Des chercheurs de l’Initiative prospective agricole et rurale (IPAR), en collaboration avec la presse, la société civile et des responsables d’organisations paysannes comptent auditionner les candidats à la présidentielle du 26 février 2012, afin de les interpeller sur les questions agricoles, a annoncé mardi Cheikh Omar Ba, directeur exécutif de l’IPAR.
‘’Nous allons écouter les candidats et les interpeller par rapport aux enjeux et défis de l’agriculture’’, a dit M. Ba, mardi à Mbour, au cours d’une session de formation sur les nouvelles orientations du secteur agricole (19-21 déc), organisée à Mbour à l’intention de journalistes.
Poursuivant son propos, il déclare : ‘’Il faut que les problèmes agricoles et ruraux soient au centre des débats.’’ Selon lui, les journalistes sont en train d’être formés dans ce sens. ‘’La formation des journalistes, dit-il, est la première étape. Après, des responsables de la société civile seront sensibilisés, avant de terminer avec les candidats’’.
Dès le mois de janvier, a-t-il annoncé, ce processus d’écoute et d’audition sera entamé auprès des candidats. ‘’Plus de la moitié de la population, donc une bonne partie des électeurs vivent de l’agriculture. Il faut que ce secteur soit élevé au rang de priorité durant la campagne électorale’’, a pour sa part plaidé le Dr Ibrahima Hathie, directeur de recherche à IPAR.
‘’Nous allons tout faire pour éviter qu’on nous embarque dans des généralités. Il faut discuter des questions concrètes qui touchent le secteur agricole’’, a dit M. Hathie qui a introduit le thème : ‘’Défis démographiques, emplois et pauvreté rurale’’.
Pour lui, les principales préoccupations se résument au fait de savoir comment remédier à la pauvreté en milieu rural et comment appréhender les marchés agricoles. ‘’On ne peut pas dire que l’Etat n’a rien fait dans le secteur agricole, mais la question est est-ce qu’il le fait bien’’, a-t-il indiqué.
‘’Aujourd’hui, il y a 269 000 nouveaux jeunes actifs par an sur le marché de l’emploi, et souvent, les politiques promettent 100 000 emplois par an. Cela n’est qu’une goutte d’eau dans la mer’’, a estimé le chercheur, qui est aussi ingénieur agronome.
‘’Il faut cesser de créer des stratégies de survie pour créer des stratégies d’enrichissement’’, a-t-il plaidé, soulignant que les candidats doivent appréhender toutes ces questions et tant d’autres’’.
Selon lui, les candidats auditionnés seront soumis à une signature d’engagement de leur promesse électorale concernant le secteur agricole pour mettre en œuvre les idées qu’ils auront défendues durant la campagne électorale.
La session de formation sur les nouvelles orientations du secteur agricole, axée aussi sur la Loi d’orientation agro-sylvo pastorale (LOASP), est organisée par le Projet ‘’croissance économique’’ de l’USAID (USAID/PCE) et l’IPAR.
APS
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