Les industries culturelles et créatives africaines jouissent d’une visibilité internationale sans précédent, portées par les plateformes numériques, les festivals et les circuits mondiaux. Pourtant, cette exposition croissante masque une fragilité structurelle car, à ce rythme, les talents sont célébrés, mais rarement soutenus de manière à leur permettre de se structurer et de durer. En l’absence de parcours institutionnalisés formation, mentorat, accès aux marchés, investissements de long terme, beaucoup de créateurs restent prisonniers de succès éphémères, incapables de transformer l’attention en carrières viables.
Ce décalage entre reconnaissance et structuration est devenu l’un des défis majeurs de l’économie culturelle africaine. Le talent abonde, mais les écosystèmes demeurent fragmentés. Trop souvent, la réussite repose sur la résilience individuelle plutôt que sur des infrastructures collectives, entraînant une fuite de valeur et des trajectoires interrompues. Le problème ne réside ni dans un déficit de créativité ni dans un manque d’intérêt du public, mais dans l’absence d’investissement délibéré dans le talent comme actif stratégique. Les industries culturelles sont encore perçues comme symboliques, alors qu’elles nécessitent le même niveau de planification et de capital que la technologie ou l’industrie, et sont reconnues mondialement comme moteurs d’emploi et d’inclusion des jeunes.
Investir réellement implique un changement d’approche. Les actions ponctuelles génèrent des retombées médiatiques mais ne bâtissent pas de filières. Les écosystèmes créatifs ont besoin de cadres capables de relier les créateurs aux compétences, aux opportunités et à la crédibilité sur le long terme. « La créativité africaine ne manque ni d’ambition ni d’excellence. Ce qui fait défaut, ce sont les structures permettant aux talents de grandir dans le temps ».
Cet enjeu est d’autant plus central que les industries culturelles emploient des millions de personnes dans le monde et bénéficient particulièrement aux jeunes. En Afrique, où la pression démographique et le chômage constituent des défis majeurs, elles offrent des perspectives d’entrepreneuriat et de création de revenus à condition d’être correctement structurées. L’avenir de la créativité africaine dépendra moins de l’attention qu’elle suscite que de la qualité des structures construites autour des talents. Investir dans les créateurs n’est pas un acte de mécénat, mais un choix économique et stratégique. Le véritable indicateur de progrès sera la capacité à transformer cette attention mondiale en valeur durable pour ceux qui créent et les écosystèmes qui les portent.
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