Tribunal de Dakar : une bande de trois délinquants se faisant passer pour des clients, en profitait pour vider les tiroirs-caisses des commerçants.

Originaires de Thiès, Sagor Kondé, Oumar Sall et Mame Cheikh Mbaye ont comparu ce mercredi 21 décembre 2022 devant la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar pour répondre des faits de vol en réunion et violence et voie de fait. Deux prévenus ont été condamnés à 2 ans dont 6 mois de prison ferme tandis que le dernier a été relaxé.


Il ressort des débats d'audience que les prévenus ont quitté la région de Thiès pour aller commettre des faits délictueux. Leur modus operandi était de se présenter dans une boutique prétextant acheter quelque chose afin de détourner  l'attention du vendeur pour permettre aux deux acolytes d'accéder au comptoir. 
Un jour, cette stratégie a mal tourné dans le quartier de Yoff, au niveau d'une quincaillerie et c'est là qu'ils ont été arrêtés. Ils ont commis leurs forfaits dans plusieurs localités et à chaque fois, ils louent un appartement pendant quelques jours, pour ensuite disparaître. 
À la barre, Oumar Sall, soudeur métallique de son état, a nié les faits qui lui sont reprochés. "Nous ne sommes pas des voleurs. J'étais dans ce magasin pour acheter un tuyau aux fins de réparer une gouttière. Les gens nous ont injustement interpellés. C'est mon boulot qui m'oblige à effectuer tous ces déplacements. J'avais un chantier à Ndiakhirate, c'est la raison pour laquelle j'ai loué un appartement pendant 6 jours à la cité Comico. Je payais 20 mille francs la journée", se dédouane-t-il.
 Le juge lui pose la question de savoir comment un soudeur métallique peut se permettre de louer un appartement et payer 20 mille francs Cfa la journée, s'interroge le président du Tribunal. Il répond : "nous avions loué la chambre pour faire la fête et passer le week-end. Mais au moment des faits, je logeais à la cité Mbackiyou Faye où j'avais loué une chambre à 70 000 francs par mois."
 
 Mame Cheikh Mbaye s'étant déclaré élève en classe de 1ère, a été incapable de lister les ouvrages de son programme. Le parquet lui fera savoir qu'il n'était pas élève et qu'il racontait des contre-vérités. "Je n'étais pas avec eux. Il m'a seulement appelé pour que je puisse lui apporter, moi et un de ses amis communément appelé parisien, à manger. C'est dans ces circonstances que les gendarmes m'ont interpellé à la brioche dorée", déclare-t-il. 
 À son tour, leur co-prévenu Sagor Kondé, a réfuté les faits. "On m'a arrêté devant la boutique tandis qu'Oumar était dans la quincaillerie", se défend-il.
 Interpellé sur l'appartement meublé qu'il avait loué à Ouakam, Sagor Kondé avoue l'avoir pris pour faire la fête avec des jeunes filles. 
 La partie civile, quant à elle, laissera entendre qu'ils sont venus à sa quincaillerie prétextant vouloir acheter un certain nombre de tuyaux. "J'ai par la suite entendu des cris de 'au voleur, au voleur!!', provenant des voisins qui m'ont fait savoir qu'ils ne cherchaient qu'à entrer dans mon magasin...
 Le témoin, un pêcheur du nom de Assane Mbaye, est revenu sur les faits. "Dès que j'ai quitté mon domicile, j'ai trouvé une foule devant la boutique de ma voisine Adji Diallo.  Quand je lui ai demandé ce qui s'est passé, elle m'a rétorqué que des gens s'étaient introduits dans son magasin.  En fait, Oumar Sall qui faisait semblant d'acheter, l'avait entraînée hors du magasin pour lui demander des marmites. Au moment de retourner dans sa boutique, elle a surpris Sagor Kondé en train de fouiller son comptoir. 
Mais elle a fini par le laisser partir d'autant plus qu'il n'avait rien pris," mentionne-t-il. 
Il ajoutera que c'est ainsi qu'il s'est porté volontaire pour les suivre. Il poursuit qu'ils se sont arrêtés dans une quincaillerie à Yoff et au moment de commettre leur forfait, j’ai alerté les jeunes du quartier qui m'ont aidé à les maîtriser. Par la suite, le chef de quartier m'a exhorté à les amener à la gendarmerie", narre-t-il. 

Prenant la parole, le représentant du ministère public a laissé entendre que les faits ont été longuement discutés à la barre. "La matérialité des faits ne souffre d’aucune contestation", avant de solliciter la relaxe de Cheikh Mbaye au bénéfice du doute et de déclarer les deux autres coupables de vol en réunion et de les condamner à 3 ans ferme.


Me Ibrahima  Diaw, avocat de Pape Cheikh, estime que le dossier est faible. Selon lui, le vol n'existe pas. À cet effet, il demande que son client soit renvoyé des fins de la poursuite et de relaxer purement et simplement les autres prévenus au bénéfice du doute, car il n'y a aucune coloration pénale. 

Finalement, le tribunal après en avoir délibéré conformément à la loi a relaxé Mame Cheikh Mbaye au bénéfice du doute et requalifié les faits pour lesquels Sagor Kondé et Oumar Sall sont poursuivis, en tentative de vol. Ils ont ainsi été condamnés à 2 ans dont 6 mois ferme...
Jeudi 22 Décembre 2022
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :