Décidément, les plaintes du collectif des présumés victimes de Serigne Issa Touré risquent de « quitter également ce monde pour pour aller à l’au-delà ». En effet, le marabout, accusé de détournement de mineurs, d'actes contre-nature et qui avait disparu depuis plus d'un mois, aurait été retrouvé mort, hier mercredi, au fond d'un puits à Bambilor.
Plusieurs anciens talibés du marabout réunis en collectif de victimes, avaient formalisé une plainte contre lui pour actes contre-nature. La Justice avait commencé à le traquer. L'avis de recherche émis après cette fameuse nuit de juin, n'avait rien donné. Jusqu'à cette soirée du mercredi 23 juillet. Plus d'un mois après, « un corps a été retrouvé dans un puits et, selon les premiers constats, il s'agirait bien de celui de Serigne Issa Touré », a rapporté l’Observateur.
La tentative d'inhumation dans la discrétion
L'information a commencé à circuler en fin de soirée d'hier au village de Nguendouf, une localité située dans la commune de Bambilor. Un corps a été retrouvé dans un puits. Des disciples de Serigne Issa Touré qui n'ont jamais arrêté de le rechercher, en auraient fait la découverte. Le corps est en état de décomposition avancé, alors ils décident de s'attacher les services d'un Imam de la localité pour l'enterrer vite et en toute discrétion.
Problème, l'Imam en question refuse l'inhumation. L'affaire s'ébruite et arrive aux oreilles de la gendarmerie de la localité. À en croire l’Observateur, l'identité du marabout recherché aurait alors été confirmée. Le Procureur de Rufisque est saisi et le corps acheminé à l'hôpital, mais selon les sources, une autopsie pourrait être impossible à pratiquer à cause de l'état de putreraction. La these du suicide est agitée, mais l'affaire a encore de nombreuses zones dombre. Comment le marabout qui a disparu à 11 km de là, à Noflaye, a pu se retrouver à Bambilor?
L’Observateur rappelle que le jeudi 3 juin dernier, Serigne Issa Touré demande à son chauffeur de le conduire dans ses champs, se trouvant dans la commune de Noflaye. Il est alors accompagné de plusieurs de ses disciples avec lesquels il prend le thé jusqu'aux environs de 3H du matin, heure à laquelle le marabout décide d'aller faire un tour dans ses champs. Serigne Issa Touré ne reviendra plus. A l'aube du vendredi, les disciples, organisés en battue, découvrent près d'un puits, une paire de chaussures et un message sibyllin écrit en wolof «Tagou naalène, mangui dem kaw assamane» (Je vous dis adieu, je m'en vais au ciel, Ndlr). Depuis, les spéculations allaient bon train sur un suicide ou une fuite. Serigne Issa Touré se savait cerner.
Les partisans du marabout réclamaient une enquête indépendante et impartiale
Un peu plutôt dans la journée du vendredi, les fidèles disciples du marabout qui dirigeait un réseau de plus de 400 daaras affiliés à la fédération Sope Nabi, avaient tenu une conférence de presse à la mosquée de l'Unité 13 des Parcelles Assainies, pour crier au complot. Pour ses partisans dont la voix est portée par Alioune Badara Thiombane, porte-parole du da-hira de Keur Mbaye Fall, les accusations sont «infondées» et relèvent d'une «machination savamment montée» pour nuire à l'image d'un homme «entière-ment dévoué à Dieu, au savoir religieux et à l'éducation de la jeunesse». Ils ont ainsi joint leur voix pour réclamer l'ouverture d'une enquête indépendante et impartiale, espérant que «Serigne Issa Touré verra son honneur rétabli par la Justice». Il est désormais probable qu'avec le décès présumé du marabout, ce dossier de mœurs ne trouvera décidément, jamais son épilogue.
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