Société Civile-Concertation nationale : Moundiaye Cissé plaide pour le respect du code électoral et un dialogue approfondi


À l’approche des élections locales, la question de la réforme du code électoral ravive les tensions au sein de l’espace politique sénégalais. Prenant la parole au nom du collectif des organisations de la société civile, Moundiaye Cissé, de l’ONG 3D, a fermement plaidé pour une démarche concertée, dénonçant toute tentative de modification unilatérale des règles du jeu électoral.

Selon lui, l’histoire institutionnelle du Sénégal montre que toute révision du code électoral a toujours fait l’objet de discussions inclusives. « Depuis 1974, jamais une modification du code électoral n’a été faite sans concertation », a-t-il rappelé, évoquant notamment la seule révision intervenue en 2003, qui avait alors été débattue avec l’ensemble des acteurs politiques au ministère de l’Intérieur.

Face aux récentes initiatives visant à modifier certains articles, notamment les dispositions L29 et L30, Moundiaye Cissé s’inquiète d’une démarche qu’il juge unilatérale. « Nous ne sommes pas contre une clarification ou une réforme, mais elle doit impérativement être précédée d’une concertation », a-t-il insisté, mettant en garde contre toute tentative de « tripatouillage » du code électoral au gré des régimes.

Pour la société civile, l’enjeu dépasse la simple modification de textes juridiques. Il s’agit de préserver la transparence et la crédibilité du processus électoral. À ce titre, plusieurs points essentiels restent en suspens et nécessitent, selon eux, un dialogue approfondi : la fixation de la date des élections, la révision des listes électorales, la fiabilité du fichier électoral, ainsi que la question des cartes nationales d’identité arrivant à expiration à partir de 2027.

Dans un contexte marqué par des divergences au sein de la classe politique, certains partis évoquant un boycott des concertations initiées par le ministère de l’Intérieur, d’autres se disant prêts à y participer,  Moundiaye Cissé appelle à un sursaut collectif. Il préconise des échanges préalables entre partis politiques afin de dégager des positions consensuelles et structurées.
« Il est encore temps de se retrouver, de se parler et de formuler des recommandations cohérentes, plutôt que de multiplier des prises de position dispersées qui nuisent à la lisibilité du processus électoral », a-t-il conclu.

À travers cet appel, la société civile entend jouer pleinement son rôle de veille démocratique, en favorisant un cadre de dialogue inclusif, condition essentielle pour garantir des élections locales apaisées et crédibles.
Lundi 27 Avril 2026
Amadou Koundour 



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