Le combat contre la mendicité des enfants s’organise du côté de la jeunesse progressiste. Mamadou Diop, secrétaire général du Mouvement national des jeunes pour le progrès (MNJP), affilié à l’Alliance des forces de progrès (AFP), a détaillé la démarche engagée par sa structure pour remettre ce phénomène au centre du débat public.
Selon lui, toute contribution suppose au préalable une maîtrise du sujet. C’est dans cette optique que le mouvement a organisé un panel réunissant trois personnalités : Sokhna Binetou Diop, figure connue au Sénégal, l’imam Ousmane Diallo et Khalifa Ababacar, spécialiste des droits et de la protection de l’enfant. L’objectif : comprendre en profondeur les ressorts de la mendicité infantile avant d’engager une réflexion interne devant déboucher sur des pistes de solutions à soumettre aux décideurs. « Nous ne sommes pas au pouvoir, mais nous vivons dans ce pays et nous sommes sensibles à cette question », a affirmé Mamadou Diop, plaidant pour un rôle de proposition plutôt que de simple contestation de la part des jeunes acteurs politiques. Il a insisté sur le rôle « primordial » des médias dans la sensibilisation, avant d’annoncer une phase de terrain, quartier par quartier, pour adapter les solutions aux réalités locales, certains privilégiant une prise en charge communautaire, d’autres un investissement structurant de l’État.
Le responsable du MNJP a également plaidé pour une meilleure organisation de la générosité des Sénégalais, qu’il juge acquise mais mal canalisée, en proposant la création d’une caisse nationale chargée de collecter les dons et de les redistribuer aux daaras enregistrés.
Sur la question des enfants étrangers mendiants, il a écarté toute approche de rejet, appelant plutôt à des mécanismes d’accueil, d’insertion et, si nécessaire, de retour durable.
Interrogé sur la difficulté d’éradiquer un phénomène devenu, selon ses mots, « une habitude » au Sénégal, Mamadou Diop a reconnu qu’un tel engagement politique « laissera des plumes », certains acteurs profitant du système actuel. Il a néanmoins appelé à un sacrifice générationnel, estimant que les fruits de ce combat pourraient revenir à la génération suivante.
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