C'était hier... : Quand Michelle Obama détruisait Trump avec une terrible justesse


Vérité n'a autant de justesse que le propos dont a usé, l'année dernière, en pleine campagne de la Présidentielle américaine, Michele Obama, alors Première Dame des États-Unis, pour dépeindre Donald Trump. Nous étions alors loin de la victoire-surprise de ce dernier, et du qualificatif "merde" utilisé par l'actuelle locataire de la Maison Blanche pour stigmatiser les Africains et les Haïtiens. Mais, Donald Trump en avait déjà assez dit et fait pour alarmer, à juste titre, nombre de ses compatriotes viscéralement attachés aux fondements d'un pays bâti par des immigrants, cimenté par un melting pot et contenant "une nation fondée comme une réprobation à la tyrannie" dixit Michele Obama. Hélas ! Elle, ainsi que d'autres, n'ont pas été entendus. Il n'empêche, aujourd'hui, à l'heure de la montée des périls "trumpesques", dakaractu a cru bon de traduire en français pour ses lecteurs cette poignante alerte de l'épouse de Barack Obama.

Maintenant, malheureusement, pour une raison quelconque, l'adversaire d'Hilary vient d'un endroit différent.

Je ne sais pas, peut-être le fait de vivre du haut d'une tour, dans un monde de clubs exclusifs, mesurant le succès par des victoires et des pertes, mais aussi le nombre de zéros dans votre compte bancaire, fait que vous développiez des valeurs différentes.

Peut-être qu'avec très peu de contact avec des gens différents de vous, il devient facile de profiter de ceux qui sont malchanceux. Les gens qui respectent les règles paient ce qu'ils doivent. Pour vous, ils ne sont pas très intelligents et semblent moins méritants.

Si vous pensez de cette façon, alors il est facile de voir ce pays comme une dualité entre «nous» contre «eux» et il est aisé de «les» déshumaniser, de «les» traiter avec mépris parce que vous ne les connaissez pas. Vous ne pouvez même pas les voir. C’est pourquoi, peut-être, ce candidat pense que certains immigrants sont des criminels plutôt que des gens qui travaillent sans relâche  pour donner une meilleure vie à leurs enfants, pour aider à construire la plus grande nation sur Terre, parce qu'il ne les connaît pas vraiment. C'est peut-être pourquoi il pense que nous devrions avoir peur de nos frères et sœurs musulmans parce qu'il n'a vraiment aucune idée de qui ils sont. Il ne comprend pas qu'ils sont des "nôtres". Ce sont nos amis, notre famille, nos voisins, nos collègues, des gens de foi, comme tant de gens dans tout le pays.

C'est peut-être pourquoi il voit les anciens combattants qui souffrent de la guerre comme faibles. Pourquoi insulte-t-il les Grandes familles ; des gens qui ont passé des mois à prier pour ne pas recevoir de pareils coups. Des héros qui aiment tellement les Etats-Unis qu'ils sont prêts à mourir pour ce pays. Il ne peut simplement pas les voir. Peut-être, il est facile pour lui de se moquer des personnes handicapées parce qu'il est incapable de voir leur force et leurs contributions. C'est peut-être pourquoi il rabaisse et humilie les femmes, comme si nous étions des objets destinés uniquement au plaisir et au divertissement plutôt qu'à des êtres humains dignes d'amour et de respect. Il ne nous comprend pas. Peut-être est-ce la raison pour laquelle il appelle des communautés comme celle au sein de laquelle j'ai été élevée parce qu'il ne peut pas voir toutes les personnes honnêtes et travailleuses comme mes parents qui prennent ces petits boulots pour vivre et qui payent à temps leurs factures. Des gens qui élèvent des familles extraordinaires, qui envoient des enfants à l'université.

Peut-être, peut-être qu'il ne croit pas que des gens comme nous existent vraiment. Parce qu'il ne voit pas notre humanité partagée. Et il devient de plus en plus clair que pour lui la plus grande partie de l'Amérique est "eux".

Mais voici la chose : regardez-nous, regarde-nous. Nous savons tous mieux. Nous comprenons tous qu'une attaque contre l'un de nous est une attaque contre nous tous. Et nous savons que ce n'est pas ce que nous sommes. Non ! Qui sommes-nous ? Nous sommes une nation fondée comme une réprobation à la tyrannie. Une nation de révolutionnaires qui a refusé de loin le règne souverain. Écoutez-moi ! Nous sommes une nation qui dit : donnez-nous vos éprouvés, vos pauvres, vos masses laborieuses désirant humer l’air de la liberté. Nous sommes une nation fondée sur nos différences, guidée par la conviction que nous sommes tous créés égaux. Une nation qui reconnaît pleinement que nous sommes toujours plus forts ensemble. Tous.
Lundi 15 Janvier 2018
Dakaractu




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