Bracelet électronique à Rebeuss : le cas troublant de Pape Malick Ndour embarrasse l’administration pénitentiaire


L’affaire Pape Malick Ndour connaît un nouveau rebondissement aussi inédit que troublant. Selon les révélations du quotidien  L’Observateur, l’ancien ministre de la Jeunesse, placé en détention provisoire à la prison de Rebeuss, continue pourtant de porter son bracelet électronique, une situation dénoncée par ses avocats qui parlent d’un grave « dysfonctionnement administratif ».
 
Arrêté le vendredi 15 mai 2026 à son domicile par des éléments de la Division des investigations criminelles (Dic), Pape Malick Ndour a été immédiatement conduit en prison après une décision de la Cour suprême venant confirmer l’ordonnance du juge d’instruction.
 
L’ancien ministre est poursuivi dans le cadre d’une affaire d’irrégularités financières présumées portant sur un montant estimé à 2,7 milliards de FCFA dans la gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac).
 
Mais au-delà du fond du dossier, c’est désormais une situation inédite qui suscite de nombreuses interrogations dans les milieux judiciaires et pénitentiaires.
 
Selon  L’Observateur, Pape Malick Ndour aurait été transféré à la prison de Rebeuss sans que son bracelet électronique ne lui soit retiré, alors même que cette mesure était censée prendre fin avec son incarcération.
 
Une situation qualifiée d’« anomalie » par ses conseils.
 
Contacté par le journal, Me Omar Youm, membre de la défense, explique qu’il est juridiquement impossible de cumuler simultanément détention provisoire et surveillance électronique.
 
« On ne peut être sous bracelet et en même temps être en détention », a insisté l’avocat, rappelant que ces deux dispositifs sont incompatibles dans le cadre du Code de procédure pénale sénégalais.
 
Toujours selon la défense, le juge d’instruction aurait pourtant donné des instructions claires afin que le bracelet soit retiré dès l’exécution du mandat de dépôt. Mais plusieurs jours après son placement à Rebeuss, cette formalité administrative n’aurait toujours pas été effectuée.
 
Pour les avocats de l’ancien ministre, il ne s’agirait toutefois pas d’une volonté délibérée d’infliger une « double peine » à leur client, mais plutôt d’un chevauchement administratif lié au fonctionnement des services compétents.
 
Me Omar Youm précise également que la gestion des bracelets électroniques relève d’un service spécialisé dépendant de l’Administration pénitentiaire du ministère de la Justice, d’où la confusion actuelle autour de l’exécution de la mesure.
 
Face à cette situation inhabituelle, les avocats de Pape Malick Ndour ont officiellement saisi le procureur ainsi que le juge d’instruction afin que cette irrégularité soit corrigée dans les plus brefs délais.
 
Selon  L’Observateur, le magistrat en charge du dossier aurait déjà donné des instructions à l’Administration pénitentiaire pour procéder au retrait du bracelet électronique, même si cela n’était pas encore effectif au moment des déclarations recueillies par le journal.
 
Cette affaire relance également le débat sur les réformes introduites depuis 2020 concernant le placement sous surveillance électronique au Sénégal. Les avocats rappellent notamment que les nouvelles dispositions du Code pénal et du Code de procédure pénale encadrent précisément l’utilisation du bracelet électronique comme alternative à la détention provisoire ou comme aménagement de peine.
 
Pour la défense, ce qui arrive aujourd’hui à Pape Malick Ndour ne devrait théoriquement jamais se produire dans un système judiciaire modernisé.
Jeudi 21 Mai 2026
Dakaractu



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