KOLDA : Les mareyeurs ont suivi le mot d’ordre de grève.


À l’instar des autres mareyeurs, ceux de Kolda ont aussi suivi le mot d’ordre de grève  de 72 heures décrété par leurs représentants.  Aujourd’hui, tous les dépôts de poisson étaient vides dans la capitale du Fouladou. Les mareyeurs, vendeurs grossistes et détaillants rencontrés sur les lieux étaient en mode récréation, discutant par groupes. Cette filière emploie beaucoup de femmes aux statuts différents, auxquelles la vente de poisson permet de subvenir à leurs besoins quotidiens. Heureusement que beaucoup de koldois se sont approvisionnés la veille en prévision des trois jours de grève, à savoir les 15, 16 et 17 janvier 2020.

 Fatou Baldé, veuve et vendeuse détaillante de poisson trouvée au dépôt de Saré Moussa Ndour a livré son sentiment : « nous avons constaté la grève comme tout le monde ce matin. J’aurais appris que la grève est due à la cherté du poisson et des taxes routières, c’est pourquoi aujourd’hui je n’ai pas eu de poisson. Les quelques poissons dont je dispose sont achetés depuis hier. Le poisson est cher pour nous aussi détaillants. On ne peut pas acheter la caisse de poisson à 25 mille ou 30 mille f CFA et revendre dans deux jours pour rembourser. C’est vraiment dur.  Nous mangeons, nous nous soignons et envoyons nos enfants à l’école avec la vente du poisson. Actuellement  je ne dispose pas de ma dépense quotidienne. Je demande à l’État de penser à ces braves femmes veuves, divorcées ou dont les maris sont malades. » Il faut signaler que toutes les femmes qui vendent des légumes frais et autres ont vu leur chiffre d’affaires considérablement en baisse. D’ailleurs certaines ont rangé leurs étals très tôt à cause de la grève.

Djily Baldé, vendeur de poisson au marché syndicat : «  la grève se justifie surtout pour les camions frigorifiques à cause des prix du poisson et des taxes routières. Si les frais sont élevés, ils sont obligés de nous revendre le poisson très cher. C’est très dur car nous sommes des pères de famille responsables. Aujourd’hui, je suis venu mais bien habillé, car il n’y a pas de poisson et le kg du poisson coûte 2300 f au lieu de 2000. Le marché aux poissons est vide. Les trois jours-là vont être très durs pour nous. Le secteur de la pêche est très important, c’est pourquoi le gouvernement doit penser à ce secteur », conclut-il.
Mercredi 15 Janvier 2020
Dakaractu



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