Marie Aude Diop (Veuve de Pape Bouba Diop) : « Il n’était pas timide mais humble… Mon nom musulman c’est Fatou Binetou... »

Dans un entretien accordé au quotidien sportif Sénégalais Stades, et dont nous avons exploité le contenu, la veuve de Pape Bouba Diop, Marie Aude Diop s‘est livrée à cœur ouvert revenant sur sa rencontre avec l’ancien international Sénégalais, sa conversion à l’Islam et ses meilleurs souvenirs vécus en famille et le deuil insoutenable…


Originaire de la ville de Lens (France) Marie révèlera avoir connu Pape Bouba Diop, il y a 18 ans. « Je suis née à Lens, je travaille à Lens comme esthéticienne. J’ai rencontré mon mari grâce à un ami en commun (l'ancien capitaine de Lens.) Je l’ai rencontré un peu avant qu’il n’aille en coupe du monde en 2002. » 

 

Marie Aude qui avait à l’époque une relation amicale avec Bouba Diop, avouera avoir été initiée à la culture sénégalaise au fur et à mesure de leurs échanges. « Au début je ne connaissais ni sa culture ni le Sénégal. Pour moi, tout ce qui est musulman, les femmes n’ont pas droit à beaucoup de choses. Mais, il m’a expliqué qu’au Sénégal les femmes sortaient et n’étaient pas enfermées. Ce n’est pas comme les reportages qu’on montre à la télé. » Le début d’une belle histoire d’amour entre la Lensoise et le Rufisquois.

 

Dans cet entretien à cœur ouvert, elle reviendra sur sa conversion à l’Islam bien avant son mariage «  Son oncle Pape Ass Diop, un frère de son père décédé, m’a demandé si je voulais me convertir j’ai dit oui. D’ailleurs mon nom musulman c’est Fatou Binetou. » Marie Aude en bonne femme « Sénégalaise » confirmera savoir cuisiner le riz au poisson, « Thiébou Dieune » et le riz à la viande « Yassa Yapp. » Par ailleurs, elle précisera que Pape Bouba Diop qui avait une bonne hygiène de vie, mangeait équilibré et adorait les pâtes.

 

Si beaucoup voit en Pape Bouba Diop un homme timide, sa femme voyait autre chose en lui « Il n’est timide, mais humble. C’était quelqu’un de très rassurant, et protecteur. Il ne parlait pas beaucoup, mais s'arrangeait pour que tout soit parfait… Il m’a beaucoup protégée et continue à le faire depuis le ciel. Mon mari était quelqu’un de gentil avec des principes, du moment qu’on respecte ses principes on n’avait pas de problème avec lui. Malgré le fait qu’on avait des cultures différentes, il ne m’imposait rien. »

 

Un équilibre familial que viendra bouleverser la maladie. Au début, Pape Bouba qui est toujours resté digne et discret face à la maladie, ne voulait pas prévenir sa famille et les inquiéter, révèlera sa veuve. « Quand on lui a annoncé la maladie, il était bien et ne voulait rien savoir. J’ai regardé sur le net pour en savoir plus sur sa maladie et j’ai pleuré. Je me suis dit que c’était horrible ! Lui il me disait « Arrête de pleurer, dans la vie il le bon et le mauvais côté des choses.. » La femme de l’ancien Lion de la Téranga rajoutera que tout au long de sa maladie, il n’a jamais perdu l’usage de la voix et était resté lucide malgré la douleur.

 

Aujourd’hui les voyages en compagnie de leurs enfants Awa et Aron, les séjours au Sénégal, restent les plus beaux instants que retient Marie Aude. « La phrase préférée de mon mari était « Laisse, ne fais pas d’histoires. » C’était un papa protecteur. Il essayait de parler calmement avec Aron… Awa est très proche de son papa, elle lui ressemble beaucoup… »

 

Si le fils de Pape Bouba, Aron pratique déjà le football, sa mère espère qu’un jour s’il passe Pro, il lui faudra d'abord avoir le caractère de son papa et ensuite le niveau du héros de la coupe du monde 2002… 

Vendredi 11 Décembre 2020
Dakaractu




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