Double menton, laser et complications : la chute d’une l’esthéticienne star des réseaux sociaux


Connue sur les réseaux sociaux pour ses démonstrations spectaculaires de soins esthétiques et ses promesses de réduction du double menton, Naya C. est aujourd’hui au cœur d’une affaire judiciaire qui suscite de nombreuses interrogations. Selon les révélations du quotidien L’Observateur, l’esthéticienne et son assistant ont été arrêtés puis placés en garde à vue par la Brigade de recherches de la gendarmerie de Keur Massar pour pratique illégale de la médecine et mise en danger de la vie d’autrui.
 
L’affaire trouve son origine dans la plainte déposée par une cliente, Kh. Diouf. Souffrant d’un double menton qu’elle jugeait inesthétique, cette dernière aurait entrepris des recherches sur TikTok avant de découvrir les publications du cabinet « UMU Technologies Beauty », installé à Mbao.
 
Séduite par les résultats affichés sur les réseaux sociaux, elle décide de prendre rendez-vous. D’après L’Observateur, la patiente aurait déboursé la somme de 500 000 francs CFA pour subir une intervention destinée à réduire l’amas graisseux situé sous son menton.
 
Une fois sur place, elle est installée sur une table de soins où des rayons laser lui sont appliqués au niveau du cou et du menton. Selon les explications qui lui auraient été fournies, cette technique devait permettre de « ramollir les graisses » afin de les faire disparaître progressivement.
 
Mais les choses vont rapidement tourner au cauchemar.
 
Quelques jours après l’intervention, la patiente constate un gonflement inquiétant de la gorge. L’inflammation prend de l’ampleur et son état se dégrade progressivement. Craignant pour sa santé, elle décide alors de porter plainte auprès des autorités judiciaires.
 
Le dossier est transmis à la Brigade de recherches de Keur Massar. Sous la direction de l’adjudant-chef Abdou Aziz Gningue, les enquêteurs ouvrent immédiatement une enquête afin de vérifier les conditions dans lesquelles les soins étaient pratiqués au sein du cabinet.
 
Toujours selon L’Observateur, les gendarmes se rendent sur place et font une découverte troublante. À leur arrivée, une autre cliente se trouve déjà allongée sur une table de soins, prête à subir la même intervention. Les enquêteurs interrompent immédiatement la procédure et procèdent à un contrôle approfondi des lieux.
 
Les investigations révèlent que Naya C. ne disposerait pas des autorisations administratives requises pour ouvrir un cabinet médical ou effectuer des actes assimilables à des interventions médicales.
 
Entendue par les enquêteurs, elle explique avoir suivi une formation en Chine qui lui aurait permis d’obtenir un diplôme dans le domaine de l’esthétique. Elle affirme également avoir entrepris plusieurs démarches pour obtenir une autorisation d’exercer au Sénégal, sans succès.
 
Malgré l’absence d’agrément officiel, elle aurait néanmoins ouvert son établissement et recruté comme assistant un agent de santé communautaire identifié sous les initiales A. Diédhiou.
 
Face à ces éléments, les deux mis en cause sont arrêtés puis conduits dans les locaux de la Brigade de recherches de Keur Massar pour les besoins de l’enquête.
 
Selon L’Observateur, ils ont été déférés au parquet le lundi 8 juin 2026 pour pratique illégale de la médecine et mise en danger de la vie d’autrui. Toutefois, ils ont bénéficié d’un retour de parquet dans l’attente de la poursuite de la procédure.
 
Les enquêteurs ont également procédé à la saisie de plusieurs équipements et matériels médicaux retrouvés dans le cabinet. Ces objets ont été placés sous scellés afin de servir aux investigations en cours.
 
Mardi 9 Juin 2026
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :