés puis déférés. Il s’agit notamment de Fatoumata Bary, Boubacar Ba, Coumba Diallo, Mame Diarra Guèye, Amy Niang, Fatou Fall, Ousmane Ndiaye et d’une certaine « Codou Guèye ». Tous sont soupçonnés d’avoir obtenu des actes de naissance irréguliers grâce à un système de corruption bien rodé.
 
Mais le cœur du scandale réside dans la découverte d’un registre clandestin. D’après les informations rapportées par Libération, les enquêteurs ont établi l’existence d’un registre parallèle datant de 2017, totalement absent des archives officielles et inconnu des autorités compétentes. Ce document aurait servi à enregistrer de faux actes de naissance pendant plusieurs années.
 
Les investigations révèlent également que plusieurs déclarations de naissance inscrites cette année-là seraient entachées de fraude. Ce qui laisse craindre une falsification massive de données d’état civil, avec des conséquences potentiellement lourdes sur l’identification des personnes, les procédures administratives et même les questions de nationalité.
 
L’un des aspects les plus troublants du dossier reste le faible coût supposé de ces documents frauduleux. Un bénéficiaire aurait confié aux enquêteurs avoir obtenu son acte pour seulement 10.000 francs CFA, preuve de l’ampleur et de la banalisation du système.
 
Face aux policiers, Hamady Diallo, officier d’état civil depuis 2009, a reconnu l’existence du fameux registre parallèle. Toutefois, il a tenté de se dédouaner en imputant la responsabilité à un ancien officier d’état civil aujourd’hui décédé. Une ligne de défense qui semble fragilisée par les témoignages recueillis au cours de l’enquête.
 
En effet, Mame Diarra Guèye l’a directement mis en cause devant les enquêteurs. D’autres auditions sont venues conforter la thèse d’un réseau structuré. Coumba Diallo a reconnu avoir utilisé les services d’un intermédiaire pour obtenir son document, tout comme Mame Diarra Guèye. Quant à Fatou Fall, elle a décrit une procédure particulièrement suspecte impliquant un établissement scolaire et ne respectant aucun circuit administratif classique.
 
Selon les éléments exploités par la Sûreté urbaine, ces témoignages mettent en évidence l’existence de véritables circuits parallèles mêlant intermédiaires, paiements illicites et manipulations de données personnelles.
Vendredi 8 Mai 2026
Dakaractu



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