Justice : Quelques déboires judiciaires qui ont marqué l'année 2020, chamboulée par la grève du Sytjust et le coronavirus.

En raison de la grève du Syndicat des travailleurs de la Justice (Sytjust) et surtout de la pandémie de Covid-19, le calendrier judiciaire de cette année a été profondément bouleversé. De toutes les affaires judiciaires médiatisées au cours de la période récente, il y a celles qui ont le plus frappé les esprits pour marquer l’année 2020. Alors, quelles sont-elles ?


L’un des procès les plus attendus de cette année 2020 ne sera pas allé jusqu’à son terme. Les prévenus de l’affaire Hiba Thiam, morte par overdose de cocaïne lors d’une soirée en plein couvre-feu, devaient être jugés avant 2021.

Le fils du défunt homme d’affaires Ameth Amar, Dame Amar et ses compagnons d’infortune Ndiogou Bassel, Pape Diadia Tall, Jacqueline Fatima Rigal dite « Choupette » et Aliya Bakhour sont poursuivis pour association de malfaiteurs, usage de drogue, non-assistance à personne en danger et violation de la loi sur le couvre-feu.

L’audience s’est ouverte comme prévu le 23 décembre. Avant qu’elle ne soit renvoyée au 13 janvier 2021, par la 3e Chambre du tribunal correctionnel de Dakar, suite à une demande introduite par l’avocat de la partie civile, Me Seydou Diagne.

Leurs déboires judiciaires ont animé la fin de l’année 2020. Les 42 personnes arrêtées lors du démantèlement des centres de redressement de Serigne Modou Kara ont fait plusieurs tours à la cave du Palais de justice de Dakar, dans la première semaine du mois de décembre, avant de faire l’objet d’un placement sous mandat de dépôt, le 7 décembre dernier.

À l’exception du fils du milliardaire Baba Diao, qui a été placé sous contrôle judiciaire. Le juge du 8ème Cabinet d’instruction de Dakar a retenu divers chefs d’inculpation, alors que les avocats Mes El Hadj Diouf et Bamba Cissé, ont décidé de se désister.

Une vingtaine de personnes ont été découvertes aux Mamelles sous la garde de quatre «geôliers» dans des conditions insalubres, selon la gendarmerie. Avant que d’autres lieux de détention ont été trouvés, à Guédiawaye, à Malika et à la zone B.

Parmi les autres procès notables de 2020, citons le procès en appel de Thione Seck pour des délits «d’association de malfaiteurs et de mise en circulation de faux billets». L’auteur-compositeur a été condamné le lundi 22 juin dernier à 3 ans dont 8 mois ferme, en plus d’une amende de 5 millions de francs Cfa, par le juge d’appel. 

Sûr de son innocence, le chanteur a décidé de poursuivre le feuilleton judiciaire qui dure depuis plus de cinq ans. Le musicien va attaquer l’arrêt de la Cour d’appel de Dakar malgré le fait qu’il ne retournera pas en prison, pour avoir déjà purgé la peine prononcée par le juge d’appel qui l’a aussi interdit d’activités bancaires pendant 1 an.

Après une année 2019 riche en grands procès, l’année 2020 s’annonçait tout aussi intense, avant que le Covid-19 ne vienne chambouler tout. Des procès auraient dû débuter un peu plus tôt, mais ont commencé avec plusieurs jours de retard, en raison de la grève du Syndicat des travailleurs de la Justice (Sytjust) liée à des revendications anciennes.

C’est désormais chose faite : Mor Lô Seck, étudiant en deuxième année de droit, et le commerçant Babacar Fassy Siby ont comparu le mardi 15 décembre pour cambriolage devant la chambre correctionnelle. Ils sont poursuivis pour vol de 22 millions 883 mille F Cfa, une partie des bourses d’étudiants.

Les faits remontent dans la nuit du 26 au 27 août 2017, lors d’un concert de Omar Pène à l’université. Ce n’est qu’aux alentours de 3h du matin qu’ils ont subtilisé 22 millions F Cfa dans le bureau du régisseur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Des faits qu’ils ont reconnus devant le juge et seront fixés sur leur sort le 26 prochain.
Samedi 26 Décembre 2020
Dakaractu




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