La ministre déléguée Éléonore Caroit a plaidé à Dakar pour une approche globale de la gestion de l’eau, qu’elle considère comme un enjeu politique majeur nécessitant une coopération internationale renforcée.
« On ne peut plus concevoir le développement d’un pays, le développement d’une région sans penser à l’eau », a martelé Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie et des Partenariats internationaux, lors d’une conférence de presse organisée ce mardi. La ministre était en visite au Sénégal en marge d’une conférence préparatoire de la conférence de l’ONU sur l’eau.
S’appuyant sur un récent rapport des Nations unies évoquant une « faillite hydrique » planétaire, la ministre a souligné la gravité d’une situation qui « nous touche tous ». « C’est un sujet tellement grave au niveau planétaire qu’il nécessite en réalité le multilatéralisme », a-t-elle insisté, appelant à des réponses communes sur la gestion des lacs, des rivières et des océans.
La France, qui a accueilli la conférence UN Ocean en 2024, et le Sénégal « se rejoignent » dans cette vision de coopération transfrontalière et d’approche globale, a précisé Éléonore Caroit. La ministre a appelé à dépasser les approches sectorielles traditionnelles centrées sur l’accès à l’eau potable et l’assainissement. « On ne pense pas dans sa globalité au sujet de l’eau », a-t-elle regretté, plaidant pour une intégration des questions agricoles, technologiques et entrepreneuriales.
Elle a notamment évoqué le cas de l’intelligence artificielle, dont les besoins considérables en eau n’étaient pas anticipés lors de la définition des Objectifs de développement durable (ODD). « Quand on a défini les ODD, il n’y avait pas ces besoins liés à l’intelligence artificielle parce qu'il y avait tout simplement pas d’intelligence artificielle qui avait été développée à ce moment-là », a-t-elle expliqué. « Un sujet politique, pas simplement technique » Interrogée sur les chances d’atteindre les objectifs chiffrés fixés pour 2030, la ministre s’est montrée réaliste : « Ça semble effectivement difficile ». Mais elle a ajouté qu'on n’a pas le luxe d’attendre parce qu’il y a urgence.
Pour accélérer les progrès, Éléonore Caroit appelle à une prise de conscience politique. « Si on arrive à faire prendre conscience que ce n’est pas un sujet technique comme les océans, mais c’est un sujet politique et que c’est un sujet dont les ministres doivent se saisir et pas simplement les diplomates qui négocient ces conventions, on va réussir à accélérer », a-t-elle affirmé.
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