Régulation des marchés, Politique de stockage : focus sur les stratégies de lutte contre l’inflation des prix des denrées alimentaires.


Régulation des marchés, Politique de stockage : focus sur les stratégies de lutte contre l’inflation des prix des denrées alimentaires.
« Flambée des prix des denrées alimentaires : quelle lecture? Quelles solutions? » c’est la thématique qui a réuni ce mercredi 08 Septembre, experts, commerçants et consommateurs. 

Ils ont tenu en format virtuel un débat édifiant sur la problématique inquiétante de la hausse des prix des denrées alimentaires au Sénégal.
 
Suite aux propos du ministre des finances Abdoulaye Daouda Diallo, soutenant que « Nous ne travaillons pas à faire baisser les prix… » 

Les économistes et autres acteurs ont jugé important voire essentiel de faire un focus sur la flambée des prix des denrées qui semble ne pas être maîtrisée par le gouvernement. « C’est un aveu d’impuissance face à la flambée des prix. Au delà des facteurs exogènes, il y a des facteurs endogènes comme la douane et la taxe de l’État. Ce que le ministre a retenu en tenant ces propos, c’est le maintien mais aucune baisse. Le Sénégal n’est pas prêt à subventionner au vu de la trésorerie publique. Notre économie est en marasme et la taxe se cherche », a affirmé le directeur exécutif de l’Union des commerçants (UNACOIS) à l’entame de son propos.

Ousmane Sy Ndiaye estime que le gouvernement doit améliorer ses connaissances en matière de régulation du marché, car l’absence de coordination entre les ministères impliqués est un réel handicap à cette situation. « Nous avons les leviers nécessaires pour contrer cette baisse, c’est le manque de dispositif qui nous handicape. Il faut que l’État se donne les moyens de s’organiser de sorte que les populations puissent gérer ce genre de situation », a t-il poursuivi.

Dans la même mouvance que ses homologues, le professeur Mounirou Ndiaye a soutenu que la régulation des marchés est le maillon faible car le niveau des coûts n’est pas maîtrisé. Selon lui, alerter pour dire que la situation ne sera pas facile à décanter avec une perte de 4 milliards enregistrée au cours de l’année 2020. « N’attendez pas de l’État la lutte contre l’inflation, il y trouve un moyen de maximiser ses recettes », dira-t-il.

Dans certains pays comme l’Allemagne, le langage a été plus clair. L’inflation est un peu partout, c'est une question d’offre et de demande, « ce n’est que le langage qui varie et les prix vont encore augmenter. Le gouvernement devrait juste être plus transparent avec le peuple », a-t-il ajouté. « Nous ne travaillons pas à faire baisser les prix… » Les populations ont un très faible pouvoir d’achat. Ils vivent en dessous du seuil de la précarité. Le pouvoir d’achat du sénégalais lambda ne peut pas faire face à cette situation.

Le gouvernement a les moyens d’aller un peu plus loin dans une perspective de réaménagement du secteur du commerce car les activités sont émiettées. Un manque d’organisation est à l’origine de ce problème du système d’information. 

L’Agence de Régulation des Marchés (ARM) est sortie plusieurs fois lors des débats soutenus durant cette conférence virtuelle.

Selon les différents pannélistes la régulation a une limite congénitale dans la direction du travail. « Ils n’ont pas assez d’informations et ceci est dû au cloisonnement du système de la douane ce qui n’est pas de l’intérêt du peuple si l’on veut réajuster la balance économique du pays. »

Des propos soutenus par Ousmane Sy Ndiaye dans le sens de fustiger la gestion des ministères de l’Agriculture et de la pêche dans le relâchement suite aux efforts consentis pour maintenir la stabilité du commerce. « Avec un niveau d’endettement exécrable, le trésor public n’a pas le choix. » 

Meïssa Babou, économiste d’annoncer en sus de tous ces maux : « Il y a une nouvelle taxe de 3% qui devait entrer en jeu et qu’on a suspendu pour 45 jours pour calmer le jeu. Le gouvernement ne voudrait pas faire sortir les syndicats ».

Généralement en fin d’année beaucoup d’usines ferment pour des raisons de maintenance, c’est dire que tout cela résulte d’un « bad-link » entre le ministère du commerce et le ministère des finances. « L’autonomisation et la souveraineté c’est bien beau, mais nous devrions commencer par tendre vers la sécurité alimentaire.

Selon le professeur Mounirou Ndiaye docteur en économie industrielle à l’Université Iba Der Thiam, les problèmes ne vont pas diminuer au contraire ils vont se multiplier. Il faut prendre en compte la croissance et dire la vérité aux populations.

Selon lui, cette hausse des prix se justifie par la menace d’un substitut importé (une force concurrentielle) sur les produits locaux, il souligne par ailleurs que l’État devrait faire des enquêtes sectorielles pour réprimer les spéculations qui extrapolent dans la communication. L’absence d’un stock de sécurité importé est à l’origine de tous les dysfonctionnements sur les produits en veille de fête.

Ainsi, elle est fortement ressentie au niveau des entrées portuaires. Il déclare par conséquent que « Dans ce contexte de crise seuls les passages africains sont ouverts et l’État devrait chercher à discipliner les acteurs par la régulation pour espérer sortir de cette situation. » 

Meïssa Babou soutient qu’une politique prévisionnelle serait un pas en avant pour booster le secteur. Le Sénégal étant un pays pauvre, la culture de sociabilité est alors le paramètre qui maintient le peuple en « survie ». Dans le PAP2A (Ajusté et Accéléré) la notion d’autosuffisance alimentaire est fortement soulevée, mais c'est  utopique, selon le professeur Mounirou Ndiaye qui affirme que « le Sénégal a besoin de sécurité alimentaire ».

L’économiste se refuse de comprendre la stratégie qu’a adoptée l’État du Sénégal qui tend vers une souveraineté alimentaire. « Les ODD Objectifs de Développement Durables sont pris en compte à plus de 80% au delà de la théorie,mais il n’y a aucun engagement » termine-t-il...
Jeudi 9 Septembre 2021
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :