Détention de Ibrahima Sall de l’ASRED : la gendarmerie traque ses taupes, alertent Seydi Gassama et Cie

La Coalition Sénégalaise des Défenseurs des Droits humains demande la libération de M. Ibrahima Sall, Président de l’ASRED


Détention de Ibrahima Sall de l’ASRED : la gendarmerie traque ses taupes, alertent Seydi Gassama et Cie
La Coalition sénégalaise des défenseurs des droits humains (COSEDDH) a appris l’interpellation, le mardi 1er mai 2018 de Monsieur Ibrahima Sall, Président de l’Association Sénégalaise pour la Réinsertion Sociale des Détenus (ASRED). Trois (3) jours après son interpellation, il est toujours en garde-à-vue à la section de recherche de la gendarmerie nationale à Colobane.

Selon des informations obtenues auprès de son avocat, il a été interrogé sur les sources d’information et de financement de son organisation ainsi que sur les activités de celle-ci.

L’administration pénitentiaire, à travers un communiqué diffusé dans la presse le 02 mai 2018, reproche à l’ASRED de diffuser de fausses informations sur les mouvements d’humeur des détenus dans les prisons sénégalaises.

La Coalition sénégalaise des défenseurs des droits humains, dont les organisations membres ont en plusieurs occasions dénoncé les mauvaises conditions de détention dans les prisons sénégalaises, et qui se traduisent par de fréquents mouvements de protestation des détenus dont le plus grave fut la mutinerie à la Maison d’Arrêt et de  Correction de Rebeuss le 20 septembre 2016 qui s’est soldée par la mort d’un détenu et plus de quarante blessés , apporte tout son soutien à Monsieur Ibrahima Sall dans le cadre de la procédure judiciaire initiée à son encontre par la direction de l’administration pénitentiaire.

La Coalition sénégalaise des défenseurs des droits humains, dans sa posture d’alerte et de veille, rappelle à l’Etat du Sénégal la Déclaration de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme de 1998 et la résolution de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de 2017 qui engagent les Etats membres des Nations Unies et de l’Union Africaine à protéger les défenseurs des droits humains et à créer les conditions du libre exerce de leur travail.

La Coalition reconnait à l’Etat le droit de démentir les allégations des organisations de défense des droits humains, et celui de formuler des critiques objectives contre leurs méthodes de travail mais en aucun cas un défenseur des droits humains ne devrait être inquiété pour des actions menées ou pour des informations reçues et diffusées dans le cadre de son travail de promotion et de protection des droits humains.

La Coalition sénégalaise des défenseurs des droits humains appelle à l’abandon des poursuites judiciaires contre Ibrahima Sall et réaffirme sa volonté de travailler ensemble avec l’Etat du Sénégal pour améliorer les conditions de vie et de séjour des détenus dans les prisons sénégalaises.

Fait à Dakar, le 03 mai 2018

 
Pour la COSEDDH :
 Seydi GASSAMA, Président 
Sadikh Niass, Vice-Président 
Oumar Dialo, Directeur Exécutif
 
 
 
Jeudi 3 Mai 2018
Dakaractu




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