PASE II : Le trajet « électrique » effectué par la mission de la Banque mondiale et les équipes de la Senelec, de Ziguinchor à Fongolimbi

L'accès universel à l'électricité de qualité et à moindre coût est une des préoccupations du gouvernement du Sénégal qui a obtenu l’appui de la Banque Mondiale afin de mettre en œuvre le Projet d’Appui au plan d’Urgence Électricité (PASE) dont la première phase était comprise entre 2011-2015. Cette première étape du projet a porté sur le développement du réseau de distribution de Dakar, Matam et l’extinction des centres secondaires avec la construction de nouvelles lignes à Tambacounda et Kaffrine.
Cependant, la 2ème phase du PASE sous le pilotage de la Senelec, s’inscrit toujours dans la même dynamique et envisage de poursuivre la mise en place d’un ensemble de projets dans un cofinancement additionnel avec notamment l'IDA, la BEI et l’UE en vue de poursuivre le programme d’amélioration de la qualité de service et de la demande dans les régions Sud (Kolda, Sédhiou et Ziguinchor) et Orientale (Kédougou), la région de Dakar et la région de Matam.


Toutefois, les activités du PASE pourraient avoir des impacts négatifs sociaux et exiger l’application des directives opérationnelles de protection environnementale et sociale, en l’occurrence l’OP 4.12 relative au déplacement involontaire des populations. C’est pourquoi la formulation de la 2ème phase du PASE a prévu l’actualisation du document de Cadre de Politique de Recasement des Populations (CPRP) élaboré en 2011 pour la 1ère phase du PASE.
 
En perspective de cette deuxième phase dans ce projet qui tire à sa fin, une mission de la banque mondiale a été dépêchée avec les acteurs de la Senelec pour faire le constat dans ces régions où la deuxième phase a été matérialisée. Ainsi, depuis le 21 février 2022, ces équipes ont visité les régions de Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, Tamba et Kédougou. La mission s'est rendue à Marsassoum le premier jour pour visiter le raccordement électrique dans le tracé menant à Tangori. 
Les équipes de la Senelec accompagnées des missionnaires de la BM ont fait un tour au poste de Badiouré qui est d'ailleurs en cours et l'axe Dieba-Marsassoum. Elle s'est dirigée ensuite vers Sédhiou. Dans cette partie du Sud, la Senelec avec son projet d'appui au secteur de l'électricité, a mis en place le câble sous-marin avec une liaison vers l'hôpital de Sédhiou.
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Après avoir visité les travaux au niveau de Marsassoum et Sédhiou, direction la région de Kolda. La commune de Dabo a été visitée par la mission. Dans cette commune, le maire Idrissa Baldé a même affirmé que le projet a permis à la population qui peinait à trouver de la lumière, d'être maintenant libérée. "Avant l’arrivée du PASE/Senelec, on ne bénéficiait de l’électricité que de 16 h à 22 h ou à minuit. Mais avec le programme PASE/Banque Mondiale, les populations ont poussé un ouf de soulagement. Aujourd’hui, nous sommes passés de monophasé à triphasé. C’est pourquoi on dit que sans électricité, il n’y a pas de développement. Et actuellement, on peut dire que 90% de la population a accès à l’électricité", avait confié le maire à la mission de la Banque mondiale. D'ailleurs, Idrissa Baldé a estimé que, dans la commune de Dabo, des ateliers de couture ou de soudure métallique partout travaillent à temps plein. "Nous avons dépassé les mille abonnements qui ont atteint 5. 000 bénéficiaires pour une population de 8. 000 habitants environ", chiffre le maire qui estime que c'est un bon projet qui n'a pas de dégâts. Toujours à Dabo, les activités des femmes se multiplient. Elles peuvent maintenant vendre de la glace en permanence, faire du commerce et même voir les enfants apprendre convenablement avec une utilisation régulière de l'électricité. 3A10594B-2B0F-4AC1-BC54-ABA9074AF397 9F04C68C-39C0-498C-8608-5305E0587D0F
Un tour a été effectué par la mission au centre de santé de Dabo. Les services au niveau de ce centre de santé ont salué la qualité de l'électricité. Un laborantin nous donne son avis sur le projet : " Depuis que les raccordements sont faits, nous avons une bonne qualité de l'électricité. Nous avions l'habitude d'aller jusqu'à Kolda pour conserver les vaccins. Maintenant, nous avons la possibilité, avec ce projet PASE/SENELEC, de le faire nous-mêmes. C'est la même situation à Pakour, dans la région de Kolda, où les populations disent sentir une amélioration dans la qualité de service et aussi qu'elles ont dû oublier les moments où l'électricité ne faisait que quelques heures. Maintenant elle est reçue 24h/24 au niveau des maisons. Seydi Ba Sané, un instituteur à Pakour, a livré ses impressions aux missionnaires de la Banque mondiale et à la Senelec. " Si vous voyez les infrastructures qui se trouvent à Pakour, elles ont toutes de l'électricité. Le projet est bien présent dans la commune et les populations le sentent bien".
 
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l faut rappeler que les impacts sociaux négatifs potentiels du projet proviendront essentiellement des travaux routiers et concernent principalement des pertes de terre, des pertes de cultures, des pertes d’arbres fruitiers ou forestiers et des pertes de sources de revenus ou de moyens d’existence (cantines, garages divers) car les sites ciblés seront en zones rurales ou périurbaines. Les risques de déplacement physiques de personnes sont très minimes, voire inexistants. Toutefois, ces impacts potentiels seront permanents et pourront être minimisés à travers des choix appropriés des axes routiers. D'où l'importance de la mise en place d'un protocole d'accord entre la Senelec et la direction des Eaux et Forêts qui prend notamment en compte la dorsale Pakour-Maréwé et la dorsale Médina Gounass et Bonconto. Dans ces différents axes, le reboisement compensatoire est une réalité. Ainsi, des reboisements linéaires, massifs et paysagers ont été effectués dans ces localités et avec des plans différents. 
 
Des chiffres records ont été obtenus avec plus de 14.000 plantes de différentes espèces utilisées dans le département de Kolda. "La Senelec, au-delà de l'éclairage, participe à la préservation de l'environnement et des écosystèmes. Le projet ne doit pas causer des dégâts aux populations" avait souligné El Hadj Ndiogou Diop, chef du département qualité-sécurité-environnement au niveau de la Senelec.

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À Salemata, dans le département de Kédougou, nous avons décompté neuf quartiers avec un peu plus de 7.000 habitants et 400 abonnés à l'électricité. Ce qui n'existait pas avant l'arrivée du projet d'appui au secteur de l'électricité. Mais le maire de la commune de Salémata a bien passé le message pour la continuité visant à alimenter le maximum de ménages.
La mission de supervision de la Banque mondiale a terminé sa tournée dans la commune de Fongolimbi. Dans cette partie orientale du pays, les élèves ont bien apprécié l'arrivée du projet car leur ayant permis de mieux apprendre leurs leçons. Hassatou Ba, une bachelière, n'a pas manqué d'exprimer sa satisfaction : "Les conditions étaient très difficiles. Je me lève parfois la nuit, allume le feu pour apprendre. Mais aujourd'hui, les conditions sont meilleures parce que nous avons de la lumière", a-t-elle formulé.
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Les membres de la Banque mondiale et ceux de la Senelec ont fait le point au niveau de Kédougou et donné des perspectives prometteuses pour le populations dans ces différentes zones visitées et que le projet a traversées. 
À la satisfaction générale, les populations bénéficiaires du projet ont exprimé leur gratitude à la Senelec ainsi qu'aux partenaires pour avoir mis les moyens nécessaires pour les sortir de l'obscurité et leur procurer de meilleures conditions de vie.
 


 
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Dimanche 27 Février 2022
Dakaractu




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