L’affaire glaçante de Déthié Ndong, infirmier d’État accusé de viol sur une patiente, a secoué la Chambre criminelle de Dakar. Selon le récit de L'Observateur, les faits remontent à 2022, dans un centre de santé de Keur Massar, où Ndèye Fatou Mbaye affirme avoir été victime d’un viol dans la salle de consultation.
Des soins qui virent au cauchemar
Venue consulter pour des douleurs abdominales et des symptômes gynécologiques, la jeune femme, selon ses dires, aurait subi l’impensable. Après avoir expliqué ses maux à l’infirmier, celui-ci lui aurait prescrit des antidouleurs et une injection. C’est cette dernière qui, selon la plaignante, l’aurait plongée dans un état d’inconscience. Elle affirme s’être réveillée étourdie, sentant un corps sur elle, et accuse Déthié Ndong de l’avoir violée.
Les révélations de Ndèye Fatou vont plus loin. Avant l’injection, l’infirmier lui aurait posé des questions sur sa virginité et proposé un examen intime, qu’il aurait réalisé en introduisant ses doigts dans ses parties génitales, un acte qu’elle dénonce comme non consenti et abusif.
Un accusé qui clame son innocence
Face à ces accusations graves, Déthié Ndong nie en bloc. Il soutient n’avoir jamais eu de relations sexuelles avec la plaignante. Concernant l’examen gynécologique, il admet avoir posé des questions sur la virginité de la patiente, mais nie tout toucher vaginal, affirmant qu’elle aurait elle-même procédé à cet examen en sa présence.
Quant à l’injection, il insiste sur le fait qu’elle a été administrée en présence d’autres patients dans la salle de soins et jure ne pas avoir revu Ndèye Fatou après cela. “Je ne l’ai jamais touchée”, martèle-t-il, contestant également le certificat médical qui, trois jours après les faits, atteste pourtant d’une lésion hyménale récente.
Un débat juridique tendu
Le ministère public, bien que prudent quant à la culpabilité de l’infirmier pour le viol, pointe des irrégularités troublantes. Le procureur de la République souligne que Déthié Ndong, en posant des actes relevant de la gynécologie sans en avoir la qualification, a usurpé une fonction médicale. “Il a lui-même reconnu avoir examiné la patiente et prescrit des médicaments”, note-t-il, appelant à une requalification de l’affaire.
Pour ces faits, le parquet demande une peine de 4 ans de prison ferme, tandis que l’accusation de viol reste entourée de doutes. La Chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré, le verdict étant attendu le 24 décembre prochain.
Une affaire qui divise
Cette affaire soulève des questions sensibles sur l’éthique médicale, les abus dans les structures de santé, et les mécanismes de protection des patients. Tandis que la défense maintient la thèse d’un malentendu, les accusations portées par la victime rappellent les dangers auxquels peuvent être exposées des personnes vulnérables en quête de soins.
L'Observateur souligne que ce dossier, outre les accusations de viol, met en lumière les dérives possibles dans le milieu médical et appelle à une vigilance accrue pour prévenir de tels drames à l’avenir. Une chose est certaine : le verdict du 24 décembre sera scruté de près, tant pour son impact juridique que pour le signal qu’il enverra aux professionnels de santé et aux patients.
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