Appui du programme de politiques de transport en afrique (ssatp) pour une mobilité urbaine durable dans les villes senegalaises: Réformer la gouvernance de la mobilité urbaine pour fluidifier les déplacements

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L’Afrique enregistre un accroissement du taux d’urbanisation des plus élevés au monde. En 2010, le taux d’urbanisation était de 39%. Selon les prévisions, il va se situer à 60% en 2050. Le Sénégal n’échappe à la règle. L’agglomération de Dakar en particulier est marquée par une urbanisation rapide et une concentration de la majorité des activités économiques. Sa population est passée de 1,5 million d’habitants en 1990 à 3,5 millions actuellement et atteindra 5 millions à l’horizon 2030. A l’ouverture du Forum sur la politique de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes sénégalaises (mai 2018), Ibou DIOUF, responsable du Programme de politique de transport en Afrique (SSATP) soulignait que cette situation va accentuer les pressions sur les services urbains parmi lesquels la mobilité urbaine.


Selon l’Enquête ménage sur la mobilité, le transport et l’accès aux services urbains dans l’agglomération de Dakar (Emtasud) réalisée en 2015, 70% des déplacements sont effectués à pieds dans le périmètre métropolitain de Dakar. Rappelons qu’en considérant l’ensemble des modes de transport, 7,2 millions de déplacements sont réalisés quotidiennement dans la région. La même enquête révèle que les déplacements motorisés (plus de 2 millions) sont réalisés à 80% en transports collectifs dont plus de deux-tiers par le réseau de minibus AFTU (Association de financement des transports urbains du Sénégal), les cars rapides et les « Ndiaga Ndiaye ».
Le faible taux de motorisation à Dakar (25 véhicules pour 1000 personnes) contraste avec le fort niveau de congestion du réseau routier, en circulation comme en stationnement. Ce qui suppose des solutions de transport innovantes et durables, pour une économie compétitive et respectueuse de l’environnement. Dans cette perspective, se sont tenues les 4 et 5 décembre 2017 à Dakar les premières Assises territoriales sur la mobilité urbaine (CETUD, AMS, Banque mondiale, SSATP) ainsi que le Forum sur la politique de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes sénégalaises le 22 mai 2018 (CETUD, SSATP). Ces deux événements contribueront à « définir des orientations stratégiques et des actions concrètes assortis d’un engagement ferme des différentes parties prenantes pour l’avènement d’une mobilité durable au service d’un développement urbain harmonieux », précise le Directeur général du CETUD Thierno Birahim AW.
Pour le Secrétaire Général du Ministère des infrastructures, des transports terrestres et du désenclavement, Jules Marcel Aubin SAGNA, c’est aujourd’hui qu’il faut penser aux transports de demain : « avec l’avènement des projets « Bus Rapid Transit » (BRT) et Train Express Régional (TER), l’Etat investit massivement dans les projets de transports publics à Dakar, qui devraient modifier profondément le réseau de transport public existant ».
 
Une vision de la mobilité urbaine en Afrique
A l’ouverture du Forum sur la politique de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes sénégalaises, le responsable du Programme de politique de transport en Afrique (SSATP), Ibou DIOUF, a souligné l'importance de considérer l'urbanisation en Afrique comme une opportunité : « Pour maîtriser l’urbanisation et donner aux villes la chance de porter la croissance dans nos pays, il faut qu’elles aient une taille critique pour atteindre une économie d’échelle et que les services soient efficaces et efficients pour soutenir une productivité de l’économie urbaine ».
Pour cela, il est fondamental de formuler une vision claire et globale d’une mobilité durable et des systèmes de transport performants, de façon à faire bénéficier aux habitants d’un accès satisfaisant aux services essentiels et leur offrir des opportunités, facteurs fondamentaux de conditions de vie décentes.
Selon une étude intitulée « Politiques de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes africaines », publié en novembre 2016 par le SSATP, cette vision suppose un accès universel des usagers et des acteurs économiques à un système de transport efficient d’un coût abordable, l’aménagement du territoire urbain pour accroître l’accessibilité, la qualité de vie, la compétitivité économique et l’intégration sociale ; l’aménagement d’un espace public dédié à la mobilité et la construction des infrastructures de transport et des services de transport efficients et financièrement viables.
Cette étude propose un cadre d’action conceptuel dénommé « EASI » afin d’ancrer et d’orienter l’action publique vers l’accessibilité et la mobilité durable dans les villes africaines. Articulé autour de quatre leviers d’intervention, ce cadre définit quatre objectifs essentiels pour les pouvoirs publics: l'efficacité de la gouvernance de la mobilité synthétisé par les verbes « permettre » (enable) dans le but de créer un cadre législatif et réglementaire et des institutions qui favorisent une mobilité durable, « éviter » (avoid) les pratiques qui compromettent l'efficacité de l'usage des sols ou favorisent une trop forte intensité de la mobilité motorisée dans les agglomérations, « reporter » (shift) ou préserver l'usage de modes de déplacement alternatifs à l'automobile et enfin « améliorer » (improve) l'efficacité de l'usage de la voirie et des véhicules ainsi que l'efficacité du système de transports. L'étude du SSATP montre comment l'efficacité de la gouvernance était un élément clef pour réaliser des actions dans les trois autres champs d'action.
Développer l’intermodalité
Afin de voir comment transposer ce cadre d'intervention au Sénégal, une centaine de participants représentant tous les acteurs impliqués dans la mobilité urbaine ont été invités à discuter la mise à jour de l’environnement institutionnel et juridique, les mécanismes de financement qui pourraient être développés, l’intégration de la planification de l’occupation du sol et celle des systèmes de transports, l’intermodalité, la participation citoyenne dans la gestion de la mobilité, la situation dans les villes secondaires.
Si l'agglomération de Dakar fait office d'exemple en Afrique du fait qu’elle dispose d’un cadre normatif, d’une autorité unique de gestion des transports urbains (CETUD), M. DIOUF affirme que « la situation est encore préoccupante ». Le rapport intermédiaire sur la Politique de mobilité et d’accessibilité durables dans les villes sénégalaises recommande en effet de renforcer le rôle du CETUD et de le doter de moyens nécessaires pour accomplir ses missions d’autorité organisatrice des transports à Dakar.
Par ailleurs, Dakar développe des transports publics de masse : le Train Express Régional (TER) et le Bus Rapid Transit (BRT). « C’est une occasion en or pour le Sénégal de se porter en exemple dans la gestion de l’intermodalité », a souligné le responsable du SSATP. Le même rapport recommande, entre autres, de développer l’intermodalité en jouant sur la complémentarité des modes de transports  (publics : BRT, TER, AFTU, Dakar Dem Dikk, etc.) et en améliorant les conditions de déplacement à pied.
Enfin le rapport souligne l'importance de faire porter la gestion de la circulation à Dakar à un acteur à l'échelle métropolitaine. Les auteurs considérant que les embouteillages dont souffre l'agglomération dakaroise sont directement liés à l’absence d’un organisme directeur chargé de cette question.
 

SSATP : Une initiative pour promouvoir des politiques de transport efficaces, sûrs et durables

Depuis sa création en 1987, le Programme de politiques de transport en Afrique (SSATP) est devenu un forum reconnu pour l’élaboration de politiques de transport en Afrique, réunissant diverses parties prenantes, tout en développant des réseaux de spécialistes (chercheurs, opérateurs et consultants) dans la plupart des domaines liés au transport terrestre en Afrique.
Réunissant 41 pays africains et d’autres acteurs institutionnels, le SSATP a contribué à une amélioration significative de l’efficacité du secteur des transports, dans la perspective de contribuer à la croissance économique. Ainsi, 28 pays ont créé des fonds routiers de deuxième génération, un mécanisme permettant d’accroître les sources de revenus dédiées à l'entretien des routes qui permet de rationaliser les dépenses. De manière plus générale, les réformes du secteur des transports appuyés par le SSATP visent à mettre en œuvre des stratégies de réduction de la pauvreté dans 21 pays.
Le SSATP se concentre sur l’élaboration de politiques et le renforcement des capacités du secteur des transports en Afrique. Les activités du Programme comprennent la création de connaissances, leur diffusion et application, ainsi que le plaidoyer. En travaillant avec un large éventail de parties prenantes, le Programme contribue à identifier les problèmes inhérents au secteur des transports ; assurer le suivi des améliorations apportées et constater les insuffisances ; renforcer les capacités des autorités du secteur ; et faciliter l’allocation des ressources nécessaires à des projets spécifiques.
Travailler en partenariat est essentiel pour le SSATP, non seulement pour étendre la portée géographique du programme et accroître son impact, mais aussi pour assurer la pérennité de ses réalisations au-delà de la durée de vie du programme lui-même. En plus de la Banque mondiale (qui abrite le Programme), et des bailleurs traditionnels du SSATP que sont l’ Union Européenne, la banque africaine de Développement, l’Agence française de Développement, et la Coopération Suisse,  le programme travaille avec un large éventail de partenaires, y compris la Commission de l’Union africaine, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, les communautés économiques régionales en Afrique, d’autres associations africaines telles que l’Association des fonds d’entretien routier africains et les agences de sécurité routière.
Le SSATP vient de clôturer son deuxième plan de développement (DP2) et est actuellement en train de lancer la mise en œuvre de son Troisième Plan de Développement (DP3) pour la période 2015-2019, qui est axé sur les thèmes suivants : intégration, connectivité et cohésion ; mobilité urbaine et accessibilité ; et sécurité routière.
 
 
Mercredi 13 Juin 2018
Dakaractu




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