Pour une maudite histoire de serpillère, A. L. Gassama a failli ôter la vie à son colocataire.

Ahmed Lamine Gassama a été attrait devant la barre du tribunal des Flagrants délits de Dakar pour répondre des faits de menace de mort, injures publiques et dommage à la propriété mobilière privé au préjudice de Mohamed Touré. Il a été déclaré coupable et condamné à 6 mois de sursis.


Comme le dit l’adage traditionnel wolof, « Deukado jamma ci gueun » ce qui veut dire qu’il faut entretenir de bonnes relations avec ses voisins. Ce proverbe wolof n’a pas inspiré ces deux hommes qui sont venus solder leurs comptes devant le tribunal des Flagrants délits de Dakar ce lundi 17 janvier 2022. 

D’après les débats d’audience, ils n’ont jamais eu de bons termes et cette histoire a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En effet, le prévenu a touché la serpillière de son colocataire alors qu’il ignorait qu’elle appartient à la femme de son rival. Sur ces entrefaites, une grosse dispute s’en est suivie et a abouti à une plainte à la gendarmerie.

 Interrogé, le plaignant revient sur les faits. Ainsi, il a déclaré que le mis en cause l’a menacé avec un couteau vers les coups de 22 heures. « Il m’a clairement menacé, devant tout le monde,  de me tuer si je sortais de chez moi. En plus, il a cassé la vitre de ma maison. C’est le boutiquier et quelques gens du quartier qui ont pu lui arracher l’arme blanche. De suite, j’ai appelé la gendarmerie pour venir faire un constat, mais ce n’était pas possible à cette heure de la nuit. Le lendemain, je suis allé porter plainte contre lui et il a été arrêté, » explique la plaignante.

À son tour, le prévenu a nié les faits qui lui sont reprochés à la barre. Il déclare n’avoir jamais cassé la vitre, ni menacé le plaignant. « Je ne suis jamais venu lui parler. J’ai fait quatre ans dans cette maison. Je le jure devant Dieu que je ne l'ai pas menacé de mort. La partie civile ne respecte pas ses colocataires. Parfois, il augmente la musique jusqu’à ce que personne ne puisse entendre. Je ne savais pas que la serpillière lui appartenait. Il y a deux mois de cela, il m'a menacé de mort devant le chef de quartier », se dédouane-t-il. 

Le juge lui rappelle ses déclarations devant les éléments enquêteurs à savoir s’il a menacé de mort avec couteau le sieur Touré ? Il répond par la négative : « Je n’ai jamais tenu une telle déclaration. Les policiers m’ont juste demandé de signer ».

La partie civile a invité le tribunal à faire tout son possible pour le laisser tranquille lui et sa famille. Le représentant du ministère a requis une application de la loi. Du côté de la défense, la valeur juridique du procès-verbal ne vaut qu'à titre de simple renseignement. « Mon client conteste vigoureusement ces déclarations dans le procès-verbal. Il est constant dans ses dires. Si on prend en compte les débats d'audience, il y a un doute fort. Il n'y a aucune preuve avec ces déclarations », a plaidé la robe noire. Au regard de toutes ces considérations, la défense demande une application bienveillante de la loi pénale. 

Finalement, le juge après en avoir délibéré, a déclaré le prévenu coupable avant de le condamner à 6 mois assortis de sursis.
Mardi 18 Janvier 2022
Dakaractu




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