Bakary Sambe, Directeur de Timbuktu Institute : « Les conséquences de la mort de Baghdadi sur les provinces africaines de l’Etat islamique »


​C'est autour du thème « Les coopérations sécuritaires au Sahel et conflits inter-communautaires » que Timbuktu Institute et la Fondation Konrad Adenauer ont invité ont organisé un colloque régional auquel ont pris part des intellectuels de la sous région ouest africaine. Une rencontre riche en enseignements et en renseignements aussi sur la présentation de la carte de l'insécurité qui prévaut actuellement dans les pays du Sahel mais sur les pistes de solution pour endiguer les raisons des soubresauts que traverse cette région du monde.

Dr Bakary Sambe croit fermement qu'un changement de paradigme s'impose surtout que le tout sécuritaire a montré ses limites. Selon le directeur de Timbuktu Institute qui a donné un entretien à Dakaractu à l'issue de ce colloque, « l'approche militaire n'a pas donné les résultats escomptés ». 

Pour lui, l'heure est venue d'essayer autre chose, notamment la « prévention », le dialogue inclusif etc. ce changement de fusil d'épaule dans la résolution des conflits est d'autant plus opportun qu'il est attendu par les populations qui souffrent des effets des mesures sécuritaires draconiennes à elles imposées par leurs gouvernements et leurs partenaires internationaux. Un partenariat qui ne semble pas fournir les effets escomptés car non coordonnés.

Le spécialiste des mouvements jihadistes de faire remarquer qu'au moment où ces derniers se regroupent et fédèrent leurs forces, c'est la dispersion chez les partenaires internationaux. Le dernier sommet de Sotchi convoqué par la Russie pour se frayer une place sous le soleil africain, sert de prétexte à l'analyste qui préconise une meilleure coordination dans les actions contre l'extrémisme et le terrorisme.

Bakary Sambe s'est prononcé sur la mort du leader de l'organisation Etat islamique. Il est d'avis que la mort d'Abou Bakr al Baghdadi ne mettra pas fin au terrorisme même « s'il peut y avoir une désorganisation dans le redéploiement des troupes ».
Concernant le cas de l'Afrique où l'Ei compte des provinces, l'expert explique que les conséquences se feront ressentir sur le long terme avec l'utilisation du sud libyen comme refuge par ses troupes.

Il n'est pas exclu, à son avis, que cette descente se poursuive au Sahel où leurs succursales ont trouvé un nouveau souffre douleur qui s'appelle Burkina Faso. Pays, selon le chercheur qu'utilisent les terroristes pour progresser vers les pays côtiers. D'où l'urgence pour le Dr Sambe, de mettre en pratique des politiques de prévention et réfléchir à la coordination de la lutte globale contre le terrorisme.
Mercredi 30 Octobre 2019
Dakaractu




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