2e Sommet Afrique-Etats Unis d’Amérique: Macky Sall rassure sur la perception des risques associés aux investissements en Afrique et regrette les lenteurs excessives d’exécution des projets et programmes de développement


Le Président de la République du Sénégal, Macky Sall lors du business forum en prélude du 2e Sommet Afrique-Etats Unis d’Amérique a attiré l’attention des partenaires sur la perception des risques associés aux investissements en Afrique. Cette perception dira t’il demeure anormalement élevée par rapport au risque réel, et contribue à renchérir le coût de l’investissement dans nos pays.  

« Il nous faut travailler ensemble pour que les évaluations des agences de notation soient plus transparentes, en reflétant au mieux les réalités propres à chaque pays. Cela permettrait de réduire les primes d’assurance exagérées.  Nous savons que les compagnies américaines ont le savoir-faire et les capacités technologiques et financières pour investir en Afrique dans des domaines aussi divers que les infrastructures, le transport, l’habitat, l’hôtellerie, l’énergie, l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire, les mines, les TIC et les hydrocarbures.  Elles sont d’ailleurs nombreuses à opérer avec succès en Afrique. Mais à mon avis, il est possible de faire plus.  L’investissement en Afrique, surtout dans les infrastructures lourdes, a besoin de back-up pour adoucir les conditions de financement des projets » a expliqué le Président Sall.

Pour cela, ajoute-t-il, des institutions financières telles que DFC (Development Finance Corporation) devraient mieux soutenir les relations d’affaires États-Unis-Afrique, en facilitant l’accès des pays africains au crédit, et en accompagnant davantage l’investissement privé américain sur le continent par des mécanismes financiers appropriés.

Il a par ailleurs fait une remarque sur les lenteurs excessives qui plombent l’exécution des projets et programmes de développement. Les délais de passation des marchés publics sont souvent trop longs, a-t-il regretté.

« Selon des statistiques de la Banque mondiale en 2015, ces délais peuvent aller jusqu’à 389 jours pour un appel d’offres international, 273 jours pour un appel d’offres restreint, 298 jours pour un appel d’offres national et 90 jours pour une demande de renseignements et de prix qui est la forme simplifiée de passation d’un marché. Ces délais anormalement longs, avec des procédures et formalités complexes, conduisent fatalement à la faiblesse des taux de décaissement des financements des projets de développement.  Ce n’est pas un modèle de bonne gouvernance parce que pour des pays en quête d’émergence, le temps nous est compté.  Il y a donc du travail à faire pour concilier le souci de transparence et l’obligation d’efficacité et de résultat. Les gouvernements sont élus pour délivrer, et non pour gérer des procédures longues et obsolètes » a-t-il dit.

Il a demandé à œuvrer ensemble et avoir le courage de réformer pour lever toutes ces barrières qui constituent un frein à la coopération, au commerce et à l’investissement. 

 
Mercredi 14 Décembre 2022



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