La Direction nationale de la lutte contre le trafic (Dnlt) vient de porter un coup spectaculaire à une véritable industrie clandestine de faux documents d’état civil sénégalais. Une affaire tentaculaire, digne d’un scénario de polar administratif.
Un simple contrôle… qui ouvre la boîte de Pandore
Le 5 novembre, au poste de contrôle de Kantène, sur l’axe de Mpack à Ziguinchor, les policiers effectuent une routine habituelle. Mais cette fois, le hasard va devenir décisif : un ressortissant guinéen, Marcelo Dasilva, est intercepté avec deux cartes d’identité différentes — l’une guinéenne (authentique), l’autre sénégalaise (très suspecte).
Les incohérences sautent immédiatement aux yeux : seules les photos concordent, le reste ne colle pas.
Selon Libération, face aux enquêteurs, Marcelo finit par craquer. Il avoue que sa pièce sénégalaise a été fabriquée de toutes pièces à partir d’un acte d’état civil « irrégulièrement obtenu », portant le numéro 1018-2004, acheté pour 60 000 F CFA auprès d’un certain Macky Seck.
Un certificat de nationalité… bâti sur de faux parents
Toujours selon Libération, le suspect révèle que Macky Seck lui a également “obtenu” un certificat de nationalité N°1150 pour 80 000 F CFA, utilisé comme fondement d’une toute nouvelle identité. Les faux extraits de naissance avaient été établis au nom de Joachim et Solange Dasilva, ses prétendus parents adoptifs.
Lorsque les policiers saisissent la mairie concernée pour vérification, la réponse tombe comme un couperet :
« L’acte n°1018 de l’année 2024 ne figure pas dans les registres… nos registres sont clôturés au numéro 891/2004 », indique la mairie, citée par Libération.
L’acte n’a donc jamais existé.
La chute de Macky Seck : un faussaire connecté
Informée, la Dnlt de Dakar met rapidement la main sur Macky Seck, qui finit par avouer partiellement les faits. Il reconnaît avoir fabriqué lui-même le faux certificat de nationalité pour… 10 000 F CFA seulement, preuve que la filière était non seulement rentable, mais aussi très accessible.
Mais le plus accablant se trouve dans son téléphone. Comme le rapporte Libération, les enquêteurs tombent sur un véritable “catalogue” de faux documents :
• 87 copies de pièces d’identité
• 50 extraits de naissance
• 100 bulletins de naissance
• 27 cartes nationales d’identité sénégalaises
• 25 CNI guinéennes
• 80 extraits de naissance
• 75 copies littérales d’actes de naissance
• 30 certificats de mariage, dont 18 vierges
• 2 procurations pour mariage
Tous établis sous l’en-tête des mairies de Boune (Keur Massar), Guédiawaye et d’autres communes de la banlieue dakaroise.
Un volume qui montre que la filière ne se limitait pas à quelques arrangements, mais fonctionnait comme une véritable industrie parallèle.
Adama Sané, l’ex-agent qui en savait trop
L’enquête conduit ensuite à Adama Sané, ancien agent de la mairie de Boune. Lors de son arrestation, il est trouvé en possession d’une quantité impressionnante de documents administratifs suspects.
Face aux policiers, il tente de se défendre en expliquant que ces papiers lui sont restés “par négligence” après son licenciement. Mais les vérifications prouvent la contrefaçon.
Un cartel administratif en pleine banlieue
Toujours selon Libération, Macky Seck aurait cité plusieurs agents encore en service dans trois mairies de la banlieue. L’enquête, menée sous la supervision du procureur de Ziguinchor, s’oriente désormais vers un vaste réseau qui mêlerait anciens et actuels fonctionnaires.
Un cartel de faussaires infiltré dans les rouages de l’état civil, capable de vendre des identités clé en main, du simple extrait de naissance à la CNI complète.
Un simple contrôle… qui ouvre la boîte de Pandore
Le 5 novembre, au poste de contrôle de Kantène, sur l’axe de Mpack à Ziguinchor, les policiers effectuent une routine habituelle. Mais cette fois, le hasard va devenir décisif : un ressortissant guinéen, Marcelo Dasilva, est intercepté avec deux cartes d’identité différentes — l’une guinéenne (authentique), l’autre sénégalaise (très suspecte).
Les incohérences sautent immédiatement aux yeux : seules les photos concordent, le reste ne colle pas.
Selon Libération, face aux enquêteurs, Marcelo finit par craquer. Il avoue que sa pièce sénégalaise a été fabriquée de toutes pièces à partir d’un acte d’état civil « irrégulièrement obtenu », portant le numéro 1018-2004, acheté pour 60 000 F CFA auprès d’un certain Macky Seck.
Un certificat de nationalité… bâti sur de faux parents
Toujours selon Libération, le suspect révèle que Macky Seck lui a également “obtenu” un certificat de nationalité N°1150 pour 80 000 F CFA, utilisé comme fondement d’une toute nouvelle identité. Les faux extraits de naissance avaient été établis au nom de Joachim et Solange Dasilva, ses prétendus parents adoptifs.
Lorsque les policiers saisissent la mairie concernée pour vérification, la réponse tombe comme un couperet :
« L’acte n°1018 de l’année 2024 ne figure pas dans les registres… nos registres sont clôturés au numéro 891/2004 », indique la mairie, citée par Libération.
L’acte n’a donc jamais existé.
La chute de Macky Seck : un faussaire connecté
Informée, la Dnlt de Dakar met rapidement la main sur Macky Seck, qui finit par avouer partiellement les faits. Il reconnaît avoir fabriqué lui-même le faux certificat de nationalité pour… 10 000 F CFA seulement, preuve que la filière était non seulement rentable, mais aussi très accessible.
Mais le plus accablant se trouve dans son téléphone. Comme le rapporte Libération, les enquêteurs tombent sur un véritable “catalogue” de faux documents :
• 87 copies de pièces d’identité
• 50 extraits de naissance
• 100 bulletins de naissance
• 27 cartes nationales d’identité sénégalaises
• 25 CNI guinéennes
• 80 extraits de naissance
• 75 copies littérales d’actes de naissance
• 30 certificats de mariage, dont 18 vierges
• 2 procurations pour mariage
Tous établis sous l’en-tête des mairies de Boune (Keur Massar), Guédiawaye et d’autres communes de la banlieue dakaroise.
Un volume qui montre que la filière ne se limitait pas à quelques arrangements, mais fonctionnait comme une véritable industrie parallèle.
Adama Sané, l’ex-agent qui en savait trop
L’enquête conduit ensuite à Adama Sané, ancien agent de la mairie de Boune. Lors de son arrestation, il est trouvé en possession d’une quantité impressionnante de documents administratifs suspects.
Face aux policiers, il tente de se défendre en expliquant que ces papiers lui sont restés “par négligence” après son licenciement. Mais les vérifications prouvent la contrefaçon.
Un cartel administratif en pleine banlieue
Toujours selon Libération, Macky Seck aurait cité plusieurs agents encore en service dans trois mairies de la banlieue. L’enquête, menée sous la supervision du procureur de Ziguinchor, s’oriente désormais vers un vaste réseau qui mêlerait anciens et actuels fonctionnaires.
Un cartel de faussaires infiltré dans les rouages de l’état civil, capable de vendre des identités clé en main, du simple extrait de naissance à la CNI complète.
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