REPORTAGE - Couvre-feu à Dakar : Les livreurs en roue libre et sans contrôle sévère.

À l'heure où chacun reste chez soi, d'autres sont à moto. Ils sont désormais connus de tous, casque vissé sur la tête, avec leur sac à dos ou en bandoulière. Le colis est dans la malle. Dans une ville déserte, on les croise parfois sur la route, circulant en scooter. Sans contrôle sévère permettant d’éviter toute fraude, aux heures du couvre-feu.


REPORTAGE - Couvre-feu à Dakar : Les livreurs en roue libre et sans contrôle sévère.

L'homme, à la silhouette filant à travers la VDN sur une moto, s'arrête au check-point, sous le pont de Sipres. L’effigie de sa plateforme de livraison est bien visible sur le tee-shirt qui flotte.

 

Le gendarme baisse le bras, il fonce en direction de la Corniche des Parcelles assainies. Le « Tiak Tiak » en deux-roues se dépêche.

 

Pas de contrôle sévère

 

La présence policière accrue n'a pas permis de constater un contrôle sévère sur la moto et son conducteur. Le livreur n’ayant pas fait l'objet d'une fouille. Bien entendu, il ne sait peut-être pas ce qu’il y a dans le colis. 

 

Sur la Voie de dégagement nord et sur les artères qui la desservent, des deux-roues roulent au pas. Ceux qui sont à scooter ou à moto, pour la plupart des jeunes, se dépêchent.

 

Nous sommes à quelques minutes de minuit, ce vendredi 12 juin. Encore pas mal de motocyclistes circulant. Le gouvernement a beau interdire la circulation de 23h à 5h du matin, les livraisons de repas et autres colis, elles, sont vraisemblablement autorisées.

 

Car Rapide express, Tiak Tiak, Yobanté express, Rapidos… Les plateformes de livraison poursuivent leurs activités pendant les heures du couvre-feu instauré pour lutter contre la propagation du coronavirus.

 

Aussi, des travailleurs indépendants continuent d'arpenter les rues alors que tout ou presque est à l'arrêt. Une fois à destination, ils doivent prévenir de leur arrivée au téléphone avant de descendre de leur moto pour rencontrer le client.  

 

Ils sont nombreux à faire appel à ces services de livraison. Une activité qui permet aux noctambules de se nourrir. L'offre séduit les plus frileux. Une trentaine de minutes d'attente et une pizza ou un « dibi » fumant est livré à domicile.

 

« Livreur de shit »

 

La Covid-19 a fait chuter l’activité des restaurants, mais pas les livreurs travaillant pour des plateformes de mise en relation. Ils proposent la livraison de fast-food, de médicaments ou produits de première nécessité.

 

 

Les coursiers à moto sont très sollicités en ces temps de confinement où la demande est forte. Malgré la crise du coronavirus, ils s’efforcent à exercer et à se rendre disponibles pour leurs clients. 

 

« Livreur de shit ». Cette expression est désormais employée quotidiennement et semble entrer dans le langage des plus jeunes, tandis que les délinquants eux-mêmes rejettent son utilisation. Pour écouler leur marchandise, l’on apprend qu'ils utilisent souvent la méthode « Tiak Tiak ».

 

Un repas est relié pour camoufler le stupéfiant. Face à un climat de présence policière accrue du fait de l'état d'urgence, la livraison à domicile est jugée plus pratique et moins risquée. Puisque la police ne procède pas tout le temps à des contrôles poussés chez les livreurs à moto.

Samedi 13 Juin 2020
Dakaractu




Dans la même rubrique :