Mieux vaut tard que le précipice


Mieux vaut tard que le précipice
Le débat sur la rationalisation des candidatures aux élections fait florès. La tragi-comédie de la floraison de listes aux dernières élections législatives de juillet 2017 est passé par là. Certaines bonnes âmes bien pensantes dénoncent le trop-plein de listes qui auraient un parti semé la confusion et perturbé d’une certaine façon la sincérité du scrutin. De mon point de vue les 47 listes qui ont été en compétition en juillet dernier ont plutôt été un arbre cachant le veritable desordre qu’est la floraison de près de 300 partis politiques autorisés au Sénégal et donc les 9/10 n’ont aucune activité et ne participent jamais a des élections sous leur propre bannière tout en revendiquant une différence , une originalité ou une pertinence justifiant leur creation. La regulation devrait commencer par là, que tout parti légalement constitué soit dans l’obligation au moins de participer a des élections locales ou nationales sous sa propre bannière et de n’accepter les coalitions que lors du 2eme tour des élections. Et ceci ne ferme pas la porte aux alliances du premier tour czr permettant de differencier la majorité au pouvoir de l’opposition qui elle peut être constituée de plusieurs poles.Il faudrait aussi que l’administration en charge des élections et les collectivités locales cessent de convier a des rencontres avec la classe politique, tout parti qui n’a jamais participé seul a une élection et qui n’a pas d’élus dans des instances électives locales comme nationales. C’est un leurre que de denoncer 47 listes aux législatives de juillet dernier alors que dans les normes, ce sont autant de listes que de partis politiques autorisé qu’on aurait du voir s’y bousculer. La sagacité de Landing Savané, leader de And Jëff se verifie avec cette floraison de parti politique croupion qui en fait ne sont là que pour ce qu’il avait appelé: Le partage du gateau car ne représentant que des operateurs politiques servant de bétail, de faire valoir ou d’alibi a tout president en exercice. 

 Le projet de loi visant à étendre l’obligation de parrainage pour les élections aux candidats investis par des partis politiques au même e titre que les candidatures independantes ne me parrait pas etre une mesure correcte mais apparait beaucoup plus comme un coup de Jarnac bien habillé et adroitement emballé par la majorité présidentielle actuelle. Des partis politiques reconnus par la loi, autorisés à exercer leur activité par l’Administration investissant des canidats n’etant sous le joug d’aucune restriction du pouvoir judiciaire et qui plus est , ont des elus locaux (départements, mairies)nationaux (assemblée nationale et HCCT) ne devraient pas faire l’objet d’une nouvelle preuve de représentativité. Certes il est vrai que nous sommes dans un regime de type présidentiel accentué et que l’election presidentielle est la rencontre entre un homme et son peuple, c’est bien cela qui fait que la seule barrière éliminatoire a franchir de mon point de vue devrait etre celle de la valeur du candidat qui s’offre comme le mieux outillé pour conduire le destiné du pays. Il importe plus de mon point de vue de s’apesentir sur les qualités, les compétences, la vertu,et l’honneur du candidat a la présidentielle en l’indexant sur le programme qu’il propose et laissé aux citoyens le libre choix de decider par les urnes celui qu’il se choisit comme chef de la république pour la durée d’un mandat. Le raisonnement qui sous tend cette histoire de parrainage avec la possibilité d’eliminer bien avant les élections des prétendants sous de fallacieux prétextes qu’il y aurait des doublons, des fausses signatures et que sais je encore est un trac nard qui peut s’avérer dangereux pour la classe politique dans son ensemble. De mon point de vue c’est comme si on décidait qu’à partir d’aujourd’hui dans notre pays tout musulman membre d’une confrérie ne doit plus aller aux manifestations d’une autre confrérie sous pretexte de perdre sa qualité de musulman. Car peut on croire que tous ceux qui se bousculent a Touba lors du Magal ne sont exclusivement et uniquement que des talibes Mourides et que les Gamou de Tivaouane n’attirent que les fidèles Tidiane dans la ville de Maodo et que la célébration du Maouloud aKaolack n’attire que les talibes Niassenes . J’aurais proposé pour obtenir une regulation des candidatures a la présidentielle que la caution soit portée a 500 millions remboursables a ceux qui auront atteint la barre des 5% des votants, en permettant aux candidats d’ouvrir des campagnes de collecte et de souscription et aussi que l’Etat ne prenne en charge que la fabrication des imprimés servant à accomplir le devoir électoral le jour du vote et que le reste de toutes les dépenses de campagne soit a la charge des candidats. Cela permettrait d’apprecier leur serieux et la solidité de leur engagement. 

  Le scrutin présidentiel de 2019 representera a n’en point douter un tournant décisif de la vie politique de notre pays. Les derniers Rescapés de L’ère Senghorienne iront a leur dernier bal en 2019 entre la présidentielle et les locales avec certainement une législative anticipée puisque l’actuel assemblée aura bouclée ses 2ans. Le Président Macky Sall n’y va pas sans risque. Il a achevé l’aeroport de Diass, prolongé l’autoroute l’amenant jusqu’à Touba et a restauré dans une certaine mesure le cadre macroéconomique de l’Etat et les finances publiques.Un véritable travail de Sisyphe car remplacer un personnage de la dimension de Abdoulaye Wade a la tete de L’Etat n’est pas une sinécure, surtout avec une société refusant obstinément les changements et les mutations en s’arc-boutant sur des pratiques conservatrices et prédatrices. Certes, Il peut nourrir des craintes car une élection n’est jamais gagnée d’avance. Ce ne sont pas les candidatures politiques actuelles  qui se dressent face a lui qui sont les plus menacantes, mais plutot l’eveil citoyenne. Si Me Wade avait le boulet Karim Wade a ses pieds apres 12 années de magistère, le patron de l’APR lui a contre lui un exercice trop solitaire du pouvoir que denonce certains de ses alliés, une trop grande concentration des pouvoirs a la présidence faisant de la majorité des ministères du gouvernement des coquilles vides sans oublier une trop grande presence du capital etranger dans l’économie nationale . L’opposition elle au lendemain des législatives de Juillet dernier a retenu deux choses: son absence d’unité l’a containt a un role de faire valoir et elle sait aussi que sans l’apport de Abdoulaye Wade elle demeurera pour longtemps une quantité négligeable. Le seul danger véritable qui menace le Président Macky Sall est la demande sociale ainsi qu’une jeunesse qui se pensent oublier et pas prise en compte par un président que l’on dit pourtant jeune. Si un 3eme homme venait a s’offrir en outsider et aussi en challenger de tous les leaders actuels en faisant erruption au dernier moment, il  pourrait ainsi ringardiser la classe politique actuelle. A moins que comme en Gambie l’opposition choissise de taire ses querelles d’egos et de mettre en scelle un candidat issu de leur rang ayantun profil jeune, moderne et dynamique. 

Abdoulaye Bamba Diallo
Dimanche 25 Mars 2018
Dakaractu




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