À l’entrée du village de Edioungou, en basse Casamance, le temps semble ralentir. Ici, la terre est travaillée. Connue comme le village de la poterie, cette localité vit au rythme d’un savoir-faire ancestral transmis de mère en fille, de belle mère en belle fille. Dès les premières heures de la journée, les gestes répétés racontent une histoire ancienne, discrète, mais profondément enracinée dans la vie du village.
Samy Diatta nous ouvre les portes de cet univers façonné par la patience. Originaire de Kalobone, elle s’est installée à Edioungou après son mariage, il y a cinq ans. C’est auprès de sa belle mère qu’elle apprend à dialoguer avec l’argile. Ici, rien ne se fait dans la précipitation. L’argile et les coquillages sont récoltés en saison des pluies, exposés à l’air libre pour être purifiés du sel du fleuve.
La transformation de la matière est une immersion totale. L’argile est pilée jusqu’à devenir poudre, les coquillages brûlés puis broyés à leur tour. Les deux matières sont mélangées à parts égales, humidifiées, malaxées à la main jusqu’à obtenir une pâte souple et vivante. Les formes naissent lentement, sous les doigts, avant de sécher à l’ombre, d’être teintées à l’argile rouge, puis offertes au soleil. Chaque pièce traverse plusieurs états.
Le moment de la cuisson est saisissant. Pas de four, pas de technologie moderne. Les poteries sont entourées de bois sec, de feuilles de rônier et de palmier, puis tournées dans les flammes jusqu’à rougir. Une fois refroidies, elles sont vernies à l’aide d’un fruit local dont la sève donne une teinte bordeaux brillante. À Edioungou, la poterie est une expérience sensorielle. Une découverte qui révèle un art vivant, silencieux, mais profondément humain.
Samy Diatta nous ouvre les portes de cet univers façonné par la patience. Originaire de Kalobone, elle s’est installée à Edioungou après son mariage, il y a cinq ans. C’est auprès de sa belle mère qu’elle apprend à dialoguer avec l’argile. Ici, rien ne se fait dans la précipitation. L’argile et les coquillages sont récoltés en saison des pluies, exposés à l’air libre pour être purifiés du sel du fleuve.
La transformation de la matière est une immersion totale. L’argile est pilée jusqu’à devenir poudre, les coquillages brûlés puis broyés à leur tour. Les deux matières sont mélangées à parts égales, humidifiées, malaxées à la main jusqu’à obtenir une pâte souple et vivante. Les formes naissent lentement, sous les doigts, avant de sécher à l’ombre, d’être teintées à l’argile rouge, puis offertes au soleil. Chaque pièce traverse plusieurs états.
Le moment de la cuisson est saisissant. Pas de four, pas de technologie moderne. Les poteries sont entourées de bois sec, de feuilles de rônier et de palmier, puis tournées dans les flammes jusqu’à rougir. Une fois refroidies, elles sont vernies à l’aide d’un fruit local dont la sève donne une teinte bordeaux brillante. À Edioungou, la poterie est une expérience sensorielle. Une découverte qui révèle un art vivant, silencieux, mais profondément humain.
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