Répression de Ngor : la douleur des victimes encore vivace, 1 an après le blocus.(Reportage)


Le mois de mai 2023 ne tombera pas facilement dans l’oubli chez les populations de Ngor. Cette période est considérée chez les habitants du village Lébou comme celle la plus sombre de l’histoire de la commune. En effet, il y’a un an, ce village a été le théâtre d’une répression inouïe de la gendarmerie qui a conduit à la mort tragique d’une jeune fille, Adji Diallo, atteinte par balle et d’une cinquantaine de blessés dont une dizaine devenue aujourd’hui infirmes. Une assiette foncière de 6387 m² qui se trouve à l’entrée du village face au rond point de la route menant aux Almadies, est au centre de la répression qui a fait beaucoup de dégâts dans la commune de Ngor. 

Un parking dont les habitants du village réclament encore la restitution après une médiation du Chef de l'État, Macky Sall, qui avait abouti au partage de la parcelle entre la gendarmerie et la commune. 

Des victimes qui ont été touchées par des balles de la répression se sont exprimées pour une première fois sur ces événements tragiques. Alioune Badara Samb, Ibrahima Diop, Ablaye, Baye Laye ou encore Mouhamed Sarr ne sont plus les mêmes personnes présentant un bien être sanitaire à la suite de cette période de confrontations entre populations de Ngor et gendarmes qui avaient assiégé le village pendant plusieurs jours. Ils traînent tous des séquelles et des blessures qui tardent encore à se refermer. Leur vœu le plus cher, aujourd’hui, c’est de recouvrer la santé malgré les différentes interventions chirurgicales qu’ils ont subies.

Certains d’entre ces victimes ont partiellement perdu l’usage de la jambe et ou du bras. Pourtant, la commune de Ngor avait à l’époque mis en place un comité de gestion pour l’assistance de toutes les victimes. Une enveloppe financière de 30 millions FCFA avait été dégagé pour les besoins. Un montant dont la majorité a émané de la présidence de la République à la suite de l’audience accordée aux autorités du village de Ngor par le Chef de l’État sortant, Macky Sall. D’ailleurs, cette manne financière a suscité beaucoup de bruit au sein des populations de Ngor. Chez les blessés, l’on doute d’une telle somme dépensée pour assiter les victimes d’autant qu’il n’y a pas eu de suivi dans leur traitement.

Ouvrier, cuisinier, plongeur, plombier, sportif, les victimes peinent aujourd’hui à reprendre leur métier. À moitié guéris, ces derniers espèrent beaucoup des autorités étatiques pour les assister dans leur prise en charge complète. Même si les attentes demeurent pressantes, Ngor ne se lasse toujours pas de réclamer justice. Le village interpelle, à cet effet, le nouveau régime à prendre toutes ses dispositions pour que pareille situation ne se reproduise plus jamais dans cette partie de la communauté Lébou.

Moussa Beye 
Vendredi 31 Mai 2024
Dakaractu



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