Après deux ans de silence volontaire, le leader de Taxawu Sénégal, Khalifa Ababacar Sall, est prêt à reprendre sa place dans l'arène politique. C'est lors de la cérémonie de clôture d'un cycle d'activités organisé par la jeunesse de son mouvement qu'il a livré ce signal fort, en saluant une initiative qui a conduit de jeunes militants à sillonner Dakar et les régions pour aller à la rencontre des citoyens.
De ces échanges de terrain est ressorti un constat que Khalifa Sall dit partager pleinement : les Sénégalais traversent une période difficile. « Les gens sont fatigués, ils vivent des difficultés et rencontrent des problèmes. C'est indéniable », a-t-il déclaré. Pour lui, cette tournée a eu le mérite de mettre des mots sur un vécu quotidien souvent ignoré des cercles du pouvoir.
La journée a également été marquée par un débat de fond sur les modèles politiques, opposant le populisme au socialisme démocratique. Les interventions du Dr Moussa Taye et de l'essayiste Hamidou Anne ont retenu l'attention de l'ancien maire de Dakar. Les deux panélistes ont rappelé le rôle déterminant du socialisme démocratique dans la construction de l'État sénégalais, des présidences de Léopold Sédar Senghor à celle d'Abdou Diouf. Khalifa Sall a reconnu, par ailleurs, que les gouvernements libéraux ont, à leur tour, contribué à consolider ces acquis, tout en notant que les intervenants ont établi un parallèle avec ce qu'ils qualifient de populisme pour lire la gestion actuelle du pouvoir.
Sur le plan de son propre parcours, le président de Taxawu Sénégal a assumé son compagnonnage avec d'autres forces de l'opposition entre 2021 et 2023, rappelant une conviction qui irrigue toute sa vision politique : au Sénégal, les alternances ne se sont jamais produites sans l'unité des forces opposées au régime en place. Fort de ce principe, il plaide aujourd'hui pour la reconstruction d'une opposition cohérente et crédible. « Après trois ou quatre alternances, il faut maintenant construire une véritable alternative à ce qui se fait », a-t-il affirmé.
Pour expliquer son retrait de la scène publique depuis l'arrivée au pouvoir des nouvelles autorités, Khalifa Sall a invoqué une démarche délibérée : accorder au nouveau régime un temps d'acclimatation, sans pression ni interférence. « Ils n'avaient pas l'expérience de la gestion de l'État. Il leur fallait un temps d'acclimatation et de prise en main de l'appareil d'État », a-t-il justifié, précisant s'être imposé une période de silence de vingt-quatre mois.
Ce délai désormais écoulé, le leader de Taxawu Sénégal annonce son retour dans le débat public. Il entend évaluer l'action du gouvernement et contribuer à tracer des perspectives pour l'avenir du pays. Un retour qui, dans l'esprit de Khalifa Sall, ne se veut pas simplement critique, mais résolument constructif : celui d'un acteur déterminé à peser dans la définition d'une alternative politique pour le Sénégal.
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